Programme de la fête de la Théophanie

Fête de la Théophanie - baptême du Christ au JourdainParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le jeudi 19 janvier 2017 du calendrier grégorien – 6 janvier 2017 du calendrier julien, matines de la Théophanie à 10h30 suivies de la divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 12h.

La fête de l’Epiphanie (« manifestation ») est aussi appelée dans le rit byzantin fête de la Théophanie (« manifestation de Dieu »), car Dieu s’est manifesté dans sa gloire Trinitaire au jour du baptême du Christ dans le Jourdain (ce terme de Théophanie se retrouve aussi en Occident fréquemment dans les manuscrits liturgiques latins médiévaux comme synonyme d’Epiphanie).

Cette fête est l’une des douze grandes fêtes de l’année liturgique byzantine.

A l’origine, les chrétiens orientaux fêtaient la Nativité du Christ le 6 janvier, et l’Eglise arménienne du reste est la seule à avoir conservé cette disposition primitive jusqu’à aujourd’hui. En Occident, et à Rome en particulier, on fêtait la Nativité du Christ le 25 décembre. Saint Jean Chrysostome nous enseigne que la date du 25 décembre choisie par les Romains avait été déterminée en consultant les archives impériales des recensements effectués sous le règne d’Auguste ; il témoigne qu’Antioche avait décidé de suivre Rome quelques années avant son épiscopat. Désormais, les Eglises d’Orient fêteraient Noël le 25 décembre et garderaient au 6 janvier la fête du baptême du Christ. En contrepartie, si l’on peut dire, les chrétiens d’Occident accueillaient la fête de l’Epiphanie, y célébrant l’adoration des mages (le Christ est manifesté comme Dieu à des païens), le baptême au Jourdain (le Christ est manifesté comme Dieu à son baptême par la voix du Père et la venue de l’Esprit Saint) et les noces de Cana (le Christ manifesté comme Dieu par son premier miracle).

A matines
Texte des hirmi du canon de saint Côme de Maïouma pour les matines de la Théophanie.

Aux heures
A tierce & à sexte Gloire au Père. Tropaire de l’avant-fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure.
Kondakion : de la fête.

Les psaumes des typiques ainsi que les Béatitudes, au début de la divine liturgie, sont remplacées par les trois antiennes suivantes :

Première antienne, ton 1 – Psaume CXIII
V/. Quand Israël sortit d’Egypte, * la maison de Jacob de chez un peuple barbare (Psaume 113, 1).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. Juda devint son peuple saint, * Israël son domaine (Psaume 113, 2).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. La mer le vit & s’enfuit, * le Jourdain retourna en arrière (Psaume 113, 3).
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. Qu’as-tu, mer, à t’enfuir, * Jourdain, à retourner en arrière ? (Psaume 113, 5)
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Ant. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.

Seconde antienne, ton 2 – Psaume CXIV
V/. J’aime ! car le Seigneur * écoute les accents de ma prière (Psaume 114, 1).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. Car il a incliné son oreille vers moi * & moi, je l’invoquerai chaque jour (Psaume 114, 2).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. La mort m’avait enveloppé dans ses rets, * déjà m’avait saisi l’angoisse de la tombe. * En proie à la détresse & à la douleur, * j’ai invoqué le nom du Seigneur (Psaume 114, 3-4).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. Le Seigneur est miséricordieux & juste, * & notre Dieu est plein de compassion (Psaume 114, 5).
Ant. Sauve-nous, Fils de Dieu, * qui fut baptisé dans le Jourdain, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Ant. Fils unique & Verbe de Dieu, qui es immortel & qui, pour notre salut, as voulu t’incarner de la sainte Mère de Dieu & toujours Vierge Marie, qui, sans changer, t’es fait homme, as été crucifié, Christ-Dieu, et par ta mort as vaincu la mort, l’un de la sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint-Esprit, sauve-nous.

Troisième antienne, ton 1 – Psaume CXVII
V/. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 1).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
V/. Qu’elle le dise la maison de Jacob, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 2).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
V/. Qu’elle le dise la maison d’Aaron, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 3).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
V/. Qu’ils le disent ceux qui craignent le Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour (Psaume 117, 4).
Ant. Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !

A la petite entrée :
1. Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
3. Kondakion de la fête, ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie * l’univers a vu ta gloire * car, Seigneur, tu t’es manifesté * et sur nous resplendit ta lumière ; * c’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : * Tu es venu et t’es manifesté, ** Lumière inaccessible.

A la place du Trisaghion :
R/. Vous tous qui avez été baptisés en Christ, * vous avez revêtu le Christ. * Alléluia. (3 fois)

Prokimen
De la fête, ton 4 :
R/. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! * Le Seigneur es Dieu, & il nous est apparu (Psaume 117, 26-27).
V/. Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour. (Psaume 117, 1).

Epître
De la fête : Tite (§ 302) II, 11-14 ; III, 4-7.
Car la grâce de Dieu, notre Sauveur, a paru à tous les hommes.

Alleluia
De la fête, ton 1 :
V/. Apportez au Seigneur, enfants de Dieu, apportez au Seigneur les petits des béliers (Psaume 28, 1).
V/. La voix du Seigneur a retenti sur les eaux, le Dieu de gloire a tonné, le Seigneur est sur les eaux innombrables (Psaume 28, 3).

Evangile
De la fête : Matthieu (§ 6) III, 13-17.
Et au même instant une voix se fit entendre du ciel, qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, dans lequel j’ai mis toute mon affection.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, mon âme, * la Toute-vénérable reine de l’armée des cieux, * la très sainte Vierge Mère de Dieu.
Hirmos : Toute langue hésite à te célébrer comme il convient, * & tout esprit, même élevé, est saisi de vertige à te chanter, Mère de Dieu ; * mais comme tu es bonne, reçois notre foi * car tu sais notre amour inspiré par Dieu  : ** tu es la protectrice des chrétiens, nous te magnifions.

Verset de communion
De la fête : La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée (Tite, 2, 11). Alléluia, alléluia, alléluia.

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Programme de la paranomie de la Théophanie

Fête de la Théophanie - baptème du Christ au Jourdain - Mont Athos, monastère de Dionysiou - fresque du XVIème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le mercredi 18 janvier 2017 du calendrier grégorien – 5 janvier 2017 du calendrier julien, vêpres & divine liturgie de saint Basile le Grand de 18h30.

Le 5 janvier est la paramonie (la veille, la vigile) de la Théophanie, c’est aussi le dernier jour de l’avant-fête de la Théophanie, laquelle démarre le 2 janvier. Dans le rit byzantin, cette veille de l’Epiphanie est le seul jour de jeûne depuis la fête de Noël. Ce jeune est qualifié de xérophagie : sont autorisés le pain, les légumes et les fruits.

C’est saint Sophrone, patriarche de Jérusalem qui a organisé au VIème siècle la solennelle bénédiction des eaux qui conclut la vigile de la Théophanie. Le magnifique texte qu’il a composé est d’un lyrisme et d’une théologie particulièrement élevés.

Aux grandes vêpres & à la divine liturgie de saint Basile le Grand :

Stichères du lucernaire, ton 2 :
1 & 2. Voyant notre Lumière qui éclaire tout homme * s’approcher de lui pour être baptisé, * le Précurseur se réjouit en son âme tandis que tremble sa main ; * il montre et dit aux peuples : * Voici le Rédempteur d’Israël, * celui qui nous libère de la corruption ! * O Seigneur sans péché, ** O Christ notre Dieu, gloire à toi.
3 & 4. C’est un serviteur qui baptise le Rédempteur * et par sa présence l’Esprit lui rend témoignage ; * ce que voyant, les armées angéliques frémissent d’effroi ; * du ciel le Père fait entendre sa voix : * Celui sur qui le Précurseur impose la main, * c’est mon Fils bien-aimé, en lui je me complais ! ** Christ notre Dieu, gloire à toi.
5 & 6. Les flots du Jourdain * te reçurent, toi qui es la Source, * sous forme de colombe descendit le Paraclet ; * il incline la tête, celui qui fit pencher les cieux, * le limon de la terre crie à celui qui l’a façonné : * Pourquoi m’imposer ce qui est trop haut pour moi ? * C’est moi qui de ton Baptême ai besoin. ** O Seigneur sans péché, Christ notre Dieu, gloire à toi.
7 & 8. Voulant sauver l’homme égaré, * tu n’as pas dédaigné de revêtir l’aspect du serviteur, * car il te convenait, Seigneur notre Dieu, * d’assumer pour nous l’humaine condition ; * Rédempteur, en te laissant baptiser dans ta chair, * tu nous as jugés dignes du pardon ; * c’est pourquoi nous te crions : ** Christ notre Dieu, gloire à toi.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Doxastikon, ton 2 : En inclinant la tête devant le Précurseur, * tu as écrasé la tête des démons, * descendu dans les flots, * tu as illuminé l’univers, * pour qu’il te glorifie, Sauveur, * illumination de nos âmes.

Prokimen des vêpres du mercredi
De la fête, ton 4 :
R/. O Dieu, par ton nom sauve-moi, * fais-moi justice, dans ta puissance.
V/. O Dieu, entends ma prière, écoute les paroles de ma bouche.

3 lectures :
1. Genèse I, 1-13.
2. Exode XIV, 15-18, 21-23 & 27-29.
3. Exode XV, 22 – XVI, 1.

Psaume & tropaire, ton 5
Toi qui fis le monde, dans le monde tu es apparu * afin d’illuminer ceux qui étaient assis dans les ténèbres * Ami des hommes, gloire à toi.
Que Dieu nous prenne en grâce & nous bénisse, faisant luire sur nous sa face, & qu’il ait pitié de nous. Pour qu’on connaisse sur la terre ta voie, parmi toutes les nations ton salut.
Afin d’illuminer ceux qui étaient assis dans les ténèbres * Ami des hommes, gloire à toi.
Que les peuples te confessent, ô Dieu, que les peuples te confessent. Que les nations soient dans la joie et l’allégresse, car tu juges les peuples avec droiture, et sur la terre tu guides les nations.
Afin d’illuminer ceux qui étaient assis dans les ténèbres * Ami des hommes, gloire à toi.
Que les peuples te confessent, ô Dieu, que tous les peuples te confessent. La terre a donné son fruit ; que Dieu, notre Dieu, nous bénisse. Que Dieu nous bénisse, & que tous les confins de la terre le craignent.
Afin d’illuminer ceux qui étaient assis dans les ténèbres * Ami des hommes, gloire à toi.

3 lectures :
4. Josué III, 7-8 & 15-17.
5. IV Rois II, 6-14.
6. IV Rois V, 9-14.

Psaume & tropaire, ton 6
C’est aux pécheurs, aux publicains * qu’en l’immensité de ton amour * tu as voulu te montrer ; * pour qui donc aurait brillé ta clarté, * si ce n’est pour qui hante les ténèbres ? * gloire à toi.
Le Seigneur règne, il s’est revêtu de beauté ; le Seigneur s’est revêtu de puissance, il a mis une ceinture à ses reins. Car il affermis l’univers, et il ne sera pas ébranlé. Ton trône est préparé depuis l’origine ; depuis l’éternité, tu es. * pour qui donc aurait brillé ta clarté, * si ce n’est pour qui hante les ténèbres ? * gloire à toi.
Les fleuves ont élevé, Seigneur, les fleuves ont élevé leur voix ; les fleuves ont soulevé leurs flots dans le fracas des eaux innombrables. * pour qui donc aurait brillé ta clarté, * si ce n’est pour qui hante les ténèbres ? * gloire à toi.
Admirables sont les soulèvements de la mer ; admirable est le seigneur dans les hauteurs. Tes témoignages sont entièrement dignes de foi ; à ta maison convient la sainteté, Seigneur, pour la longueur des jours. * pour qui donc aurait brillé ta clarté, * si ce n’est pour qui hante les ténèbres ? * gloire à toi.

7 lectures :
7. Isaïe I, 16-20.
8. Genèse XXXII, 2-11.
9. Exode II, 5-10.
10. Juges VI, 36-40.
11. III Rois XVIII, 30-39.
12. IV Rois II, 19-22.
13. Isaïe XLIX, 8-15.

Prokimen
Ton 3 :
R/. Le Seigneur est ma lumière & mon salut, de qui aurai-je crainte ?
V/. Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerai-je ?

Epître
I Corinthiens (§ 143) IX, 19-27.

Alleluia
Ton 6 :
V/. Mon cœur a fait jaillir un verbe bel & bon ; et je dis : mon œuvre est pour le Roi.
V/. Tu es beau, le plus bel enfant des hommes, la grâce est répandue sur tes lèvres ; aussi tu es béni du Seigneur à jamais.

Evangile
Luc (§ 9) III, 1-18.

Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
En toi se réjouissent, ô Pleine de grâce, toute la création, la hiérarchie des anges et la race des hommes. Ô Temple sanctifié, ô Jardin spirituel, ô Gloire virginale, c’est en toi que Dieu s’est incarné, en toi qu’est devenu petit enfant celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De ton sein il a fait un trône, il l’a rendu plus vaste que les cieux. Ô Pleine de grâce, toute la création se réjouit en toi, gloire à toi.

Verset de communion
Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

A la fin de la divine liturgie, grande bénédiction des eaux :
Stichères idiomèles de saint Sophrone, patriarche de Jérusalem, ton 8 :
1. La voix du Seigneur retentit sur les eaux, disant : * Venez, recevez tous * l’Esprit de sagesse, l’Esprit d’intelligence, * l’Esprit de crainte de Dieu, * du Christ qui s’est manifesté.
2. En ce jour la nature des eaux est sanctifiée ; * & le Jourdain interrompt son cours * et retient ses propres eaux en voyant * le Seigneur être baptisé.
3. En tant qu’hommes, dans le fleuve, * tu descends, Christ-Roi, * et tu te hâtes de recevoir le baptême, toi qui es bon * des mains du Précurseur ** à cause de nos péchés, Ami des hommes.
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. A la voix criant dans le désert : * « Préparez les chemins du Seigneur », * toi qui a pris, Seigneur, * la forme d’un esclave, * tu vins demander le baptême, sans avoir connu le péché. * Les eaux te virent & prirent peur. * Le précurseur fut saisi d’effroi, * & il s’écria : * « Comment le chandelier éclairerait-il la lumière ? Comment l’esclave imposerait-il les mains sur son Maître ? * Sanctifie-moi, ainsi que les eaux, Sauveur, ** Toi qui ôtes les péchés du monde ».

3 lectures :
1. Isaïe XXXV, 1-10.
2. Isaïe LV, 1-13.
3. Isaïe XII, 3-6.

Prokimen
Ton 3 :
R/. Le Seigneur est ma lumière & mon salut, de qui aurai-je crainte ?
V/. Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerai-je ?

Epître
I Corinthiens (§ 143) X, 1-4.

Alleluia
Ton 6 :
V/. Mon cœur a fait jaillir un verbe bel & bon ; et je dis : mon œuvre est pour le Roi.
V/. Tu es beau, le plus bel enfant des hommes, la grâce est répandue sur tes lèvres ; aussi tu es béni du Seigneur à jamais.

Evangile
Marc (§ 2) I, 9-11.

Après la bénédiction des eaux :
Tropaire de la Théophanie, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * fut manifestée l’adoration due à la Trinité : * car la voix du Père te rendit témoignage * en te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit, sous forme de colombe * confirma l’irréfragable vérité de cette parole. * Tu t’es manifesté, Christ-Dieu, ** et tu as illuminé le monde, gloire à toi !

Stichère final, ton 6 :
Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Chantons fidèles, la grandeur de l’économie de Dieu pour nous, * il s’est fait homme pour accomplir * notre purification dans le Jourdain, * Lui le seul pur & sans souillure, * il me sanctifie, ainsi que les eaux * & il brise les têtes des dragons dans cette eau. * Puisons donc de cette eau avec allégresse, frères ! * car la grâce de l’Esprit, aux fidèles, est donnée * invisiblement à ceux qui y puisent par le Christ Dieu, * & le Sauveur de nos âmes.

Téléchargez le livret de partitions des choristes pour les grandes vêpres.
Téléchargez le livret de partitions des choristes pour la grande bénédiction des eaux.

Saint Côme de Maïouma – Canon des matines de la Théophanie

Dans le rit byzantin, on chantait à matines neuf cantiques tirés de l’Ecriture (le 2nd est généralement omis, sauf durant le Grand Carême). A partir du VIIème siècle, les versets de ces cantiques furent entremêlés de tropaires, courtes compositions ecclésiastiques commentant le texte du cantique ou la fête du jour. Le premier canon de la Théophanie a été écrit par saint Côme de Maïouma (appelé aussi Cosmas de Jérusalem, ou Cosmas le Mélode, ou encore Cosmas l’Hymnographe).

Orphelin de père et de mère, Côme (Κοσμάς) fut adopté par Serge, un riche notable chrétien de Damas, qui était le père de saint Jean Damascène.

Saint Jean & saint Côme sont ainsi frères de lait. Ils étudièrent la grammaire, la philosophie, la musique, l’astronomie et la géométrie auprès du moine Côme de Sicile, que leur père Serge avait racheté aux pirates musulmans qui l’avaient réduit en esclavage.

Les deux frères devinrent, vers 726, moines à la laure de Saint-Sabas à Jérusalem.

Côme fut élu évêque de Maïouma en Palestine (ville de la région de Gaza). Il mourut dans cette ville et fut rapidement canonisé.

Hymnographe fécond, saint Côme laissa au moins quatorze canons complets et de nombreux triodes (canons de trois odes pour le Carême).

Voici le texte du canon que saint Côme de Maïouma composa pour les matines de la Théophanie. Ses tropaires forment en grec l’acrostiche suivant : « Le Baptême nettoie les fautes des humains ». Vous pouvez trouver la musique de ce canon dans le livret des matines de la Théophanie employé par notre chœur, aux pages 24 à 42) :

Fête de la Théophanie - baptème du Christ au Jourdain - icône de la fin du XVIIIème ou du début du XIXème sièclePremière ode – cantique de Moïse – Hirmos : De l’abîme Il a découvert les profondeurs, * & il conduit les siens à pieds secs, * après avoir englouti leurs ennemis, * le Seigneur puissant dans les guerres, ** car il s’est couvert de gloire.

V/. Tu les mèneras, tu les planteras sur la montagne de ton héritage, au lieu dont tu fis, Seigneur, ta demeure, au sanctuaire qu’ont préparé tes mains.

Tropaire : Dans les flots du Jourdain, * Il recrée Adam qui s’était corrompu * & il brise la tête des dragons qui s’y étaient tapis * le Seigneur Roi des siècles ; ** car Il s’est couvert de gloire.

V/. Le Seigneur règne pour les siècles, toujours et à jamais.

Tropaire : Ayant revêtu la chair matérielle * de la flamme immatérielle de la divinité, * le Seigneur incarné de la Vierge * s’entoure des eaux du Jourdain, ** car Il s’est couvert de gloire.

V/. Car les chevaux de Pharaon, avec les chars et les cavaliers, s’étaient engagés dans la mer, et sur eux le Seigneur fit refluer les flots, mais les enfants d’Israël passèrent au milieu de la mer à pied sec.

Tropaire : Celui qui des hommes efface la souillure * en se purifiant pour eux dans le Jourdain, * a pris leur apparence en demeurant ce qu’Il était, * & il illumine ceux qui sont dans les ténèbres, le Seigneur, ** car Il s’est couvert de gloire.

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : De l’abîme Il a découvert les profondeurs, * & il conduit les siens à pieds secs, * après avoir englouti leurs ennemis, * le Seigneur puissant dans les guerres, ** car il s’est couvert de gloire.

Fête de la Théophanie - baptème du Christ au Jourdain - tryptique de Sainte-Catherine du Sinaï - XIIème siècleTroisième ode – cantique d’Anne – Hirmos : Le Seigneur, qui a nos rois donne la force, * & de ses oints exalte la puissance, * est enfanté d’une Vierge, * & s’avance vers le baptême ; * aussi fidèles, écrions-nous : ** « Nul n’est saint comme notre Dieu ».

V/. Le Seigneur, monté aux cieux, fait entendre le tonnerre : lui-même va juger la terre entière, car il est juste.

Tropaire : Toi qui jadis était stérile * & malheureusement privée d’enfants, * sois aujourd’hui dans l’allégresse, Eglise du Christ, * car par l’eau & l’Esprit des fils te sont nés * qui s’écrient avec toi : ** « Nul n’est saint comme notre Dieu ».

V/. Il donnera la puissance à notre roi, il exaltera le front de son Christ.

Tropaire : A haute voix le Précurseur crie dans le désert : * Préparez les voies du Christ, * redressez les chemins de notre Dieu * en proclamant dans votre foi : ** « Nul n’est saint comme notre Dieu ».

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : Le Seigneur, qui a nos rois donne la force, * & de ses oints exalte la puissance, * est enfanté d’une Vierge, * & s’avance vers le baptême ; * aussi fidèles, écrions-nous : ** « Nul n’est saint comme notre Dieu ».

Fête de la Théophanie - baptème du Christ au JourdainQuatrième ode – cantique d’Habacuc – Hirmos : Ta voix, Seigneur, il l’entendit, * celui que tu nommas « Voix qui crie dans le désert », * quand tu as tonné sur les grandes eaux * pour rendre témoignage à Ton Fils ; * rempli de la présence de l’Esprit, ** il s’écria : « Tu es le Christ, sagesse & puissance de Dieu ».

V/. Et moi, j’exulte dans le Seigneur, je jubile en Dieu mon sauveur.

Tropaire : Qui a vu, s’écria le héraut, * se baigner le Soleil éclatant par nature, * pour que je Te purifie par l’eau, Eclat de gloire, * Figure du Père éternel, * & que moi, qui suis boue, * j’effleure le feu de Ta divinité ; ** tu es le Christ, sagesse & puissance de Dieu.

V/. Le Seigneur mon Dieu est ma force, il affermit mes pas jusqu’au bout.

Tropaire : Moïse, te rencontrant, manifesta la piété que Dieu lui inspirait, * car dès qu’il perçut ta voix dans le buisson, * il détourna son regard aussitôt ; * et moi, comment pourrais-je te regarder et poser sur toi la main ? ** tu es le Christ, sagesse et puissance de Dieu.

V/. Il me fait monter sur les hauteurs, pour la victoire, au chant de son cantique.

Tropaire : Bien que doué d’une âme, de parole et de raison, * j’ai pour toi le respect des êtres inanimés ; * si je te baptise, j’aurai pour accusateurs * la montagne fumant au contact de ton feu, * la mer qui se retire et le Jourdain qui remonte son cours ; ** tu es le Christ, sagesse et puissance de Dieu.

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : Ta voix, Seigneur, il l’entendit, * celui que tu nommas « Voix qui crie dans le désert », * quand tu as tonné sur les grandes eaux * pour rendre témoignage à Ton Fils ; * rempli de la présence de l’Esprit, ** il s’écria : « Tu es le Christ, sagesse & puissance de Dieu ».

Fête de la Théophanie - baptème du Christ au JourdainCinquième ode – cantique d’Isaïe – Hirmos : Jésus, principe de la vie, * vient pour effacer la condamnation d’Adam le premier homme ; * bien qu’il n’ait pas besoin, comme Dieu, de purification, * Il se purifie pour le coupable dans le Jourdain, * il y détruit la haine, ** Il accorde la paix qui surpasse tout esprit.

V/. Tes morts revivront ; ils se lèveront, ceux qui gisent dans les tombeaux, ceux de la terre exulteront de joie.

Tropaire : Une multitude infinie de peuples étant venue * pour se faire baptiser par Jean, il se leva au milieu d’eux & leur adressa ces mots : * qui vous a appris, désobéissants, * à éviter la colère à venir ? * Accomplissez des fruits dignes du Christ, ** Il est ici & Il accorde la paix.

V/. Car la rosée qui vient de toi sera leur guérison et la terre rendra le jour aux trépassés.

Tropaire : Celui qui a planté la création, * au milieu de nous se tenant comme l’un de nous, * prend possession des cœurs et, tenant en main * le van purificateur, il vanne sagement, * brûlant ce qui est stérile sur l’aire du monde entier * pour accorder la vie éternelle à qui porte du fruit.

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : Jésus, principe de la vie, * vient pour effacer la condamnation d’Adam le premier homme ; * bien qu’il n’ait pas besoin, comme Dieu, de purification, * Il se purifie pour le coupable dans le Jourdain, * il y détruit la haine, ** Il accorde la paix qui surpasse tout esprit.

Fête de la Théophanie - baptème du Christ au JourdainSixième ode – cantique de Jonas – Hirmos : La voix du Verbe, le chandelier de la lumière, * l’étoile du matin, & du Soleil le Précurseur crie au désert à tous les peuples : * « Faites pénitence, * & purifiez-vous, * car voici qu’est venu le Christ, ** qui sauve le monde de la corruption.

V/. Les serviteurs de vaines idoles perdent la source de leur grâce.

Tropaire : Né du Dieu et Père immatériellement, * de la Vierge, sans souillure, * le Christ prend chair * dont le Précurseur nous enseigne qu’il ne peut délier la courroie, * c’est-à-dire l’union du Verbe et de notre nature, ** puisqu’il est venu racheter les mortels de l’erreur.

V/. Mais moi, au son de la louange, je t’offrirai un sacrifice d’action de grâce, accomplissant envers toi, Seigneur, le voeu que j’ai fait pour mon salut.

Tropaire : C’est le Christ qui baptisera dans le feu ultime * ceux qui désobéissent & ne le conçoivent pas en tant que Dieu ; * mais c’est dans l’Esprit que par la grâce & dans l’eau * Il renouvelle ceux qui reconnaissent sa divinité, * en les sauvant de leurs péchés.

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : La voix du Verbe, le chandelier de la lumière, * l’étoile du matin, & du Soleil le Précurseur crie au désert à tous les peuples : * « Faites pénitence, * & purifiez-vous, * car voici qu’est venu le Christ, ** qui sauve le monde de la corruption.

Théophanie de Notre SeigneurSeptième ode – premier cantique des 3 Enfants dans la fournaise – Hirmos : Lorsque les pieux jeunes gens * furent jetés dans la fournaise ardente, * un vent de rosée souffla, * les protégeant de tout dommage, * ainsi que la descente d’un Ange de Dieu ; * c’est pourquoi rafraîchis dans la flamme ils chantaient en rendant grâce : ** « Seigneur très loué et Dieu de nos pères tu es béni. »

V/. Tu es béni, toi qui sondes les abîmes et qui sièges sur les Chérubins, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

Tropaire : Les Puissances angéliques au Jourdain * se tenaient comme au ciel avec crainte et admiration, * contemplant l’extrême condescendance de Dieu, * puisque celui qui tient en mains * les eaux du firmament se tenait dans les ondes avec son corps, ** lui, le Dieu de nos Pères.

V/. Tu es béni sur le trône de gloire de ton royaume, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

Tropaire : Jadis la nuée & la mer préfigurèrent la merveille du divin baptême, * car c’est en elles que le peuple fut baptisé dans sa traversée par le législateur ; * la mer était la figure de l’eau & la nuée, celle de l’Esprit ; * initiés par eux, nous crions : ** Dieu de nos pères, tu es béni.

V/. Tu es béni au firmament du ciel, surpassant toute louange et par-dessus tout exalté dans les siècles.

Tropaire : Nous tous, les croyants, pour en avoir reçu l’initiation * sans cesse louant Dieu, * avec les Anges glorifions le Père & le Fils & le Saint-Esprit, * la consubstantielle Trinité, * en trois personnes unique Dieu * pour lequel nous chantons : * Dieu de nos pères, tu es béni.

V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Catavasie : Lorsque les pieux jeunes gens * furent jetés dans la fournaise ardente, * un vent de rosée souffla, * les protégeant de tout dommage, * ainsi que la descente d’un Ange de Dieu ; * c’est pourquoi rafraîchis dans la flamme ils chantaient en rendant grâce : ** « Seigneur très loué et Dieu de nos pères tu es béni. »

Fête de la Théophanie - baptème du Christ au JourdainHuitième ode – second cantique des 3 Enfants dans la fournaise – Hirmos : La fournaise de Babylone montra un mystère étonnant * lorsque jaillit la rosée ; * mais le Jourdain devait recevoir en ses flots le feu immatériel * & accueillir le Créateur baptisé en sa chair ; * c’est Lui que les peuples bénissent ** & exaltent dans tous les siècles.

V/. Ananias, Azarias, Misaël, bénissez le Seigneur, chantez-le, exaltez-le dans les siècles.

Tropaire : Bannis toute crainte, dit le Rédempteur au Précurseur ; * sois docile et viens à moi comme au Christ, * puisque je le suis par nature ; * cède à mon commandement ; * baptise-moi dans mon abaissement, * moi que les peuples bénissent ** et exaltent dans tous les siècles.

V/. Apôtres, Prophètes et Martyrs du Seigneur, bénissez le Seigneur, chantez-le, exaltez-le dans les siècles.

Tropaire : Dès qu’il entendit les paroles du Maître, * le Baptiste étendit la main en tremblant ; * mais lorsqu’il toucha la tête de son Créateur * il cria au baptisé : * sanctifie-moi, tu es mon Dieu * que les peuples louent ** & exaltent dans tous les siècles.

V/. Bénissons le Seigneur, Père, Fils et saint Esprit.
Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

Tropaire : Au Jourdain se manifesta la Trinité, * la nature du suprême Dieu ; * le Père proclama : Celui qui est baptisé, * c’est mon Fils bien-aimé ; * et l’Esprit reposa sur son égal * que les peuples bénissent ** et exaltent dans tous les siècles.

V/. Louons, bénissons le Seigneur, prosternons-nous devant lui, le chantant et l’exaltant dans tous les siècles.

Catavasie : La fournaise de Babylone montra un mystère étonnant * lorsque jaillit la rosée ; * mais le Jourdain devait recevoir en ses flots le feu immatériel * & accueillir le Créateur baptisé en sa chair ; * c’est Lui que les peuples bénissent ** & exaltent dans tous les siècles.

Fête de la Théophanie - baptème du Christ au Jourdain - Mont Athos, monastère de Dionysiou - fresque du XVIème siècleNeuvième ode – cantiques de la Mère de Dieu (Magnificat) & de Zacharie (Benedictus) :
Mégalinaire : V/. Magnifie, mon âme, * la Toute-vénérable reine de l’armée des cieux, * la très sainte Vierge Mère de Dieu.
Hirmos :
Toute langue hésite à te célébrer comme il convient, * & tout esprit, même élevé, est saisi de vertige à te chanter, Mère de Dieu ; * mais comme tu es bonne, reçois notre foi * car tu sais notre amour inspiré par Dieu : ** tu es la protectrice des chrétiens, nous te magnifions.

V/. Magnifie, ô mon âme, * celui qui vient dans le Jourdain * pour s’y faire baptiser.
V/. Magnifie, ô mon âme, * celui qui reçoit * du Précurseur le Baptême.

Tropaire : David, viens en esprit auprès des baptisés, * et dis-leur ce chant : * De Dieu en votre foi * approchez-vous, et vous serez illuminés ; * un pauvre a crié – en sa chute c’est Adam -, * le Seigneur l’écoute, * il est venu dans les flots du Jourdain vers l’homme corrompu ** lui apporter le renouveau.

V/. Magnifie, ô mon âme, * l’objet du témoignage * que le Père rendit de sa voix.
V/. Magnifie, ô mon âme, * l’Un de la sainte Trinité * inclinant la tête pour être baptisé.

Tropaire : Isaïe proclame : Lavez-vous, purifiez-vous, * ôtez votre perversité de devant la face du Seigneur ; * venez à l’eau vive, vous qui avez soif ; * car pour les fidèles s’approchant de lui * le Christ fait sourdre l’eau du renouveau * et pour la vie éternelle ** les baptise dans l’Esprit.

V/. Prophète, viens donc, * étends sur moi la main, * hâte-toi de me baptiser.
V/. Prophète, à présent * baptise-moi sans hésiter : * je suis venu pour accomplir toute justice.

Tropaire : Le sceau de la grâce nous préserve, nous croyants : * comme les Hébreux jadis ont évité la destruction grâce aux portes marquées de sang, * ainsi nous soit, comme en l’exode, ce bain que Dieu nous offre pour nous régénérer * et grâce auquel nous pourrons voir aussi ** l’inaccessible lumière de la Trinité.

V/. Aujourd’hui le Seigneur * sous la main du Baptiste et Précurseur * incline la tête.
V/. Aujourd’hui saint Jean * baptise le Seigneur * dans les flots du Jourdain.

Catavasie : Toute langue hésite à te célébrer comme il convient, * & tout esprit, même élevé, est saisi de vertige à te chanter, Mère de Dieu ; * mais comme tu es bonne, reçois notre foi * car tu sais notre amour inspiré par Dieu  : ** tu es la protectrice des chrétiens, nous te magnifions.

Henri de Villiers – O salutaris Hostia sur le vieux noël « A la venue de Noël »

Henri de Villiers.
O salutaris Hostia sur le vieux noël « A la venue de Noël ».
4 voix mixtes (SATB), 1 dessus instrumental & basse continue.
5 pages.

Réemployant le thème du vieux noël « A la venue de Noël » voici un O salutaris pour le temps de la Nativité et de l’Epiphanie.

Les partitions comprennent le conducteur, la partie du chœur, le dessus instrumental (flûte, violon ou hautbois), la basse continue (violoncelle, basson, flûte basse, etc…), en deux tonalités : ut mineur & si bémol mineur.

Les premières mesures du conducteur :

O salutaris sur A la venue de Noël - Conducteur

Les premières mesures de la partie de chœur :

O salutaris sur A la venue de Noël - Choeur

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Palestrina – Alma Redemptoris Mater

Giovanni Pierluigi da Palestrina (c. 1525 † 1594), maître de la chapelle papale de Saint-Pierre du Vatican, de Saint-Jean de Latran & de Sainte-Marie-Majeure.
Alma Redemptoris Mater.
4 voix mixtes.
4 pages – Ré Majeur.

L’Alma Redemptoris Mater, l’une des quatre grandes antiennes mariales, est utilisée par le rit romain pour chanter la Sainte Vierge à la fin des offices, depuis les 1ères vêpres de l’Avent incluses jusqu’aux secondes vêpres de la Purification (2 février) incluses.

Alma Redemptóris Mater quae pérvia cœli porta manes, et stella maris, succúrre cadénti, súrgere qui curat, pópulo : tu quæ genuísti, natura miránte, tuum sanctum Genitórem, Virgo prius ac postérius, Gabriélis ab ore Sumens illud Ave, peccatórum miserére.

Sainte Mère du Rédempteur, Porte du ciel toujours ouverte & Étoile de la mer, secoure ce peuple qui tombe, mais cherche à se relever. À l’étonnement de la nature entière, tu as mis au monde le Dieu saint ; Vierge avant & après l’enfantement, accueille cet Ave dont Gabriel te saluait, aie pitié les pécheurs.

Les premières mesures de cette partition :
Palestrina - Alma Redemptoris Mater à 4 voix

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Cette belle mise en musique de Palestrina utilise le thème du plain-chant à la voix supérieure. Vous pouvez écouter un enregistrement de cette partition en vidéo sur YouTube (The Tallis Scholars sous la direction de Peter Phillips – enregistrement de février 1994 en la Basilique Sainte-Marie-Majeure, Rome) :

Charles de Courbes – Hostis Herodes impie

Charles de Courbes (1622).
Hostis Herodes impie – Hymne de l’Epiphanie, à vêpres.
4 voix (SATB).
3 ou 5 pages.

« L’amateur » éclairé (comme il se présente lui-même) que fut le Sieur de Courbes, élu & lieutenant particulier, publie ses compositions chez Pierre Ballard en 1622 : « Cantiques spirituels nouvellement mis en musique à IIII, V, VI, VII et VIII parties ». Une bonne part de cet ouvrage est consacrée à la mise en musique d’hymnes de l’Eglise, lesquelles peuvent se chanter sur leur texte latin aussi bien que sur une traduction réalisée par l’auteur. Influencées par la chanson française, les hymnes de Charles de Courbes témoignent aussi de l’aspiration générale à plus de clarté dans les compositions musicales liturgiques qui se fait jour après le Concile de Trente. Elles reflètent également les spéculations rythmiques conduites quelques années auparavant par les auteurs de la Pléiade et par Jean-Antoine de Baïf en particulier.

Charles de Courbes utilise toujours le matériel préexistant du plain-chant pour écrire ses hymnes, de sorte que sa musique peut être également utilisée en alternance avec celle du plain-chant. Ici, pour la très belle hymne de l’Epiphanie due à la plume du poète latin Sédulius au Vème siècle, le chant liturgique est attribué à la partie de haute-contre. Notez que le texte de Sédulius cite déjà les 3 théophanies célébrées conjointement par le rit romain à la fête de l’Epiphanie : l’adoration des Mages, le baptême dans le Jourdain et les noces de Cana.

Nous proposons cette partition en deux présentations différentes : soit les 5 strophes en polyphonies, soit les strophes impaires en plain-chant et les paires en polyphonie. Voici le texte de cette hymne, ainsi qu’une traduction moderne (on trouvera dans notre partition PDF la traduction de Charles de Courbes, qui pourra être utilisée pour le chant) :

Hostis Heródes ímpie,
Christum venire quid times ?
Non eripit mortalia,
Qui regna dat cœlestia.
Hérode, ennemi impie,
Pourquoi crains-tu le Roi qui vient ?
Il ne cherche pas les trônes mortels
Lui qui gouverne dans les cieux.
Ibant Magi, quam viderant,
Stellam sequentes præviam :
Lumen requirunt lumine :
Deum fatentur munere.
Les Mages, s’en allaient, guidés
Par l’étoile nouvelle qu’ils voyaient ;
Cherchant la Lumière par la lumière
Adorant Dieu par leurs présents.
Lavacra puri gurgitis
Cœlestis Agnus attigit :
Peccata, quæ non detulit,
Nos abluendo sustulit.
L’Agneau céleste est descendu
Dans les eaux purifiantes
Des péchés, dont il est innocent
Il nous lave en sa personne.
4. Novum genus potentiæ ;
Aquæ rubescunt hydriæ,
Vinumque jussa fundere,
Mutavit und’originem.
Nouveau prodige de puissance :
L’eau rougeoie dans les amphores
Et pour couler en flots de vin,
Elle obéit & change de nature.
5. Gloria tibi Domine
Qu’apparuisti hodie,
Cum Patr’et Sancto Spiritu,
In sempiterna sæcula. Amen.
Gloire à vous Seigneur,
Qui êtes apparu aujourd’hui,
Avec le Père & le Saint Esprit
Dans les siècles éternels. Amen.

Les premières mesures de cette partition :

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Nicolas-Mammès Couturier – Cantique pour l’Epiphanie – Adressons nos hommages

Chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres.
Adressons nos hommages – Cantique pour la fête de l’Epiphanie sur le noël « Or nous dites Marie ».
4 voix (SATB).
1 page.

Ce petit cantique du chanoine Couturier utilise la très belle et nostalgique mélodie du très beau noël du XVème siècle « Or nous dites Marie » (la mélodie de ce noël étant elle-même encore plus ancienne). Le chant, confié au dessus, reçoit une harmonisation simple mais de bon goût. Couturier cependant invente une mélodie nouvelle pour le couplet, laquelle gagne à être pensée à 2 temps. Voici le texte de ce cantique :

R/. Adressons nos hommages
A notre divin Roi.
Offrons avec les Mages
Les dons de notre foi. (bis)
L’or de l’amour sincère
Que l’on doit à Jésus,
L’encens de la prière,
La myrrhe des vertus.
V/. Adorons le divin maître
A l’exemple des trois Rois ;
Du moment qu’il vient de naître
Tout doit révérer ses Lois ;
Chacun doit le reconnaître,
Rois & peuples à la fois.
Adorons le divin maître
A l’exemple des trois Rois.

Les premières mesures de cette partition :

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Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l’acquisition du Saint-Esprit de Dieu

Saint Séraphim de Sarov
L’entretien avec Motovilov

(que le starets avait guéri)

C’était un jeudi. Le ciel était gris. La terre était couverte de neige et d’épais flocons continuaient à tourbillonner lorsque le Père Séraphim engagea notre conversation dans une clairière, près de son « Petit Ermitage » face à la rivière Sarovka coulant au pied de la colline. Il me fit asseoir sur le tronc d’un arbre qu’il venait d’abattre et lui-même s’accroupit en face de moi.

– Le Seigneur m’a révélé, dit le grand starets, que depuis votre enfance vous désiriez savoir quel était le but de la vie chrétienne et que vous aviez maintes fois interrogé à ce sujet des personnages même haut placés dans la hiérarchie de l’Église.

Je dois dire que dès l’âge de douze ans cette idée me poursuivait et qu’effectivement j’avais posé la question à plusieurs personnalités ecclésiastiques sans jamais recevoir de réponse satisfaisante. Le starets l’ignorait.

– Mais personne, continua le Père Séraphim, ne vous a rien dit de précis. On vous conseillait d’aller à l’église, de prier, de vivre selon les commandements de Dieu, de faire le bien – tel, disait-on, était le but de la vie chrétienne. Certains même désapprouvaient votre curiosité, la trouvant déplacée et impie. Mais ils avaient tort. Quant à moi, misérable Séraphim, je vous expliquerai maintenant en quoi ce but réellement consiste.

Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l’acquisition du Saint-Esprit de Dieu.

La prière, le jeûne, les veilles et autres activités chrétiennes, aussi bonnes qu’elles puissent paraître en elles-mêmes, ne constituent pas le but de la vie chrétienne, tout en aidant à y parvenir. Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l’acquisition du Saint-Esprit de Dieu. Quant à la prière, au jeûne, aux veilles, à l’aumône et toute autre bonne action faite au nom du Christ, ce ne sont que des moyens pour l’acquisition du Saint-Esprit.

Au nom du Christ

Remarquez que seule une bonne action faite au nom du Christ nous procure les fruits du Saint-Esprit. Tout ce qui n’est pas fait en son Nom, même le bien, ne nous procure aucune récompense dans le siècle à venir, et en cette vie non plus ne nous donne pas la grâce divine. C’est pourquoi le Seigneur Jésus Christ disait : « Celui qui n’amasse pas avec moi dissipe » (Luc 11, 23).

On est pourtant obligé d’appeler une bonne action « amassage » ou récolte, car même si elle n’est pas faite au Nom du Christ, elle reste bonne. L’Écriture dit : « En toute nation celui qui craint Dieu et pratique la justice lui est agréable » (Actes 10, 35). Le centurion Corneille, qui craignait Dieu et agissait selon la justice, fut visité pendant qu’il était en prière, par un ange du Seigneur qui lui dit : « Envoie des hommes à Joppé chez Simon le corroyeur, tu y trouveras un certain Pierre qui te fera entendre des paroles de vie éternelle par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison » (Actes 10, 5).

On voit donc que le Seigneur emploie ses moyens divins pour permettre à un tel homme de ne pas être privé, dans l’éternité, de la récompense qui lui est due. Mais pour l’obtenir il faut que dès ici-bas il commence par croire en Notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu descendu sur terre pour sauver les pécheurs, ainsi que par acquérir la grâce du Saint-Esprit qui introduit dans nos coeurs le Royaume de Dieu et nous fraye le chemin de la béatitude du siècle à venir. Là s’arrête la satisfaction que procurent à Dieu les bonnes actions qui ne sont pas commises au Nom du Christ. Le Seigneur nous donne les moyens de les parachever. A l’homme d’en profiter ou non. C’est pourquoi le Seigneur a dit aux Juifs « Si vous étiez des aveugles, vous seriez sans péché mais vous dites : « Nous voyons ! » Votre péché demeure » (Jean 9, 41). Quand un homme comme Corneille dont l’oeuvre qui n’a pas été faite au Nom du Christ mais qui a été agréable à Dieu, se met à croire en son Fils, cette oeuvre lui est comptée comme faite au Nom du Christ, à cause de sa foi en lui (Hebreux 11, 6). Dans le cas contraire, l’homme n’a pas le droit de se plaindre que le bien accompli ne lui a pas été profitable. Cela n’arrive jamais quand une bonne action a été faite au Nom du Christ, car le bien accompli en son Nom apporte non seulement une couronne de gloire dans le siècle à venir, mais dès ici-bas remplit l’homme de la grâce du Saint-Esprit, comme il a été dit « Dieu donne l’Esprit sans mesure. Le Père aime le Fils ; il a tout remis entre ses mains » (Jean 3, 34-35).

L’acquisition du Saint-Esprit

C’est donc dans l’acquisition de cet Esprit de Dieu que consiste le vrai but de notre vie chrétienne, tandis que la prière, les veilles, le jeûne, l’aumône et les autres actions vertueuses faites au Nom du Christ ne sont que des moyens pour l’acquérir.

– Comment l’acquisition ? demandai-je au Père Séraphim. Je ne comprends pas très bien.

– L’acquisition, c’est la même chose que l’obtention. Vous savez ce que c’est que d’acquérir de l’argent ? Pour le Saint-Esprit, c’est pareil. Pour les gens du commun, le but de la vie consiste en l’acquisition d’argent – le gain. Les nobles, en plus, désirent obtenir des honneurs, des marques de distinction et autres récompenses accordées pour des services rendus à l’État. L’acquisition du Saint-Esprit est aussi un capital, mais un capital éternel, dispensateur de grâces ; très semblable aux capitaux temporels, et qui s’obtient par les mêmes procédés. Notre Seigneur Jésus Christ, Dieu-Homme, compare notre vie à un marché et notre activité sur terre à un commerce. Il nous recommande à tous « Négociez jusqu’à ce que je vienne, en économisant le temps, car les jours sont incertains » (Luc 19,12-13 ; Éphésiens 5, 15-16), autrement dit : Dépêchez-vous d’obtenir des biens célestes en négociant des marchandises terrestres. Ces marchandises terrestres ne sont autres que les actions vertueuses faites au Nom du Christ et qui nous apportent la grâce du Saint-Esprit.

La parabole des vierges

Dans la parabole des vierges sages et des vierges folles (Matthieu 25, 1-13) quand ces dernières manquèrent d’huile, il leur fut dit : « Allez en acheter au marché. » Mais en revenant, elles trouvèrent la porte de la chambre nuptiale close et ne purent entrer. Certains estiment que le manque d’huile chez les vierges folles symbolise l’insuffisance d’actions vertueuses faites dans le courant de leur vie. Une telle interprétation n’est pas entièrement juste. Quel manque d’actions vertueuses pouvait-il y avoir puisqu’elles étaient appelées vierges, quoique folles ? La virginité est une haute vertu, un état quasi-angélique, pouvant remplacer toutes les autres vertus. Moi, misérable, je pense qu’il leur manquait justement le Saint-Esprit de Dieu. Tout en pratiquant des vertus, ces vierges, spirituellement ignorantes, croyaient que la vie chrétienne consistait en ces pratiques. Nous avons agi d’une façon vertueuse, nous avons fait oeuvre pie, pensaient-elles, sans se soucier si, oui ou non, elles avaient reçu la grâce du Saint-Esprit. De ce genre de vie, basé uniquement sur la pratique des vertus morales, sans un examen minutieux pour savoir si elles nous apportent – et en quelle quantité – la grâce de l’Esprit de Dieu, il a été dit dans les livres patristiques : « Certaines voies qui paraissent bonnes au début conduisent à l’abîme infernal » (Proverbes 14, 12).

En parlant de ces vierges, Antoine le Grand dit dans ses Épîtres aux Moines : « Beaucoup de moines et de vierges ignorent complètement la différence qui existe entre les trois volontés agissant à l’intérieur de l’homme. La première est la volonté de Dieu, parfaite et salvatrice ; la deuxième – notre volonté propre, humaine, qui, en soi, n’est ni néfaste ni salvatrice ; tandis que la troisième – diabolique – est tout à fait néfaste. C’est cette troisième volonté ennemie qui oblige l’homme soit à ne pas pratiquer la vertu du tout, soit à la pratiquer par vanité, ou uniquement pour le « bien », et non pour le Christ. La deuxième, notre volonté propre, nous incite à satisfaire nos mauvais instincts ou, comme celle de l’ennemi, nous apprend à faire le « bien » au nom du bien, sans se soucier de la grâce qu’on peut acquérir. Quant à la troisième volonté, celle de Dieu, salvatrice, elle consiste à nous apprendre à faire le bien uniquement dans le but d’acquérir le Saint-Esprit, trésor éternel, inépuisable, que rien au monde n’est digne d’égaler. »

C’est justement la grâce du Saint-Esprit symbolisée par l’huile, qui faisait défaut aux vierges folles. Elles sont appelées « folles » parce qu’elles ne se souciaient pas du fruit indispensable de la vertu qui est la grâce de l’Esprit-Saint sans laquelle personne ne peut être sauvé, car « toute âme est vivifiée par le Saint-Esprit afin d’être illuminée par le mystère sacré de l’Unité Trinitaire » (Antienne avant l’Évangile des matines). Le Saint-Esprit lui-même vient habiter nos âmes, et cette résidence en nous du Tout-Puissant, la coexistence en nous de son Unité Trinitaire avec notre esprit ne nous est donnée qu’à condition de travailler par tous les moyens en notre pouvoir à l’obtention de cet Esprit-Saint qui prépare en nous un lieu digne de cette rencontre, selon la parole immuable de Dieu : « Je viendrai et j’habiterai en eux, et je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (Apocalypse 3, 20 ; Jean 14, 23). C’est cela, l’huile que les vierges sages avaient dans leurs lampes, huile capable de brûler longtemps, haut et clair, permettant d’attendre l’arrivée, à minuit, de l’Époux et d’entrer, avec lui, dans la chambre nuptiale de la joie éternelle.

Quant aux vierges folles, voyant que leurs lampes risquaient de s’éteindre, elles allèrent au marché, mais n’eurent pas le temps de revenir avant la fermeture de la porte. Le marché – c’est notre vie. La porte de la chambre nuptiale, fermée et interdisant l’accès à l’Époux – c’est notre mort humaine ; les vierges – sages et folles – sont des âmes chrétiennes. L’huile ne symbolise pas nos actions, mais la grâce par l’entremise de laquelle le Saint-Esprit emplit notre être, transformant ceci en cela : le corruptible en l’incorruptible, la mort psychique en vie spirituelle, les ténèbres en lumière, l’étable où sont enchaînées, comme des bêtes, nos passions, en temple de Dieu, en chambre nuptiale où nous rencontrons Notre Seigneur, Créateur et Sauveur, Époux de nos âmes. Grande est la compassion que Dieu a pour notre malheur, c’est-à-dire pour notre négligence envers sa sollicitude. Il dit : Je suis à la porte et je frappe… » (Apocalypse 3,20), entendant par « porte » le courant de notre vie pas encore arrêté par la mort.

La prière

Oh ! que j’aimerais, ami de Dieu, qu’en cette vie vous soyez toujours en l’Esprit-Saint. « Je vous jugerai dans l’état dans lequel je vous trouverai » dit le Seigneur (Matthieu 24, 42 ; Marc 13, 33-37 ; Luc 19, 12 et suivants). Malheur, grand malheur s’il nous trouve appesantis par les soucis et les peines terrestres, car qui peut endurer son courroux et qui peut lui résister ? C’est pourquoi il a été dit : « Veillez et priez pour ne pas être induit en tentation » (Matthieu 26, 41), autrement parlant pour ne pas être privé de l’Esprit de Dieu, car les veilles et la prière nous donnent sa grâce.

Il est certain que toute bonne action faite au Nom du Christ confère la grâce du Saint-Esprit, mais la prière plus que toute autre chose, étant toujours à notre disposition. Vous auriez, par exemple, envie d’aller à l’église, mais l’église est loin, ou l’office est terminé ; vous auriez envie de faire l’aumône, mais vous ne voyez pas de pauvre, ou vous n’avez pas de monnaie ; vous voudriez rester vierge, mais vous n’avez pas assez de force pour cela, à cause de votre constitution ou à cause des embûches de l’ennemi auxquelles la faiblesse de votre chair humaine ne vous permet pas de résister ; vous voudriez peut-être trouver une autre bonne action à faire au Nom du Christ, mais vous n’avez pas assez de force pour cela, ou l’occasion ne se présente pas. Quant à la prière, rien de tout cela ne l’affecte : chacun a toujours la possibilité de prier, le riche comme le pauvre, le notable comme l’homme du commun, le fort comme le faible, le bien portant comme le malade, le vertueux comme le pécheur.

On peut juger de la puissance de la prière, même pécheresse, sortant d’un coeur sincère, par l’exemple suivant rapporté par la Sainte Tradition : à la demande d’une malheureuse mère qui venait de perdre son fils unique, une courtisane qu’elle rencontra sur son chemin, touchée par le désespoir maternel, osa crier vers le Seigneur, toute souillée qu’elle était encore par son péché : « Non à cause de moi, horrible pécheresse, mais à cause des larmes de cette mère pleurant son fils tout en croyant fermement en ta miséricorde et en ta Toute-Puissance, ressuscite-le, Seigneur ! » Et le Seigneur le ressuscita (cf. Luc 7, 11-15).

Telle, ami de Dieu, est la puissance de la prière. Plus que toute autre chose elle nous donne la grâce de l’Esprit de Dieu et plus que tout elle est toujours à notre portée. Bienheureux serons-nous lorsque Dieu nous trouvera veillants, dans la plénitude des dons de son Esprit-Saint. Nous pourrons alors espérer être ravis sur les nuées à la rencontre de Notre Seigneur venant dans les airs revêtu de puissance et de gloire juger les vivants et les morts et donner à chacun son dû. […]

Voir Dieu

– Père, lui dis-je, vous parlez toujours de l’acquisition de la grâce du Saint-Esprit comme le but de la vie chrétienne. Mais comment puis-je la reconnaître ? Les bonnes actions sont visibles. Mais l’Esprit-Saint peut-il être vu ? Comment puis-je savoir si, oui ou non, il est en moi ?

– A l’époque où nous vivons, répondit le starets, on est parvenu à une telle tiédeur dans la foi, à une telle insensibilité à l’égard de la communion avec Dieu, qu’on s’est éloigné presque totalement de la vraie vie chrétienne. Des passages de l’Écriture sainte nous paraissent étranges aujourd’hui, par exemple quand l’Esprit-Saint, par la bouche de Moïse, dit  » Adam voyait Dieu se promenant au paradis  » (Genèse 3, 8), ou quand nous lisons chez l’Apôtre Paul qu’il a été empêché par l’Esprit-Saint d’annoncer la parole en Asie, mais que l’Esprit l’accompagna lorsqu’il se rendit en Macédoine (Actes 16, 6-9). Dans beaucoup d’autres passages de l’Écriture Sainte il est, à maintes reprises, question de l’apparition de Dieu aux hommes. […]

L’action du Saint-Esprit et celle du Malin

Je dois encore, moi, misérable Séraphim, vous expliquer, ami de Dieu, en quoi consiste la différence entre l’action du Saint-Esprit prenant mystérieusement possession des coeurs de ceux qui croient en notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ et l’action ténébreuse du péché qui vient en nous comme un voleur, à l’instigation du Démon.

Le Saint-Esprit nous remet en mémoire les paroles du Christ et travaille de concert avec lui, guidant nos pas, solennellement et joyeusement, dans la voie de la paix. Tandis que les agissements de l’esprit diabolique, opposé au Christ, nous incitent à la révolte et nous rendent esclaves de la luxure, de la vanité et de l’orgueil.

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi ne mourra jamais » (Jean 6, 47). Celui qui par sa foi au Christ est en possession de l’Esprit-Saint, même ayant commis par faiblesse humaine un quelconque péché causant la mort de son âme, ne mourra pas pour toujours, mais sera ressuscité par la grâce de Notre Seigneur Jésus Christ qui a pris sur lui les péchés du monde et qui donne gratuitement grâce sur grâce.

C’est en parlant de cette grâce manifestée au monde entier et à notre genre humain par le Dieu-Homme que l’Évangile dit : « De tout être il était la vie, et la vie était la lumière des hommes » et ajoute : « La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres n’ont pu l’atteindre » (Jean 1, 4-5). Ce qui veut dire que la grâce du Saint-Esprit reçue au baptême au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, malgré les chutes peccamineuses, malgré les ténèbres entourant notre âme, continue à luire dans notre coeur de son éternelle lumière divine à cause des inestimables mérites du Christ. Face à un pécheur endurci, cette lumière du Christ dit au Père : « Abba, Père, que ta colère ne s’enflamme pas contre cet endurcissement. » Et ensuite, quand le pécheur se sera tourné vers le repentir, elle effacera complètement les traces des crimes commis, revêtant l’ancien pécheur d’un vêtement d’incorruptibilité tissé de la grâce de cet Esprit-Saint de l’acquisition duquel tout le temps je vous parle.

La grâce du Saint-Esprit est Lumière

Encore il faut que je vous dise, afin que vous compreniez mieux ce qu’il faut entendre par la grâce divine, comment on peut la reconnaître, comment elle se manifeste chez les hommes qu’elle éclaire : La grâce du Saint-Esprit est Lumière.

Toute l’Écriture sainte en parle. David, l’ancêtre du Dieu-Homme, a dit : « Une lampe sous mes pieds, ta parole, une lumière sur ma route » (Psaume 118, 105). En d’autres termes, la grâce du Saint-Esprit que la loi révèle sous la forme des commandements divins est mon luminaire et ma lumière, et si ce n’était cette grâce du Saint-Esprit « qu’avec tant de peine je m’efforce d’acquérir, m’enquêtant sept fois par jour de sa vérité » (Psaume 118, 164) comment parmi les nombreux soucis inhérents à mon rang royal pourrais-je trouver en moi une seule étincelle de lumière pour m’éclairer sur le chemin de la vie enténébrée par la haine de mes ennemis ? »

En effet, le Seigneur a souvent montré, en présence de nombreux témoins, l’action de la grâce du Saint-Esprit sur des hommes qu’il avait éclairés et enseignés par de grandioses manifestations. Rappelez-vous Moïse après son entretien avec Dieu sur le Mont Sinaï (Ex 34,30-35). Les hommes ne pouvaient pas le regarder, tellement son visage brillait d’une lumière extraordinaire. il était même obligé de se montrer au peuple la face recouverte d’un voile. Rappelez-vous la Transfiguration du Seigneur sur le Thabor : « Il fut transfiguré devant eux et ses vêtements devinrent blancs comme neige… et ses disciples effrayés tombèrent la face contre terre. » Lorsque Moïse et Élie apparurent revêtus de la même lumière « un nuage les recouvrit afin qu’ils ne soient pas aveuglés » (Matthieu 17, 1-8 ; Marc 9, 2-8 ; Luc 9, 28-37). C’est ainsi que la grâce du Saint-Esprit de Dieu apparaît dans une lumière ineffable à ceux à qui Dieu manifeste son action.

Présence du Saint-Esprit

– Comment alors, demandai-je au Père Séraphim, pourrais-je reconnaître en moi la présence de la grâce du Saint-Esprit ? »

– C’est fort simple, répondit-il. Dieu dit : « Tout est simple pour celui qui acquiert la Sagesse » (Proverbes 14, 6). Notre malheur, c’est que nous ne la recherchons pas, cette Sagesse divine qui, n’étant pas de ce monde, n’est pas présomptueuse. Pleine d’amour pour Dieu et pour le prochain, elle façonne l’homme pour son salut. C’est en parlant de cette Sagesse que le Seigneur a dit : « Dieu veut que tous soient sauvés et parviennent à la Sagesse de la vérité » (1 Timothée 2, 4). A ses Apôtres qui manquaient de cette Sagesse, il dit « Combien vous manquez de Sagesse ! N’avez-vous pas lu les Écritures ? » (Luc 24, 25-27). Et l’Évangile dit qu’il « leur ouvrit l’intelligence afin qu’ils puissent comprendre les Écritures ». Ayant acquis cette Sagesse, les Apôtres savaient toujours si, oui ou non, l’Esprit de Dieu était avec eux et, remplis de cet Esprit, affirmaient que leur oeuvre était sainte et agréable à Dieu. C’est pourquoi, dans leurs Épîtres, ils pouvaient écrire : « Il a plu au Saint-Esprit et à nous… » (Actes 15, 28), et c’est seulement persuadés qu’ils étaient de sa présence sensible, qu’ils envoyaient leurs messages. Alors, ami de Dieu, vous voyez comme c’est simple ?

Je répondis :

– Quand même, je ne comprends pas comment je peux être absolument sûr de me trouver dans l’Esprit-Saint ? Comment puis-je moi-même déceler en moi sa manifestation ?  »

Le Père Séraphim répondit :

– Je vous ai déjà dit que c’était très simple et je vous ai expliqué en détail comment les hommes se trouvaient dans l’Esprit-Saint et comment il fallait comprendre sa manifestation en nous… Que vous faut-il encore ?

– Il me faut, répondis-je, le comprendre vraiment bien…

La lumière incréée

Alors le Père Séraphim me prit par les épaules et les serrant très fort dit :

– Nous sommes tous les deux, toi et moi, en la plénitude de l’Esprit-Saint. Pourquoi ne me regardes-tu pas ?

– Je ne peux pas, Père, vous regarder. Des foudres jaillissent de vos yeux. Votre visage est devenu plus lumineux que le soleil. J’ai mal aux yeux…

Le Père Séraphim dit :

– N’ayez pas peur, ami de Dieu. Vous êtes devenu aussi lumineux que moi. Vous aussi vous êtes à présent dans la plénitude du Saint-Esprit, autrement vous n’auriez pas pu me voir.

Inclinant sa tête vers moi, il me dit à l’oreille :

– Remerciez le Seigneur de nous avoir accordé cette grâce indicible. Vous avez vu – je n’ai même pas fait le signe de la croix. Dans mon coeur, en pensée seulement, j’ai prié « Seigneur, rends-le digne de voir clairement, avec les yeux de la chair, la descente de l’Esprit-Saint, comme à tes serviteurs élus lorsque tu daignas leur apparaître dans la magnificence de ta gloire ! » Et immédiatement Dieu exauça l’humble prière du misérable Séraphim. Comment ne pas le remercier pour ce don extraordinaire qu’à tous les deux il nous accorde ? Ce n’est même pas toujours aux grands ermites que Dieu manifeste ainsi Sa grâce. Comme une mère aimante, cette grâce a daigné consoler votre coeur désolé, à la prière de la Mère de Dieu elle-même… Mais pourquoi même regardez-vous pas dans les yeux ? Osez me regarder sans crainte ; Dieu est avec nous.

Après ces paroles, je levai les yeux sur son visage et une peur plus grande encore s’empara de moi. Imaginez-vous au milieu du soleil, dans l’éclat le plus fort de ses rayons de midi, le visage d’un homme qui vous parle. Vous voyez le mouvement de ses lèvres, l’expression changeante de ses yeux, vous entendez le son de sa voix, vous sentez la pression de ses mains sur vos épaules, mais en même temps vous n’apercevez ni ses mains, ni son corps, ni le vôtre, rien qu’une étincelante lumière se propageant tout autour, à une distance de plusieurs mètres, éclairant la neige qui recouvrait la prairie et tombait sur le grand starets et sur moi-même. Peut-on se représenter la situation dans laquelle je me trouvais alors ?

– Que sentez-vous maintenant ? demanda le Père Séraphim.

– Je me sens extraordinairement bien.

– Comment « bien » ? Que voulez-vous dire par « bien » ?

– Mon âme est remplie d’un silence et d’une paix inexprimables.

– C’est là, ami de Dieu, cette paix dont le Seigneur parlait lorsqu’il disait à ses disciples : « Je vous donne ma paix, non comme le monde la donne. C’est moi qui vous la donne. Si vous étiez de ce monde, ce monde vous aimerait. Mais je vous ai élus et le monde vous hait. Soyez sans crainte pourtant, car j’ai vaincu le monde » (Jean 14, 27 ; 15, 19 ; 16, 33). C’est à ces hommes, élus par Dieu mais haïs par le monde, que Dieu donne la paix que vous ressentez à présent, « cette paix, dit l’Apôtre, qui dépasse tout entendement » (Philippiens 4, 7). L’Apôtre l’appelle ainsi parce qu’aucune parole ne peut exprimer le bien-être spirituel qu’elle fait naître dans les coeurs des hommes où le Seigneur l’implante. Lui-même l’appelle sa paix (Jean 14, 27). Fruit de la générosité du Christ et non de ce monde, aucun bonheur terrestre ne peut la donner. Envoyée d’en-haut par Dieu lui-même, elle est la Paix de Dieu… Que sentez-vous encore ?

– Une douceur extraordinaire.

– C’est la douceur dont parlent les Écritures. « Ils boiront le breuvage de ta maison et tu les désaltéreras par les torrent de ta douceur » (Psaume 35, 9). Elle déborde de notre coeur, s’écoule dans nos veines, procure une sensation de délice inexprimable… Que sentez-vous encore ?

– Une joie extraordinaire dans tout mon coeur.

– Quand le Saint-Esprit descend sur l’homme avec la plénitude de ses dons, l’âme humaine est remplie d’une joie indescriptible, le Saint-Esprit recréant dans la joie tout ce qu’il effleure. C’est de cette joie que le Seigneur parle dans l’Évangile lorsqu’il dit : « Une femme qui enfante est dans la douleur, son heure étant venue. Mais ayant mis un enfant au monde, elle ne se souvient plus de la douleur, tellement sa joie est grande. Vous aussi, vous aurez à souffrir dans ce monde, mais quand je vous visiterai vos coeurs seront dans la joie, personne ne pourra vous la ravir » (Jean 16, 21-22).

Toute grande et consolante qu’elle soit, la joie que vous ressentez en ce moment, n’est rien en comparaison de celle dont le Seigneur a dit, par l’entremise de son Apôtre : « La joie que Dieu réserve à ceux qui l’aiment est au-delà de tout ce qui peut être vu, entendu et ressenti par le coeur de l’homme en ce monde  » (1 Corinthiens 2, 9). Ce qui nous est accordé à présent n’est qu’un acompte de cette joie suprême. Et si, dès maintenant, nous ressentons douceur, jubilation et bien-être, que dire de cette autre joie qui nous est réservée au ciel, après avoir, ici-bas, pleuré ? Vous avez déjà assez pleuré dans votre vie et voyez quelle consolation dans la joie le Seigneur, dès ici-bas, vous donne. C’est à nous maintenant, ami de Dieu, d’œuvrer de toutes nos forces pour monter de gloire en gloire et à « constituer cet Homme parfait, dans la force de l’âge, qui réalise la plénitude du Christ » (Éphésiens 4, 13). « Ceux qui espèrent dans le Seigneur renouvellent leurs forces, il leur vient des ailes comme aux aigles, ils courent sans lassitude et marchent sans fatigue » (Isaïe 40, 31). « Ils marcheront de hauteur en hauteur et Dieu leur apparaîtra dans Sion » (Psaume 83, 8). C’est alors que notre joie actuelle, petite et brève, se manifestera dans toute sa plénitude et personne ne pourra nous la ravir, remplis que nous serons d’indicibles voluptés célestes… Que ressentez-vous encore, ami de Dieu ?

– Une chaleur extraordinaire.

– Comment, une chaleur ? Ne sommes-nous pas dans la forêt, en plein hiver ? La neige est sous nos pieds, nous en sommes couverts, et elle continue de tomber… De quelle chaleur s’agit-il ?

– D’une chaleur comparable à celle d’un bain de vapeur.

– Et l’odeur est-elle comme au bain ?

– Oh non ! Rien sur terre ne peut se comparer à ce parfum. Du temps où ma mère vivait encore j’aimais danser et quand j’allais au bal, elle m’aspergeait de parfums qu’elle achetait dans les meilleurs magasins de Kazan et payait fort cher. Leur odeur n’était pas comparable à ces aromates.

Le Père Séraphim sourit.

– Je le sais, mon ami, aussi bien que vous, et c’est exprès que je vous questionne. C’est bien vrai – aucun parfum terrestre ne peut être comparé à la bonne odeur que nous respirons en ce moment – la bonne odeur du Saint-Esprit. Qu’est-ce qui peut, sur terre, lui être semblable ? Vous avez dit tout à l’heure qu’il faisait chaud, comme au bain. Mais regardez, la neige dont nous sommes couverts, vous et moi, ne fond pas, ainsi que celle qui est sous nos pieds. La chaleur n’est donc pas dans l’air, mais à l’intérieur de nous-mêmes. Elle est cette chaleur que l’Esprit-Saint nous fait demander dans la prière : « Que ton Saint-Esprit nous réchauffe ! » Cette chaleur permettait aux ermites, hommes et femmes, de ne pas craindre le froid de l’hiver, enveloppés qu’ils étaient, comme dans un manteau de fourrure, dans un vêtement tissé par l’Esprit-Saint.

C’est ainsi qu’en réalité cela devrait être, la grâce divine habitant au plus profond de nous, dans notre coeur. Le Seigneur a dit « Le Royaume des Cieux est au-dedans de vous » (Luc 17, 21). Par le Royaume des Cieux, il entend la grâce du Saint-Esprit. Ce Royaume de Dieu est en nous maintenant. Le Saint-Esprit nous illumine et nous réchauffe. Il emplit l’air ambiant de parfums variés, réjouit nos sens et abreuve nos coeurs d’une joie indicible. Notre état actuel est semblable à celui dont parle l’Apôtre Paul « Le Royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par l’Esprit-Saint » (Romains 14, 17). Notre foi ne se base pas sur des paroles de sagesse terrestre, mais sur la manifestation de la puissance de l’Esprit. C’est l’état dans lequel nous sommes actuellement et que le Seigneur avait en vue lorsqu’il disait : « Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici présents ne mourront point qu’ils n’aient vu le Royaume de Dieu venir avec puissance » (Marc 9, 1).

Voilà, ami de Dieu, quelle joie incomparable le Seigneur a daigné nous accorder. Voilà ce que c’est que d’être « en la plénitude de l’Esprit-Saint. » C’est cela qu’entend saint Macaire d’Égypte lorsqu’il écrit : « Je fus moi-même dans la plénitude de l’Esprit-Saint. » Humbles que nous sommes, le Seigneur nous a aussi remplis de la plénitude de son Esprit. Il me semble qu’à partir de maintenant vous n’aurez plus à m’interroger sur la façon dont se manifeste dans l’homme la présence de la grâce de l’Esprit-Saint.

Diffusion du message

Cette manifestation restera-t-elle gravée pour toujours dans votre mémoire ?

– Je ne sais, Père, si Dieu me rendra digne de me la rappeler toujours, avec autant de netteté que maintenant.

– Et moi, répondit le starets, j’estime qu’au contraire Dieu vous aidera à garder toutes ces choses à jamais dans votre mémoire. Autrement il n’aurait pas été aussi rapidement touché par l’humble prière du misérable Séraphim et n’aurait pas exaucé aussi vite son désir. D’autant plus que ce n’est pas à vous seul qu’il a été donné de voir la manifestation de cette grâce, mais par votre entremise au monde entier. Affermi vous-même, vous serez utile à d’autres.

Extrait de l’Entretien avec Motovilov, dans Irina Goraïnoff, Séraphim de Sarov, Éditions Abbaye de Bellefontaine et Desclée de Brouwer, 1995.

Antiques stichères grecs de l’Epiphanie

Charlemagne ayant ouï des moines grecs à sa cour chanter l’office de l’Epiphanie, et en ayant été ébloui, l’empereur ordonna la traduction en latin de ces stichères, dont voici le chant. Si celui-ci appartient bien au VIIème ton grégorien, sa tournure quasi syllabique le rapproche bien en effet des tons stichéariques en usage dans l’Eglise grecque encore de nos jours.

A ma connaissance, l’office byzantin ne connaît plus ces strophes par suite de couches hymnographiques postérieures qui les ont sans doute fait disparaître. Probablement, elles appartenaient à l’office asmatique de la Grande Eglise de Constantinople, lequel a quasiment disparu sous les traditions venues du monachisme palestinien, lors des réformes studites & sabbaïtes. Comme le chant grec a connu aussi plusieurs réformes au cours de son histoire, ces antiennes latines sont vraisemblablement un très intéressant témoin de son état avant l’an mille.

Ces stichères servirent longtemps d’antiennes pour l’office latin au jour octave de l’Epiphanie, mais ces antiennes furent curieusement supprimées du bréviaire romain de saint Pie V de 1570, ce qui est plutôt étonnant quand on connait le côté très conservateur de ce bréviaire.

Stichères grecs de l
Stichères grecs de l
Stichères grecs de l
Stichères grecs de l

Traduction :

Le Sauveur, voulant rénover le vieil homme, vient au baptême, afin de renouveler par l’eau la nature corrompue ; il nous revêt d’un vêtement incorruptible.

Vous qui, par l’Esprit et par le feu, purifiez l’humaine contagion, Dieu et Rédempteur, tous nous vous glorifions.

Le Baptiste a tremblé et n’osa toucher la tête sainte de son Dieu ; mais il s’écrie avec crainte  : Sanctifiez-moi, ô Sauveur !

Le Sauveur a brisé la tête du dragon dans le fleuve du Jourdain, et nous a tous arrachés à son pouvoir.

L’aiguillon du péché est écrasé aujourd’hui par le baptême du Seigneur, et la régénération nous est donnée.

L’eau brûle aujourd’hui les péchés, le Libérateur est apparu, et tous louent la belle œuvre de sa divinité.

Un grand mystère est déclaré aujourd’hui, car le Créateur de tout lave nos crimes dans le Jourdain.

Jean le Précurseur exulte avec le Jourdain ; en baptizant le Seigneur, la joie est faite sur terre, la rémission est faite de nos péchés par la sanctification des eaux : crions lui tous : ayez pitié de nous.

Epiphanie (Fête de l’)

L

Fête célébrée le 6 janvier qui prolonge le cycle de l’Incarnation, lequel est commencé par l’Avent, exalté dans la solennité de Noël et achevé à la Purification.

ORIGINE – Le nom grec d’Epiphanie (qui signifie : apparition, manifestation, en particulier, apparition de la lumière du jour, secours apporté par des êtres divins, manifestation de la puissance d’un souverain) montre assez que l’origine de cette fête doit être cherchée en Orient.

Chez les auteurs et liturgies latins, on emploie la dénomination grecque, ou bien on la traduit par festivitas declarationis (saint Léon le Grand), ou manifestatio (saint Fulgence d’Algesiras) ou apparitio.

Comme en témoigne saint Epiphane pour Alexandrie et d’autres lieux, il s’agissait à l’origine de substituer – par une fête en l’honneur de la manifestation du Christ – des cérémonies païennes en l’honneur du soleil.

HISTOIRE – Cette fête est une des plus ancienne de l’année liturgique. Son origine est a rechercher en Orient et sans doute à Alexandrie. Les actes du martyre de saint Philippe, évêque d’Héraclée mort en 304, parlent de l’Epiphanie comme d’une grande fête, & de celles qui nous ont appelés à la foi.

En Orient, ce fut d’abord une fête de la naissance du Christ. Saint Clément d’Alexandrie affirme ainsi que les chrétiens regardent le 6 janvier comme le jour de la naissance du Sauveur, tandis que les hérétiques Basilidiens croient qu’il est né le 10 janvier.

Puis, au IVème siècle, il advint que par suite d’influences réciproques entre les diverses Eglises d’Orient et d’Occident, la fête du 25 décembre (d’origine romaine) s’acclimata en Orient entre 380 et 430, et la fête du 6 janvier fut reçue en Occident, d’abord en Gaule puis en Espagne et enfin à Rome.

Dès lors, le caractère de chacune des deux fêtes se fixa définitivement : Noël célèbre la naissance charnelle du Sauveur, l’Epiphanie sa manifestation glorieuse à tous les hommes.

On commémora donc le 6 janvier les trois grandes Epiphanies-manifestation du Christ-Dieu :

  • L’adoration des Mages venus de l’Orient et reconnaissant le Messie,
  • le baptême du Christ au Jourdain, où la voix du Père se fait entendre et où l’Esprit Saint descend sur les eaux,
  • le premier miracle aux noces de Cana en Galilée.
  • Si la mention de ces trois manifestations figurent toujours en ce jour dans les différents textes liturgiques d’Orient et d’Occident, en Occident, l’accent mis par la ferveur populaire se porta surtout sur l’adoration des Mages, et à l’inverse en Orient sur le baptême dans le Jourdain.

    Notons ainsi pour le rit romain que :

  • les matines du 6 janvier parlent surtout du baptême du Seigneur,
  • les antiennes des laudes, des petites heures et des vêpres, les textes de la messe parlent surtout de l’adoration des mages,
  • l’hymne Hostis Herodes impie, les grandes antiennes de Magnificat et de Benedictus parlent des trois manifestations,
  • l’évangile de l’adoration des mages est lu le 6 janvier, celui du baptême du Christ au Jourdain le jour octave (13 janvier), celui des noces de Cana le Second Dimanche après l’Epiphanie.
  • Le continuateur la Chronique latine de Guillaume de Nangis, pour l’an 1375, dit qu’autrefois les rois de France, à l’exemple des Mages, allaient à l’offrande & présentaient à l’autel de l’or, de la myrrhe et de l’encens.

    REGLES LITURGIQUES – I. Quatrième des cinq grandes fêtes de l’année liturgique nommées « Fêtes cardinales » (après Pâques, Noël et la Pentecôte et avant l’Ascension), elle n’est pourtant plus jour férié en France, où la solennité externe en est de ce fait obligatoirement transférée au dimanche suivant.

    II. La couleur liturgique est le blanc au rit romain. Dans les traditions diocésaines françaises, on usait souvent en ce jour du jaune (à distinguer du drap d’or) qui rappelait l’offrande des mages.

    III. La préface est propre à la fête de l’Epiphanie (et à son octave) :

    Vere dignum et justum est…
    quia cum Unigenitus tuus in subtantia nostræ mortalitais apparuit, nova nos immortalitatis suæ luce reparavit.
    Et ideo…

    Vraiment, il est digne et juste…
    de ce que votre Unique engendré, apparaissant dans la substance de notre mortalité, nous a réparés par cette nouvelle lumière de son immortelle splendeur.
    Et donc…

    IV. Le jour de la fête, l’office des matines possède une particularité remarquable : il ne possède pas d’invitatoire ni d’hymne, mais le psaume 94 (qui constitue l’invitatoire ordinaire le restant de l’année) est chanté avec reprises de l’antienne à la manière antique au cours du 3ème nocturne.
    Autrefois, dans les diocèses français, on chantait à la fin des matines l’évangile de la Généalogie du Christ selon saint Luc (faisant ainsi pendant au chant de la généalogie du Christ selon saint Matthieu à la fin des matines de Noël).
    On regrettera la désaffection générale de ce noble et antique office tandis que la célébration de l’office nocturne est encore très populaire dans les différents rits orientaux et il y a peu dans le rit ambrosien.

    V. Dans les cathédrales (et les églises principales par extension), l’archidiacre chante le Noveritis (Voyez Publication de la date de Pâques).

    VI. « L’aliam viam » – Une antique coutume veut qu’aujourd’hui la procession retourne à la sacristie après la messe en empruntant un itinéraire différent de celui du reste de l’année, pour marquer le retour par un autre chemin des mages lorsqu’ils eurent adoré l’Enfant-Dieu, ainsi que le diacre le chante dans l’évangile d’aujourd’hui : « Et responso accepto in somnis, ne redirent ad Herodem, per aliam viam reversi sunt in regionem suam » – « Mais ayant été avertis en songe de ne pas revenir auprès d’Hérode, ils retournèrent dans leur pays par un autre chemin » (Luc II, 12).

    VI. L’Epiphanie est au moins depuis le VIIIème siècle suivie d’une octave (hélas supprimée dans le calendrier de 1962 – en pratique cette suppression est limitée par le fait que le jour octave existe toujours sous le nom de Commémoraison du Baptême du Christ et que les différentes féries répètent la messe du 6 janvier).
    Cette octave avait au Moyen-Age une grande solennité (octave privilégiée de 2e ordre dans le calendrier antérieur, l’octave de Noël était de 3e ordre). On trouve le jour octave chômé en France sous Louis le Débonnaire, comme on le voit dans les Capitulaires de ce Prince rapportés par l’Abbé Ansegise.
    Dans les anciens rits romano-francs du Moyen-Age (e.g. Missel de Paris dans l’édition de 1584), chaque jour de cet octave recevait une prose particulière.
    La Messe du dimanche dans l’octave était celle de la Station qui se faisait à Rome au lendemain de la fête sur le mont Célius ; celle du jour octave (13 janvier) est celle de la fête, à l’exception de la collecte, qui, dit le cardinal Schuster, a toute la valeur de l’âge léonien, et de l’évangile du baptême du Christ, qui se lisait autrefois à la synaxe du mercredi après la fête.

    VII. L’Epiphanie a donné son nom au temps ou période liturgique qui la suit jusqu’à la Septuagésime ; d’où le terme : « dimanches après l’Epiphanie ».
    La couleur de tout ce temps est le vert.
    Les dimanches après l’Epiphanie sont au nombre de six. Lorsqu’arrive la Septuagésime, les dimanches qui n’ont pu être célébrés trouvent leur place entre le 23ème et le dernier dimanche après la Pentecôte.

    VIII. Le rituel romain comporte une solennelle bénédiction de l’eau lors de la vigile nocturne de l’Epiphanie, qui rappelle fortement ce qui se pratique dans les rits orientaux. Trois autres bénédictions marquent aussi cette fête :

  • Bénédiction des maisons le jour de l’Epiphanie (cette bénédiction comporte aussi un encensement de la maison),
  • Bénédiction de l’or, de l’encens & de la myrrhe,
  • Bénédiction des craies (avec lesquelles on marque sur le linteau des portes le millésime & les trois initiales des rois mages (lesquelles signifieraient également « Christus Benedicat Mansionem »).
  • Canon de l’Epiphanie

    Dans l’ancien bréviaire parisien, on lisait les dimanches & jours de fêtes à la fin de l’office de prime un Canon tirés des décisions des saints Conciles. Voici celui de l’Epiphanie :

    CANON

    Du IV. Concile d’Orléans, l’an 541, c. 1, & du Concile d’Auxerre, sous S. Aunaire, l’an 578, c. 2.

    Le Concile, guidé par l’inspiration d’un Dieu plein de bonté pour les hommes, a statué que les prêtres célébrassent dans le même temps la sainte Pâque, & qu’on annonçât tous les ans au peuple dans l’Eglise le jour de l’Epiphanie cette fête solennelle… Que les prêtres envoient avant l’Epiphanie des députés à l’évêque pour être informés de sa part du commencement du carême, & pour pouvoir en instruire les fidèles le jour de l’Epiphanie.

    Domine, salvam fac Galliam – Prière pour la France du VIème ton royal

    Arrangements Henri de Villiers.
    Prière pour la France : Domine, salvam fac Galliam du VIème ton royal.
    4 voix mixtes (SATB).
    1 page – Sol Majeur.

    Sous l’Ancien Régime, la prière pour les autorités publiques utilisait le dernier verset du Psaume 19 : Domine, salvum fac Regem, & exaudi nos in die qua invocaverimus te. L’Empire transforma ce verset en Domine, salvum fac imperatorem nostrum Napoleonem, la République en Domine, salvam fac Rem Publicam. Le XXème siècle a chanté également Domine, salvum fac gentem Francorum. Le texte que nous utilisons, Domine, salvam fac Galliam – Seigneur, sauvez la France était déjà en usage au XIXème siècle.

    De tradition, ce verset est chanté le dimanche à la grand’messe à la fin de la communion (uniquement le dimanche à partir du XXème siècle), ainsi qu’aux saluts du Très-Saint Sacrement. Il a été psalmodié sur divers tons, les Vème & VIème tons ayant eu aux XVIIIème & XIXème siècles les plus grandes faveurs. Le VIème ton royal, ici présenté, est très populaire à Saint-Eugène, où il est chanté usuellement aux jours de fête (temps de Noël, de l’Epiphanie & de Pâques, fêtes doubles) ou bien encore lorsque l’antienne de communion – qui dans la pratique précède ce verset – est également du VIème ton.

    On a longtemps pensé que le ton royal était dû au roi Louis XIII, dont on savait les talents de musicien & de compositeur (Louis XIII est mort entouré de ses musiciens qui chantaient les psaumes en motets qu’il avait écrit). J’ai pourtant retrouvé ce ton de psalmodie, que la tradition appelle « ton royal », dans un petit manuel de processions de la Ligue du temps d’Henri III. Il est donc plus ancien à Paris que les tons dits « oratoriens » desquels il se rapproche (avec le changement de corde de récitation à l’hémistiche). Il est possible en tout cas que ce ton fut employé lors de la première procession du vœu de Louis XIII, un manuel de jésuites postérieur de quelques années appelle ainsi ce ton « les grâces du Roi ».

    Le ton royal correspond assez bien au VIème ton du plain-chant ordinaire. Nous le donnons ici avec le fameux faux-bourdon traditionnel de Notre-Dame de Paris. Le rythme de cette prière pour la France s’inspire directement de celui utilisé par Charles Gounod dans sa Messe solennelle de sainte Cécile. D’autres solutions ont été utilisées du XVIIème au XIXème siècle pour la cadence finale.

    Les premières mesures de cette partition :

    Domine salvam fac Galliam sur le VIème ton royal

     

    Dómine, salvam fac Gálliam : *
    Et exáudi nos in die
    qua invocavérimus te. (ter).
    Seigneur, sauve la France,
    Et exauce-nous au jour
    où nous t’invoquerons.

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    Catéchisme sur l’Epiphanie

    L

    Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 6 janvier prochain ?
    Réponse. L’Eglise célèbre la Fête de l’Epiphanie, autrement la Fête des Rois.
    Explication. L’Epiphanie est appellée vulgairement en France la Fête des Rois, parce que le peuple croit, sur une ancienne tradition, que les Mages qui vinrent adorer Jésus-Christ étaient Rois. Nous en parlerons plus bas.

    D. Que signifie le mot d’Epiphanie ?
    R. Epiphanie est un mot grec qui signifie manifestation.

    D. Pourquoi cette fête est-elle appelée Epiphanie ou manifestation ?
    R. Parce qu’on y célèbre trois grands mystères qui ont fait connaître la puissance & la gloire du Sauveur.

    D. Quel est le premier de ces mystères ?
    R. C’est l’adoration des Mages & la vocation des Gentils à la Foi.

    D. Qui étaient les Mages ?
    R. Les Mages étaient des savants, qui faisaient une étude particulière de la sagesse.
    Explication. Nous ne savons rien d’assuré sur la qualité des Mages qui vinrent adorer Jésus-Christ. Les uns leur ont donné la qualité de rois, fondés sur une tradition fort ancienne ; d’autres ont même assigné leurs noms, quoique l’antiquité nous les ait laissé ignorer. Ce que nous savons, c’est que c’étaient des philosophes Gentils : on a même lieu de croire, suivant plusieurs interprètes, qu’ils étaient de grands seigneurs. Saint Léon pensait qu’ils étaient au nombre de trois : on en juge par le nombre de présents qu’ils offrirent à Jésus-Christ.

    D. Comment les Mages surent-ils que Jésus-Christ était né ?
    R. Les Mages apprirent la naissance du Sauveur par une étoile mystérieuse qui leur apparut dans l’Orient.
    Explication. Le Messie avait été annoncé par le païen Balaam sous le symbole d’une étoile qui devait naître de Jacob : les Juifs dispersés dans différents empires ne cachaient point qu’ils attendaient le Libérateur promis depuis tant de siècles. Les païens eux-mêmes, au rapport de leurs historiens, dont on peut voir les témoignages dans le Père de Colonia & dans le savant ouvrage de M. Busset sur la Religion prouvée par les auteurs païens, parlaient d’un changement avantageux pour les Juifs, qui devait arriver au temps où le Sauveur naquit. Tout cela pouvait être connu des Mages ; ils étaient d’ailleurs très savants dans la connaissance des astres. L’apparition d’une nouvelle étoile les frappa ; & éclairés d’une lumière intérieure, ils comprirent que cet astre miraculeux annonçait la naissance du grand Roi qu’attendait les Juifs.

    D. Que firent les Mages après l’apparition de l’étoile ?
    R. Les Mages quittèrent leur pays & vinrent à Jérusalem chercher l’Enfant Jésus pour l’adorer.
    Explication. Fidèles à la grâce ; les Mages quittent tout pour chercher celui que l’étoile leur annonce ; ne sachant pas le lieu de sa naissance, ils vinrent à Jérusalem, espérant d’être instruits dans cette capitale de la Judée. Ils s’adressent à Hérode & lui demandent sans détour où est le Roi des Juifs nouveau-né. Ce prince ambitieux & jaloux s’alarme à cette nouvelle, il craint de perdre ses états. Pour se défaire du nouveau roi qu’on lui annonce, il use de fourberie : il recommande aux Mages de s’informer avec soin du lieu où est cet enfant : il leur demande avec un empressement affecté depuis combien de temps ils ont vu paraître l’étoile dont ils parlent : il ajoute qu’il les suivra pour adorer lui-même le roi qui vient de naître : il s’informe en même temps des Docteurs de la Loi quel doit être le lieu de la naissance de ce roi que la Nation attend. L’assurance positive qu’ils lui donnent que le Messie doit naître à Bethléem l’effraye encore davantage. Il se porte dès lors aux résolutions les plus violentes, mais il a grand soin de les tenir secrètes.

    D. Que firent les Mages après avoir quitté Hérode ?
    R. Les Mages se rendirent à Bethléem, adorèrent Jésus-Christ & lui offrirent leurs présents.
    Explication. L’étoile qu’ils avaient vue en Orient leur apparut de nouveau, & ce prodige les combla de la plus vive joie. Elle les conduisit jusqu’à Bethléem, & s’arrêta sur la maison dans laquelle on avait porté le Sauveur, car il n’était plus alors dans la cabane où il était né.

    D. Quels furent les présents que les Mages offrirent à Jésus-Christ ?
    R. Les Mages lui offrirent de l’or, de la myrrhe & de l’encens.

    D. Que signifiait l’or que les Mages offrirent au Sauveur ?
    R. L’or signifiait la royauté de Jésus-Christ.

    D. Que signifiait la myrrhe ?
    R. La myrrhe qui sert à embaumer les corps signifiait que Jésus-Christ était homme & sujet à la mort.

    D. Que signifiait l’encens ?
    R. L’encens marquait que l’Enfant Jésus était Dieu.
    Explication. Les Mages choisirent ce que leur pays produisait de plus rare & de plus riche pour l’offrir au Roi qu’ils venaient adorer. Par là ils marquaient leur extrême respect pour Jésus-Christ, & suivaient d’ailleurs la coutume établie en beaucoup d’endroits de ne point se présenter devant les Princes sans leur faire quelques présents.

    D. Que devinrent les Mages après avoir adoré Jésus-Christ ?
    R. Les Mages retournèrent dans leur pays par un autre chemin.
    Explication. Les Mages se proposaient de retourner à Jérusalem ; mais avertis en songe par un Ange des mauvais desseins d’Hérode contre le Saint Enfant, ils s’en retournèrent par un autre chemin. Plusieurs Eglises, en mémoire de cette circonstance du retour des mages, suivent dans la procession de ce jour une marche contraire à celle des autres jours.

    D. Que devons-nous remarquer de particulier dans cette manifestation du Sauveur aux Mages ?
    R. Nous y devons remarquer la vocation des Gentils à la foi.
    Explication. Les Juifs, spécialement choisis pour être le Peuple de Dieu, s’étaient persuadés que les autres peuples, communément compris sous le nom de Nations ou de Gentils, n’auraient aucune part aux faveurs du Messie. En se faisant connaître aux Mages, qui étaient du nombre des Gentils, le Sauveur montrait qu’il appelait tous les hommes à la lumière de l’Evangile, c’est-à-dire au plus grand de tous les bienfaits ; aussi dans l’Eglise d’Occident cette vocation des Gentils à la Foi dans l’adoration des Mages a été regardée comme l’objet principal de cette fête.

    D. Quel est le second mystère que l’Eglise célèbre en ce jour ?
    R. L’Eglise célèbre la seconde manifestation de Jésus-Christ, qui se fit lorsqu’il se fut baptisé par saint Jean-Baptiste.
    Explication. Lorsque le Sauveur se présenta pour recevoir le baptême de saint Jean, le Saint-Esprit, sous le symbole d’une colombe, se reposa sur sa tête, & fit connaître le Messie à son Précurseur, qui profita de cette circonstance pour le faire connaître lui-même comme fils de Dieu à la multitude qui l’environnait.

    D. Quel est le troisième mystère que l’Eglise célèbre en ce jour ?
    R. C’est la troisième manifestation du Sauveur qui se fit aux noces de Cana, village de Galilée, lorsqu’il changea l’eau en vin.

    D. Quels fruits retirerons-nous de ce catéchisme ?
    R. Trois principaux. 1. Nous abstenir des divertissements profanes auxquels les mauvais chrétiens se livrent en ce jour. 2. Remercier Dieu de nous avoir appelés à la véritable religion. 3. Faire quelques prières pour la conversion des infidèles & des hérétiques, & pour la conservation de la Religion parmi nous.

    Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

    Programme du IInd dimanche après l’Epiphanie

    2nd dimanche après l'Epiphanie - les noces de CanaSaint-Eugène, le dimanche 15 janvier 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

    Le troisième mystère de l’Epiphanie  :
    les noces de Cana.

    Le troisième Mystère de l’Épiphanie nous montre la consommation des plans de la divine miséricorde sur le monde, en même temps qu’il nous manifeste une troisième fois la gloire de l’Emmanuel.

    L’Etoile a conduit l’âme à la foi, l’Eau sanctifiée du Jourdain lui a conféré la pureté, le Festin Nuptial l’unit à son Dieu.

    Nous avons chanté l’Époux sortant radieux au-devant de l’Épouse ; nous l’avons entendu l’appeler des sommets du Liban ; maintenant qu’il l’a éclairée et purifiée, il veut l’enivrer du vin de son amour. »

    Dom Guéranger.

    A la sainte messe :

    L'Epiphanie : les noces de CanaIIndes vêpres du dimanche. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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    Les Noces de Cana

    Programme du XXXème dimanche après la Pentecôte – Dimanche avant la Théophanie – Saint Séraphim de Sarov – ton 5

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 15 janvier 2017 du calendrier grégorien – 2 janvier 2017 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

    Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous entrons aujourd’hui dans les jours d’avant-fête de la Théophanie. En ce jour se célèbre aussi la fête de saint Séraphim de Sarov.

    Né en 19 juillet 1759, Prokhore Mochnine entre à 19 ans comme novice au monastère de Sarov (350 km à l’Est de Moscou), et reçoit, huit ans plus tard, avec son habit de moine, son nouveau nom : Seraphim. Ordonné diacre, puis prêtre, il obtient de l’higoumène de son monastère, en 1790, la permission de se retirer en ermite, dans la forêt.

    Il vécut ainsi, partageant sa vie entre son ermitage et le monastère de Sarov, une ascèse rigoureuse, faite de jeûne, de solitude, d’humilité et de prière, avec comme objectif permanent de se « rapprocher du Christ ». Ses lectures étaient la Bible (il lisait le Nouveau Testament en entier chaque semaine), ainsi que les écrits des Pères de l’Église.

    Dans son immense désir de tout rapporter à Jésus, il avait donné aux environs de son ermitage des noms bibliques. À « Nazareth », il chantait les hymnes « akathistes » à la Vierge ; récitait les offices de sexte et none au « Golgotha » ; lisait l’évangile de la Transfiguration au « Mont Thabor », et entonnait à « Bethléem » le « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». Il vécut même, pendant un temps, la vie des stylites. Ainsi, durant mille jour et nuits, il passait des heures sur un rocher, à prier.

    Un événement, qui faillit lui coûter la vie, illustre bien le caractère du « misérable Seraphim » (ainsi qu’il se définissait lui-même) : en septembre 1804, il fut agressé à son ermitage par trois brigands (issus d’un village voisin) qui voulaient le voler (lui qui ne possédait rien !). N’ayant rien trouvé, ils le battirent et le laissèrent pour mort, avec une fracture du crâne, et plusieurs côtes cassées. Plus tard, les brigands ayant été retrouvés, le père Seraphim qui avait été ramené au monastère s’opposa formellement à ce qu’ils soient châtiés : il avait pardonné. Néanmoins, après cet incident, son higoumène ne l’autorisa plus à retourner à son ermitage, et c’est dans le monastère de Sarov qu’il vécut les années suivantes.

    A partir de 1822 (il avait alors 63 ans), sa renommée se répandit. Il fut alors continuellement assailli de centaines visiteurs, sa sagesse surnaturelle, ses charismes de prescience et les guérisons spectaculaires qu’il accomplissait l’ayant rapidement rendu célèbre.

    Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1833, quoique l’on fût dans le « temps de Noël », on l’entendit chanter les hymnes de Pâques, notamment le tropaire de la résurrection. Ce furent ses dernières paroles. Il fut trouvé mort au petit matin dans sa cellule, agenouillé en prière devant une icône de la Theotokos.

    Le 19 juillet 1903, 70 ans après sa mort, prenant acte de la vénération dont le starets Seraphim était l’objet, « persuadé de l’authenticité des miracles attribués aux prières du starets Seraphim, et rendant grâce à Dieu glorifié dans ses saint », le Saint Synode procéda à sa canonisation. En présence du saint Tsar Nicolas II, d’un clergé abondant et d’une foule immense eut lieu l’office de glorification au cours duquel on chanta le tropaire composé en l’honneur du nouveau saint. Durant la nuit qui suivit, la foule resta sur place, à prier, puis, contrairement à l’usage, les hymnes de Pâques furent entonnés. Il devint un des saints les plus populaires de l’église russe. Il est fêté le 2 janvier, ainsi que le 19 juillet pour la translation de ses reliques.

    La spiritualité de Séraphim, très ancrée dans la Bible et la tradition patristique (en particulier la Philocalie), s’exprime en particulier dans son Entretien avec Motovilov qu’il avait guéri ainsi que dans les Instructions spirituelles qui ont été rassemblées par les moniales de Diveïevo.

    Homme de prière, profondément spirituel, saint Seraphim voyait « au-delà des apparences ». Il est à ce titre (et à d’autres) à rapprocher de son contemporain français, saint Jean-Marie Vianney. Outre de nombreux conseils surnaturels qu’il prodigua à ses innombrables visiteurs, on rapporte que saint Séraphim prophétisa sur la révolution bolchevique (« la vie sera courte, alors, les anges auront à peine le temps de ramasser les âmes… ») mais également sur l’avenir de la France, en raison du grand amour que la Mère de Dieu porte à notre pays.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Kondakion  : du dimanche.
    A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’avant-fête. Kondakion  : du Vénérable Père.

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 5, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de l’avant-fête (œuvre de saint Joseph l’Hymnographe (816 † 886)), & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Vénérable Père :
    1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
    2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
    3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
    4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur  !
    5. Seigneur, affermis nos cœurs en ton amour, * toi qui sur la croix fis disparaître le péché, * et plante la crainte de ton nom ** dans les cœurs de ceux qui te louent.
    6. Le Christ est apparu, disait le Précurseur, * le voici qui marche vers les rives du Jourdain ; * hâtons-nous d’aller à sa rencontre ** pour être illuminés dans la pureté de nos cœurs.
    7. Cherchant la brebis perdue dans les ravins, * tu vêtis ma pauvreté de ta richesse * et te levas pour être baptisé, ** toi l’universelle Rédemption.
    8. Terre et ciel, maintenant dansez de joie, * car le Bienfaiteur universel est baptisé ; * dans les eaux il engloutit la multitude ** de nos immenses péchés.
    9. Ton âme sainte fut pour Dieu * une demeure qu’habita * le Père avec le Fils et l’Esprit saint ; * c’est pourquoi, Vénérable, nous t’en prions : ** éloigne de tes fidèles les assauts de l’ennemi et donne à tes Églises la paix.
    10. Vénérable Séraphim, nous célébrons * tes sublimes exploits au désert, tes labeurs * et la douceur de ton enseignement : * par eux tu as illuminé * les multitudes qui s’approchèrent de toi ** et tu leur enseignas à chanter la consubstantielle Trinité.
    11. Ayant suivi ton Maître le Christ, * bienheureux Père, en la pureté de ta vie, * tu as mené ta course à bonne fin * et dans les demeures éternelles à présent * tu contemples ce que voient les Anges ; c’est pourquoi, ** vénérant ta mémoire, nous magnifions le Christ.
    12. Vers toi je me réfugie, * ô Vierge toute-pure, à présent : * par ton intercession * sauve-moi, garde-moi ; * tout ce que tu veux, tu le peux en effet, ** comme la Mère du Tout-puissant.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Fidèles, chantons et adorons le Verbe * coéternel au Père et à l’Esprit. * Il est né de la Vierge pour notre salut, * il a daigné dans sa chair monter sur la Croix et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
    2. Tropaire de l’avant-fête, ton 4 : Prépare-toi, Zabulon, * & pare-toi, Nephtali ; * fleuve du Jourdain, arrête-toi, * accueille avec allégresse le Maître qui vient se faire baptiser. * réjouis-toi, Adam avec notre première mère * ne vous cachez plus comme jadis au Paradis ; * car celui qui vous avait vus dans votre nudité est apparu, * pour vous revêtir du premier vêtement. * Le Christ est apparu voulant renouveler toute la création.
    3. Tropaire du Vénérable Père, ton 4 : Depuis ta jeunesse tu as aimé le Christ, Bienheureux, * et, désirant avec ardeur ne servir que lui seul, * au désert tu excellas * dans le travail et la prière continue ; * par la tendresse de ton cœur tu as acquis l’amour du Christ * et plus que tous tu as chéri la Mère de Dieu ; * c’est pourquoi nous te chantons : ** que tes prières nous obtiennent le salut, vénérable Père Séraphim.
    4. Kondakion du dimanche, ton 5 : Tu es descendu aux enfers, ô mon Sauveur, * tu as brisé leurs portes, toi le Tout- puissant, * et avec toi tu as ressuscité les morts, ô Créateur ; * tu as brisé l’aiguillon de la mort * et Adam a été délivré de la malédiction, ô Ami des hommes. ** Aussi te clamons-nous : Seigneur, sauve-nous.
    5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    6. Kondakion du Vénérable Père, ton 2 : Ayant délaissé les attraits du monde et tout ce qui se corrompt, * tu as élu demeure au monastère de Sarov * et, par l’angélique vie que tu menas, * pour beaucoup tu fus le chemin vers le salut ; * c’est pourquoi le Christ t’a glorifié en t’accordant * le don des guérisons & des miracles ; * aussi nous te chantons : ** Réjouis-toi, ô notre vénérable Père Séraphim.
    7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    8. Kondakion de l’avant-fête, ton 4 : Se trouvant aujourd’hui dans les flots du Jourdain, * le Seigneur dit à Jean : * Ne crains pas de me baptiser, * je suis venu en effet * sauver Adam le premier Père.

    Prokimen
    De l’avant-fête, ton 6 :
    R/. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
    V/. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi (Psaume 27, 1).
    Du Vénérable Père, ton 7 :
    R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

    Epîtres
    Du dimanche avant la Théophanie : II Timothée (§ 298) IV, 5-8.
    J’ai bien combattu ; j’ai achevé ma course ; j’ai gardé la foi.
    Du Vénérable Père : Galates (§ 213) V, 22 – VI, 2.
    Si nous vivons par l’Esprit, conduisons-nous aussi par l’Esprit.

    Alleluia
    De l’avant-fête, ton 8.
    V/. Que Dieu nous prenne en grâce, et nous comble de ses bénédictions : qu’il répande sur nous la lumière de son visage, et qu’il fasse éclater sur nous sa miséricorde (Psaume 66, 2).
    Du Vénérable Père, ton 6 :
    V/. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).

    Evangiles
    Du dimanche avant la Théophanie : Marc (§ 1) I, 1-8.
    Pour moi, je vous ai baptisés dans l’eau : mais pour lui, il vous baptisera dans le Saint-Esprit.
    Du dimanche avant la Théophanie : Luc (§ 24) VI, 17–23.
    Et tout le peuple tâchait de le toucher, parce qu’il sortait de lui une vertu qui les guérissait tous.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    Du saint : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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    Cantilène de l’évangile de la messe de l’Epiphanie

    Titre de l'évangile de l'Epiphanie

    Chant de l'Evangile de l'Epiphanie
    Chant de l'Evangile de l'Epiphanie
    Chant de l'Evangile de l'Epiphanie

    Livret PDF pour le diacre.

    Texte & traduction :

    V/. Dóminus vobiscum.
    R/. Et cum spíritu tuo.
    V/. Sequéntia Sancti Evangélii secúndum Matthæum.
    R/. Glória tibi, Dómine
    Cum natus esset Jesus in Bethlehem Juda in diébus Heródis regis, ecce, Magi ab Oriénte venérunt Jerosolymam, dicéntes : Ubi est, qui natus est rex Judæórum ? Vídimus enim stellam ejus in Oriénte, et vénimus adoráre eum. Audiens autem Heródes rex, turbátus est, et omnis Jerosólyma cum illo. Et cóngregans omnes príncipes sacerdótum et scribas pópuli, siscitabátur ab eis, ubi Christus nascerétur. At illi dixérunt ei : In Bethlehem Judæ : sic enim scriptum est per Propétam : Et tu, Bethlehem terra Juda, nequáquam mínima es in princípibus Juda ; ex te enim éxiet dux, qui regat pópulum meum Israel. Tunc Heródes, clam vocátis Magis, diligénter dídicit ab eis tempus stellæ, quæ appáruit eis : et mittens illos in Bethlehem, dixit : Ite, et interrogáte diligénter de púero : et cum invenéritis, renuntiáte mihi, ut ego véniens adórem eum. Qui cum audíssent regem, abiérunt.

    Et ecce, stella, quam víderant in Oriénte, antecedébat eos, usque dum véniens staret supra, ubi erat Puer. Vidéntes autem stellam, gavísi sunt gáudio magno valde. Et intrántes domum, invenérunt Púerum cum María Matre ejus, (hic genuflectitur) et procidéntes adoravérunt eum. Et apértis thesáuris suis, obtulérunt ei múnera, aurum, thus et myrrham.

    Et respónso accépto in somnis, ne redírent ab Heródem, per áliam viam revérsi sunt in regiónem suam.


    V/. Le Seigneur soit avec vous.
    R/. Et avec ton esprit.
    V/. Suite du saint Evangile selon Matthieu.
    R/. Gloire à toi, Seigneur.
    Jésus étant né à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem en disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’Orient, et nous sommes venus l’adorer. » Apprenant cela, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et les scribes du peuple, et il leur demanda où devait naître le Messie. Ils lui dirent : « A Bethléem de Judée, car voilà ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas la moindre parmi les cités de Juda ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple. » Alors Hérode convoqua secrètement les mages et il leur fit préciser le temps où l’étoile avait paru ; puis, le envoyant à Bethléem, il dit : « Allez vous informer avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi afin que, moi aussi, j’aille l’adorer. » Après avoir entendu le roi, ils partirent.

    Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’Orient les précédait, pour s’arrêter enfin au-dessus de l’endroit où était l’enfant. En voyant l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Entrant alors dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère, (ici on fléchit le genou) et, se prosternant, ils l’adorèrent. Ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent comme présents, l’or, l’encens et la myrrhe.

    Puis, instruits en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

    Source : Laudes festivæ lectionarium et cantarium – 1940, pp. 56-59.

    Publication de la date de Pâques & de celles des fêtes mobiles de l’année 2017

    La publication de la date de Pâques dans le Pontificale Romanum.

    Dans le rit romain, le jour de l’Epiphanie (dont la solennité est obligatoirement reportée en France au dimanche qui suit – soit le dimanche 8 janvier cette année), le diacre fait selon la tradition la publication de la date de Pâques après le chant de l’évangile.

    RIT ROMAIN

    En voici le chant pour 2017, réalisé par nos soins :

    Noveritis Romanum 2017

    En voici le texte & la traduction pour 2017 :

    Novéritis, fratres caríssimi, quod annuénte Dei misericórdia, sicut de Nativitáte Dómini nostri Jesu Christi gavísi sumus, ita et de Resurrectióne ejúsdem Salvatóris nostri gáudium vobis annuntiámus.

    Vous avez su, Frères très chers, par la miséricorde de Dieu qui nous a été annoncée, que nous avons été comblés par la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi de même nous vous annonçons la joie qui nous sera procurée par la Résurrection de notre même Sauveur.

    Die duodécima Februárii erit Domínica in Septuagésima.

    Le 12 février sera le dimanche de la Septuagésime.
    Prima Mártii dies Cínerum, et inítium jejúnii sacratíssimæ Quadragésimæ. Le 1er mars sera le jour des Cendres et le début du jeûne très sacré du Carême.
    Sexta décima Aprílis sanctum Pascha Dómini nostri Jesu Christi cum gáudio celebríbitis. Le 16 avril sera la sainte Pâque de Notre Seigneur Jésus-Christ, que vous célèbrerez avec joie.
    Quinta vigésima Máii erit Ascénsio Dómini nostri Jesu Christi. Le 25 mai sera l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.
    Quarta Júnii Festum Pentecóstes. Le 4 juin sera la fête de la Pentecôte.
    Quinta décima ejúsdem Festum sacratíssimi Córporis Christi. Le 15 du même mois sera la fête du Très Saint Corps du Christ.
    Tértia Decémbris Domínica prima Advéntus Dómini nostri Jesu Christi, cui est honor et glória, in sæcula sæculórum. Amen.

    Le 3 décembre sera le premier dimanche de l’Avent de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est l’honneur et la gloire, dans les siècles des siècles. Amen.

    Plus de détails sur la Publication de la date de Pâques à l’Epiphanie.

    Livret PDF imprimable à l’attention du clergé.

    RIT PARISIEN

    Voici le chant de l’ancien usage de Paris, pour 2017 :

    Noverit Parisiense 2017

    En voici le texte & la traduction pour 2017 :

    Novérit cáritas vestra, fratres caríssimi, quod, annuénte Dei & Dómini nostri Jesu Christi misericórdia, die sexta décima mensis Aprílis Pascha Dómini celebrábimus.

    Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 16 avril nous célèbrerons la Pâque de Seigneur.

    RIT AMBROSIEN

    Voici le chant pour le rit ambrosien, pour 2017 :

    Noverit Ambrosianum 2017

    En voici le texte & la traduction pour 2017 :

    Novérit cháritas vestra, fratres charíssimi, quod, annuénte Dei & Dómini nostri Jesu Christi misericórdia, die sexta décima, mensis Aprílis, Pascha Dómini cum gáudio celebrábimus. R/. Deo grátias.

    Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 27 mars, nous célèbrerons avec joie la Pâque de Seigneur. R/. Rendons grâces à Dieu.

    Programme de la fête de la Circoncision du Seigneur – octave de Noël

    Circoncision du ChristSaint-Eugène, le dimanche 1er janvier 2017, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

    Le 1er janvier constitue à la fois le jour octave de la fête de la Nativité mais aussi la fête de la Circoncision du Seigneur, puisque – selon la Loi – celle-ci intervient 8 jours après la naissance d’un enfant mâle. Lors de la circoncision, on imposait aussi à l’enfant son nom. Cette fête constitue donc la véritable fête du Saint Nom de Jésus, ainsi que le rappelle ci-contre la planche gravée pour cette fête par Jérôme Nadal, s.j. (1507-1580), ci-contre. L’autre fête du Très-Saint Nom de Jésus, fixée depuis 1911 au dimanche entre la Circoncision & l’Epiphanie – ou au 2 janvier si ce dimanche n’existe pas – n’est qu’un doublon moderne de la fête de la Circoncision.

    Mais parce que la fragilité de la chair et de l’esprit de l’homme l’emporte, par une pente naturelle de cupidité, vers le mal, et l’embarrasse ici-bas dans des vices inextricables, le huitième jour de la circoncision est la figure du temps de la résurrection, et de notre future délivrance de tout péché. C’est en effet le sens des paroles suivantes : « Tout mâle premier-né sera appelé, consacré au Seigneur. » Les termes de la loi expriment la promesse du fruit de la Vierge, fruit vraiment saint, car il est immaculé. Que ce soit là le fruit désigné par la loi, les paroles de l’Ange nous l’assurent : « La chose sainte, dit-il, qui naîtra de vous, sera appelée le Fils de Dieu. »
    Sermon de saint Ambroise, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de la fête de la Circoncision, au second nocturne.

    A la messe :

    IIndes vêpres de Noël. Au salut du Très-Saint Sacrement :

    • Motet d’exposition : Jesu dulcis memoria – hymne du Ier ton du saint Nom de Jésus – texte attribué à saint Bernard de Clairvaux (1099 † 1153)
    • A la Bienheureuse Vierge Marie : Alma Redemptoris Mater – Vème ton
    • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus – VIIème ton
    • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – IIIème ton
    • Chant final, de Noël : Puer natus in Bethleem – Ier ton – rythme du XIIIème & XIVème siècles

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