3 août 1914 – 3 août 2014 : la sainte messe dans la Première Guerre mondiale

Le 3 août 1914, l’Allemagne déclarait la guerre à la France, l’Europe entrait alors dans 4 années d’une terrible boucherie qui décima les croyants dans tous les camps, éliminant la jeunesse vive de milliers de villes & villages, causant la perte d’une part notable des élites chrétiennes européennes. En mémoire de ce funeste centenaire, voici quelques photographies qui témoignent de la foi de ces hommes au milieu de l’horreur du front.

Souvenons-nous.

Requiem æternam dona eis Domine, & lux perpetua luceat eis.

La messe sur le front durant la Grande Guerre
« Car le Seigneur jugera son peuple, et se laissera fléchir aux prières de ses serviteurs. »
Psaume 134, 14.
Photo : La messe sur le front en France pendant la Première Guerre mondiale.

La messe au front pour les troupes françaises - New York Times du 14 février 1915
« J’ai été assiégé par les douleurs de l’enfer ; et les filets de la mort m’ont enveloppé. »
Psaume 17, 6.
Photo : la messe au front pour les troupes françaises – New York Times du 14 février 1915.

1915 - Une messe à la 43e batterie du 29e régiment d'artillerie entre Oostduinkerke et Nieuport
« Je vous aimerai, Seigneur ! vous ma force. Le Seigneur est mon ferme appui, mon refuge, et mon libérateur. »
Psaume 17, 2.
Photo : 1915 – Une messe à la 43e batterie du 29e régiment d’artillerie entre Oostduinkerke et Nieuport.

La sainte messe pour les troupes françaises sur le front de Champagne en 1915 - Collection Odette Carrez
« Mes yeux se sont affaiblis à force d’être attentifs à votre parole, vous disant sans cesse : Quand me consolerez-vous ? »
Psaume 118, 82.
Photo : la sainte messe pour les troupes françaises sur le front de Champagne en 1915 – Collection Odette Carrez.

1915 - le sous-lieutenant Pape (sic !) dit la sainte messe pour le 262ème régiment d'infanterie. Photographie d'Henri Terrier (1887 † 1918). Musée de l'Armée, Paris
« Le Seigneur donnera la force à son peuple : le Seigneur bénira son peuple en lui donnant la paix. »
Psaume 28, 11.
Photo : 1915 – le sous-lieutenant Pape (sic !) dit la sainte messe pour le 262ème régiment d’infanterie. Photographie d’Henri Terrier (1887 † 1918). Musée de l’Armée, Paris.

Des troupes allemandes assistent à la messe dans la cathédrale belge d'Anvers - New York Times du 21 mars 1915
« Vous serez le sujet de mes louanges dans une grande assemblée ; je rendrai mes vœux à Dieu en présence de ceux qui le craignent. »
Psaume 21, 26.
Photo : des troupes allemandes assistent à la messe dans la cathédrale belge d’Anvers – New York Times du 21 mars 1915.png

Des soldats autrichiens reçoivent la bénédiction du Saint-Sacrement en 1915 en Galicie russe
« C’est au Seigneur qu’appartient le salut ; daignez sur votre peuple répandre votre bénédiction. »
Psaume 3, 9.
Photo : des soldats autrichiens reçoivent la bénédiction du Saint-Sacrement en 1915 en Galicie russe. New York Times du 23 mai 1915.

Un prêtre russe célèbre la divine liturgie en 1915 pour les troupes russes - The War Illustrated Album DeLuxe, Vol. 1; Amalgamated Press, London, 1915
« J’invoquerai le Seigneur en le louant : et il me sauvera de mes ennemis. »
Psaume 17, 4.
Photo : un prêtre russe célèbre la divine liturgie en 1915 pour les troupes russes, les soldats ont formé un chœur qui chante la liturgie à côté de l’autel. The War Illustrated Album DeLuxe, Vol. 1; Amalgamated Press, London, 1915.

Un prêtre dit la messe pour les troupes italiennes dans les montagnes du Tyrol - New York Times du 27 février 1916
« J’ai levé mes yeux vers les montagnes d’où viendra mon secours. »
Psaume 120, 1.
Photo : un prêtre dit la messe pour les troupes italiennes sur le front italo-autrichien dans les montagnes du Tyrol – New York Times du 27 février 1916.

1916 - Prestation de serment des soldats du corps expéditionnaire russe au Mont-Athos
« Vos enfants seront appelés le peuple saint, la face rachetée par le Seigneur ; et vous ne serez plus appelée la ville abandonnée, mais la ville recherchée et chérie de Dieu. »
Isaïe 63, 12.
Photo : avril 1916 – Prestation de serment des soldats du corps expéditionnaire russe et vénération d’une icône & de la croix au monastère de Saint-Pantaleimon, Mont-Athos, Grèce. Photographe : Dubray.

Au camp Mirabeau près de Marseille, les hommes du premier régiment de la première brigade russe posent aux côtés de leur drapeau, orné du visage du Christ et frappé de la devise tirée d'Isaïe
« Dieu est avec nous. »
Isaïe 8, 10.
Photo : avril 1916 – au camp Mirabeau près de Marseille, les hommes du premier régiment de la première brigade russe posent aux côtés de leur drapeau, orné du visage du Christ et frappé de la devise tirée d’Isaïe et chantée aux grandes complies byzantines, en particulier le jour de Noël : С нами Бог – Dieu est avec nous.

Avril 1916 - Réunis sur la place d'armes du camp Mirabeau, près de Marseille, les hommes de la première brigade russe reçoivent la bénédiction du Pope avant leur départ pour le front
« Je sais que Dieu est mon Sauveur : j’agirai avec confiance, et je ne craindrai point ; parce que le Seigneur est ma force et ma gloire, et qu’il est devenu mon salut. »
Isaïe 12, 2.
Photo : avril 1916 – réunis sur la place d’armes du camp Mirabeau, près de Marseille, les hommes de la première brigade russe reçoivent la bénédiction du père Okouneff, aumônier du régiment, avant leur départ pour le front.

Réunis sur la place d'armes du camp Mirabeau, près de Marseille, les troupes du deuxième régiment de la première brigade d'infanterie russe fêtent Pâques célébrée par le père Okouneff, aumônier du régiment
« Le Seigneur est devenu le refuge du pauvre ; et il vient à son secours lorsqu’il en a besoin, et qu’il est dans l’affliction. »
Psaume 9, 10.
Photo : avril 1916 – Réunis sur la place d’armes du camp Mirabeau, près de Marseille, les troupes du deuxième régiment de la première brigade d’infanterie russe fêtent Pâques, la divine liturgie étant célébrée par le père Okouneff, aumônier du régiment. Les soldats ont formé un chœur qui chante la liturgie à côté de l’autel.

Voiture-chapelle Renault dédié à sainte Elisabeth, offerte par un homme d'affaire d'Anvers pour servir auprès des troupes belges
« Le sacrifice de louange est celui par lequel l’homme m’honore ; et c’est là la voie par laquelle je lui montrerai le salut de Dieu. »
Psaume 49, 23.
Photo : 1916 – voiture-chapelle Renault dédiée à sainte Elisabeth, offerte par un homme d’affaire d’Anvers pour servir auprès des troupes belges.

Des soldats français assistent à la messe avant d'aller à la bataille - Source = Vive la France - William Heinemann, Londres, 1916
« En ce temps-là l’homme s’abaissera devant celui qui l’a créé, il jettera les yeux sur le Saint d’Israël »
Isaïe 17, 7.
Photo : des soldats français assistent à la messe avant d’aller à la bataille – Source : Vive la France – William Heinemann, Londres, 1916.

La messe dans un hôpital militaire autrichien en 1916
« Ayez pitié de moi, Seigneur ! parce que je suis faible : Seigneur ! guérissez-moi, parce que mes os sont tout ébranlés. »
Psaume 6, 3.
Photo : la messe dans un hôpital militaire autrichien en 1916.

Le RP Doncœur, SJ célébre la messe à son autel dans les carrières de Confrécourt - Soissonnais
« Vous n’aurez plus le soleil pour vous éclairer pendant le jour, et la clarté de la lune ne luira plus sur vous ; mais le Seigneur deviendra lui-même votre lumière éternelle, et votre Dieu sera votre gloire. »
Isaïe 60, 19.
Photo : un prêtre, probablement le fameux R.P. Paul Doncœur, s.j., célèbre la messe à un autel – surnommé l’autel du Père Doncœur – creusé dans la Carrière du 1er Zouave, dans les carrières de Confrécourt dans le Soissonnais. Paul Doncoeur est un jésuite qui devint aumônier militaire en 1914. Il participa aux batailles de la Marne, de l’Aisne, de Champagne et de Verdun. Il fut grièvement blessé dans la Somme. Par la suite, il rejoint ces régiments pour les combats de Reims, des Flandres. Sa bravoure et son dévouement pour assurer une sépulture chrétienne aux soldats morts au champ d’honneur, lui vaudront une renommée immense : sept citations, la croix de guerre, la légion d’honneur. Cet autel fut sculpté par les 35e et 298e régiments d’infanterie en 1914. Il est écrit au dessus une inscription patriotique : « Dieu protège la France ». A droite, un escalier permettait d’accéder directement aux premières lignes.

Messe célébrée pour des prisonniers de guerre autrichiens - Illustrated War News, Vol. 1, Illustrated London News and Sketch, London, 1916
« Dans mon affliction j’ai invoqué le Seigneur, et j’ai poussé mes cris vers mon Dieu. »
Psaume 17, 7.
Photo : messe célébrée pour des prisonniers de guerre autrichiens – Illustrated War News, Vol. 1, Illustrated London News and Sketch, London, 1916.

Un aumônier prêche dans une église française transformée en hôpital
« Mais pour moi, je crie vers vous, Seigneur ! et je me hâte de vous offrir dès le matin ma prière. »
Psaume 87, 14.
Photo : un aumônier prêche dans une église française transformée en hôpital.

Messe dite dans la région de Soissons pour les troupes
« Ce qui m’a consolé dans mon humiliation, c’est que votre parole m’a donné la vie. »
Psaume 118, 50.
Photo : messe dite dans la région de Soissons pour les troupes.

La messe au front
« J’ai connu quel a été votre amour pour moi, en ce que mon ennemi ne se réjouira point sur mon sujet. »
Psaume 40, 12.
Photo : la messe au front.

Des soldats français entendent la messe dite dans une chapelle de tranchées - New York Times du 25 février 1917
« Offrez un sacrifice de justice, et espérez au Seigneur. »
Psaume 4, 6.
Photo : des soldats français entendent la messe dite dans une chapelle de tranchées – New York Times du 25 février 1917.

mars 1917 - M. l'Abbé Louis Lenoir (1882-1917), aumônier militaire au 4e régiment d'infanterie coloniale, célébrant la sainte messe pour ses troupes à Gravena (Macédoine grecque), peu de temps avant sa mort en mai 1917
« Venez, et voyez les œuvres du Seigneur, les prodiges qu’il a fait paraître sur la terre, en faisant cesser les guerres jusqu’au bout de l’univers. Il brisera l’arc, et mettra les armes en pièces ; et il brûlera les boucliers dans le feu. »
Psaume 45, 9.
Photo : mars 1917 – M. l’Abbé Louis Lenoir (1882-1917), aumônier militaire au 4e régiment d’infanterie coloniale, célébrant la sainte messe pour ses troupes à Gravena (Macédoine grecque), peu de temps avant sa mort en mai 1917.

messe sur le front italien en 1917
« Détournez-vous du mal, et faites le bien : recherchez la paix, et poursuivez-la. »
Psaume 33, 15.
Photo : messe sur le front italien en 1917.

Des prisonniers de guerre austro-hongrois assistent à la sainte messe dans un camp de prisonniers de guerre en Italie en 1917
« Tirez mon âme de la prison où elle est, afin que je bénisse votre nom : les justes sont dans l’attente de la justice que vous me rendrez. »
Psaume 141, 8.
Photo: des prisonniers de guerre austro-hongrois assistent à la sainte messe dans un camp de prisonniers de guerre en Italie en 1917. British Library.

Abbé Even, aumônier de la 51ème division, casque militaire
« Souvenez-vous de votre parole en faveur de votre serviteur, qui est le fondement de l’espérance que vous m’avez donnée. »
Psaume 118, 49.
Photo : l’Abbé Even, aumônier de la 51ème division. Photographié le 10 septembre 1917 par Paul Castelnau (1880 † 1944). Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, Paris.

Autel de campagne en 1917
« Tous les troupeaux de Cédar se rassembleront en vous, les béliers de Nabajoth seront employés pour votre service : on me les offrira sur mon autel comme des hosties agréables, et je remplirai de gloire la maison de ma majesté. »
Isaïe 60, 7.
Photo : autel de campagne pour la messe en plein air installé à l’arrière d’une voiture attelée en 1917. Photographe : Georges Pila.

22 juin 1918 - bénédiction des drapeaux polonais dans le bois de Beaulieu, Aube - photographe - Auguste Goulden
« Habitants du monde, vous tous qui demeurez sur la terre, lorsque l’étendard sera élevé sur les montagnes, vous le verrez, et vous entendrez le bruit éclatant de la trompette. »
Isaïe 18, 3
Photo : 22 juin 1918 – bénédiction des drapeaux polonais dans le bois de Beaulieu, Aube – photographe – Auguste Goulden.

Messe célébrée dans la cathédrale d'Amiens dont les murs ont été renforcés de sacs de sable pour les protéger des bombardements - 1918
« Vous chanterez alors des cantiques comme en la nuit d’une fête solennelle, et votre cœur sera dans la joie, comme est celui qui va au son des hautbois à la montagne du Seigneur, au temple du Fort d’Israël. »
Isaïe 30, 29.
Photo : messe célébrée dans la cathédrale d’Amiens dont les murs ont été renforcés de sacs de sable pour les protéger des bombardements – 1918.

L’intérieur de la cathédrale d’Amiens, avec des sacs de sable destinés à renforcer le bâtiment contre les obus - 1918
« Je vis le Seigneur assis sur un trône sublime et élevé, et le bas de ses vêtements remplissait le temple. »
Isaïe 6, 1.
Photo : l’intérieur de la cathédrale d’Amiens, avec des sacs de sable destinés à renforcer le bâtiment contre les obus – 1918.

Les 180 enfants de Saint-Eugène morts pour la France durant la Grande Guerre (1914-1919)

Les morts pour la France de Saint-Eugène

Souvenez-vous dans vos prières de :

  1. Georges ABADIE († 1914)
  2. Joseph ANDRIEU, aspirant († 1918)
  3. René AGOUST († 1915)
  4. Jean BADIER († 1915)
  5. René BALAUX, caporal († 1914)
  6. Hubert BALAUX († 1918)
  7. Marcel BALIN († 1915)
  8. Marcel BAUD († 1915)
  9. Henri BAUER († 1914)
  10. Fernand BEAUJON († 1914)
  11. Marcel BERGERY († 1914)
  12. Victor-Louis BERNAERT († 1915)
  13. André BERNARDDEL, sergent († 1918)
  14. Fernand BERTHELOT († 1915)
  15. Pierre BETHE († 1915)
  16. Marcel BLANCHE († 1916)
  17. Edouard BLOTIN († 1915)
  18. Félix BOIRÉ († 1916)
  19. Georges BOIZOT, caporal († 1917)
  20. Léon BONNET († 1914)
  21. Raymond BOSSARD, caporal († 1917)
  22. Auguste BOUCHER, lieutenant († 1918)
  23. Alexandre BRINGUIER († 1916)
  24. Adolphe BUCHET († 1916)
  25. Henri CADENNES († 1916)
  26. Jean CADET († 1917)
  27. Maurice CAILLAT († 1917)
  28. Raymond CAMURAT, caporal († 1915)
  29. Eugène CARLIER († 1917)
  30. Julien CHAMBON († 1917)
  31. Ferdinand CHANUDET († 1918)
  32. René CHAMPETIER DE RIBES († 1914)
  33. Alfred CHAMPETIER DE RIBES († 1916)
  34. P. CHANVALLON († 1914)
  35. Georges CHAPERON († 1916)
  36. Virgile CHARMOILLAUX, sergent († 1915)
  37. Emile CHEVALIER († 1914)
  38. Henri CHEVILLARD († 1916)
  39. René CLAIR, lieutenant († 1914)
  40. Jean-Auguste CLAIRSIN († 1918)
  41. Joseph CLANET, lieutenant († 1914)
  42. Edmond COILLY († 1916)
  43. Joseph COLIN, sergent († 1916)
  44. Jean E. COLLIGNON († 1918)
  45. Charles CORNÉ, sous-lieutenant († 1915)
  46. Léon CORNET, caporal († 1917)
  47. Georges COSTA († 1914)
  48. Emile CROSTE, lieutenant († 1918)
  49. Louis DA COSTA, adjudant († 1916)
  50. André DAJON († 1915)
  51. Marcel DAUFRESNE DE LA CHEVALERIE, lieutenant († 1916)
  52. Antoine DÉLÉANS († 1915)
  53. René DELPY, sergent († 1916)
  54. Georges-Marie-Léon DEMASUR, sergent († 1915)
  55. Alphonse DIEN († 1916)
  56. Charles-Henri DOHAN († 1914)
  57. Alfred DREUX († 1914)
  58. Albert DROUANT († 1915)
  59. Raymond DROUET, caporal († 1918)
  60. Henri DUBOIS († 1914)
  61. Robert DUPONCHEL, caporal († 1914)
  62. Jules DURUPT († 1915)
  63. Henri DUVERGER († 1916)
  64. René FAILLE, sergent († 1916)
  65. Paul FAILLE († 1918)
  66. Jules FERREZ († 1915)
  67. Gaston FESSARD, caporal († 1915)
  68. Henri FIORASKI, lieutenant († 1914)
  69. Marcel FOURDRIQUIER († 1916)
  70. Laurent FRANCK († 1914)
  71. Maurice FREYGEFOND († 1917)
  72. Lucien FREYGEFOND († 1918)
  73. Louis GARNIER, caporal († 1915)
  74. Fernand GAUSS († 1916)
  75. Henri GAUTRON, sergent († 1916)
  76. Georges GAVET († 1915)
  77. Louis GEOFFROY, sergent († 1916)
  78. Jean GERARD, caporal († 1916)
  79. Paul GÉRICOT († 1917)
  80. Maurice GIRARD († 1918)
  81. Louis GIRARDIN († 1918)
  82. Julien GOULLEY († 1917)
  83. Henri GROSSET-MAGAGNE († 1918)
  84. Louis GROULT († 1914)
  85. Marcel GUÉRÉMY († 1915)
  86. Maxime GUICHARD († 1918)
  87. Robert GUILLAUME, caporal († 1915)
  88. Léonce GUILLEMOT († 1914)
  89. Jean GUILLOT († 1916)
  90. Eugène HARDY († 1918)
  91. Georges HARDY († 1918)
  92. René HAREN († 1915)
  93. Marcel HERVÉ († 1918)
  94. Georges HUBRY († 1915)
  95. Gaston HURBRET († 1914)
  96. Gustave JOUCLAR († 1915)
  97. Paul JOUANNET († 1918)
  98. Abel LACROIX († 1917)
  99. Julien LACROIX († 1918)
  100. Honoré LAGIER († 1914)
  101. Robert LAILLEN († 1919)
  102. Albert LALLOUETTE († 1918)
  103. Léon LAURENT († 1915)
  104. Armand LECHALLE († 1915)
  105. Alexis LE DOURNER, caporal († 1916)
  106. Emile LEMARCHAND († 1914)
  107. Henri LEMARINIER, lieutenant († 1914)
  108. Maurice LEROY, sous-lieutenant († 1917)
  109. Abbé Félix LESEIBLE, lieutenant († 1918), vicaire à Pantin
  110. Robert LEVENT, caporal († 1915)
  111. Marcel LIBERGE, sergent († 1916)
  112. Henri LOGEARD, sergent († 1915)
  113. Henri LOISEL, sous-lieutenant († 1915)
  114. Emile MAGNIEN († 1915)
  115. Eugène MAHAULT († 1914)
  116. Ernest MAHY, caporal († 1917)
  117. Marcel MANGIN, sous-lieutenant († 1918)
  118. Raoul MAQUARD, sergent († 1914)
  119. Raphaël MAQUARD, caporal († 1914)
  120. Jean-Baptiste MARIANI, lieutenant († 1918)
  121. Jean MASSET, capitaine († 1918)
  122. Gustave MELIGNER, caporal († 1917)
  123. Louis MELIN, aspirant († 1915)
  124. Emile MERMINOD, sous-lieutenant († 1914)
  125. Henri MEUNIER, sergent († 1915)
  126. Jean MIGNON († 1915)
  127. Ernest MILLION († 1915)
  128. Jean MONTANARI († 1915)
  129. Henri MORISE († 1915)
  130. Guillaume MONTFORT († 1916)
  131. MOUREYRE († 1915)
  132. Paul MOUTON († 1917)
  133. Henri MUSY, pilote-aviateur († 1917)
  134. Raymond NAIS, caporal († 1916)
  135. Marcel PETEY († 1915)
  136. Pierre PERRICHET († 1917)
  137. Raoul PETIT, caporal († 1916)
  138. Georges PICHON, maréchal des logis († 1918)
  139. Charles PIRIOUX († 1915)
  140. Henri PLUMET, caporal († 1916)
  141. André POIRIER, sergent († 1916)
  142. Pierre POIRIER († 1915)
  143. Paul POMEYROL († 1915)
  144. Maurice POTTIER, caporal († 1914)
  145. Gustave POULLIN († 1916)
  146. Dr Jean-Marie POURTHOU, aide-major († 1915)
  147. Eugène PRÉVOTEAU († 1916)
  148. Georges PRIEUR, caporal († 1915)
  149. Louis RACINE († 1916)
  150. Frédéric RACINE († 1917)
  151. Jean REBECK, sergent († 1914)
  152. Antonin REBECK, sergent († 1915)
  153. André RICHAUME († 1916)
  154. Pierre RIGAULT, sergent († 1916)
  155. Lucien ROBILLARD, caporal († 1916)
  156. Philippe ROCQUES, sergent († 1914)
  157. Félix ROCQUES, sergent († 1915)
  158. Edouard ROUILLARD, sous-lieutenant († 1916)
  159. Antony ROUSSEAU, lieutenant († 1915)
  160. Aimé ROZ († 1916)
  161. J. R. M. SABOURDIN († 1914)
  162. H. J. SABOURDIN († 1918)
  163. Ange SICOT († 1918)
  164. Théodore SOREAU († 1916)
  165. Joseph SCHERER († 1916)
  166. François TAVERNIER († 1915)
  167. René TOURNÉ († 1915)
  168. Emile TROUPEL, caporal († 1916)
  169. Lucien UCCIANI, caporal († 1916)
  170. Joseph ULRICH († 1917)
  171. Jean VAISSADE († 1916)
  172. Léon VAN-DICK, pilote († 1918)
  173. Louis VASLET († 1917)
  174. Edouard VENGEON († 1915)
  175. Jules VERNE († 1916)
  176. Raoul VERNE, caporal († 1918)
  177. Félix VERNE, sous-lieutenant († 1918)
  178. Edouard VETEH, aspirant († 1918)
  179. André VUILLERMOZ († 1914)
  180. Joseph VUILLERMOZ, sergent († 1915)

REQUIESCANT IN PACE

Les morts pour la France de Saint-Eugène : priez pour eux !

La litanie de saint Martin – Dicamus omnes : Domine, miserere

Quelques diocèses français conservèrent pieusement jusqu’à la Révolution (ou même jusqu’au début du XIXème siècle) le chant d’une litanie qui commence par l’invitation Dicamus omnes et dont la saveur antique du texte est indéniable (on y prie pour l’empereur et l’armée romaine) et qu’on peut remonter de ce fait au IVème.

Cette litanie est probablement l’un des rares reliefs de l’ancien rit des Gaules qui a échappé à la suppression décidée par Pépin le Bref et Charlemagne en faveur du rit romain. Elle est connue dans des formes similaires dans les rits voisins de l’ancien rit des Gaules :

  • à Milan dans le rit ambrosien, où cette litanie est encore aujourd’hui chantée les dimanches de Carême pairs au début de la messe,
  • en Irlande dans l’ancien rit celtique, où elle était chantée entre l’épître et l’évangile.

Du reste, le Missel de Stowe (Manuscrit Dublin, Royal Irish Academy, D ii 3, f° 16) datant de la fin du VIIIème siècle, le plus précieux témoin de l’ancienne liturgie celte d’Irlande, nous apprend le nom de l’auteur de cette litanie en l’appelant « Deprecatio Sancti Martini pro populo »« Prière de saint Martin pour le peuple ». Cette importation d’une prière gallicane dans la liturgie celtique s’explique assez bien par les liens étroits entre le monachisme irlandais et le monachisme martinien.

La "Deprecatio Sancti Martini pro populo" du Missel de Stowe (fin du VIII<sup>ème</sup> siècle.

La « Deprecatio Sancti Martini pro populo » du Missel de Stowe (fin du VIIIème siècle.

L’attribution de cette prière litanique à saint Martin – l’Apôtre des Gaules, l’évêque de Tours et l’un des Pères du monachisme dans notre pays, né en Pannonie en 316, mort à Candes en Gaule le 8 novembre 397 – est parfaitement plausible : la saveur tout entière du texte nous ramène bien en effet « à l’époque où César régnait sur le monde ». Sans être un décalque strict des litanies diaconales orientales, byzantines en particulier, (en tout cas dans leur état actuel), la grande parenté des expressions usitées indique que le texte de la litanie de saint Martin est probablement une traduction et/ou une reformulation d’un modèle litanique originellement grec. La réponse du peuple est comme en Orient « Kyrie eleison », l’acclamation est ici toutefois traduite en latin : « Domine miserere » (ou dans la version celtique du Missel de Stowe « Domine exaudi et miserere ».

Voici le chant noté de la litanie de saint Martin tiré du Processional de Laon (Processionale Laudunense) de Jean-François-Joseph de Rochechouart, évêque duc de Laon (1755) : il conserve encore en plein milieu du XVIIIème siècle toute la beauté de la cantilène diaconale primitive, en mode de mi (IIIème ton et son antique chant du Domine miserere, le Kyrie eleison en latin. La litanie de saint Martin, qui devait former la prière diaconale de l’antique rit des Gaules (et qui devait probablement être chantée au tout début de la messe, comme la grande ecténie de paix du rit byzantin, et les litanies des dimanches de Carême du rit ambrosien), a pu survivre aux suppressions carolingienne, intégrée désormais comme d’autres textes de l’ancienne liturgie des Gaules parmi les chants des rogations, processions tenues les trois jours qui précèdent l’Ascension. Ces prières des rogations, originaires de Vienne en Provence au Vème siècle, étaient un trait proprement gallican curieusement passé par la suite dans l’usage de Rome.

Litanie de saint Martin de Tours - première partie

Litanie de saint Martin de Tours - seconde partie

Litanie de saint Martin de Tours - troisième partie

Voici le texte et la traduction de la litanie de saint Martin selon ce Processional de
Laon de 1755 :

V. Dicamus omnes, Domine, miserere. V. Disons tous : Seigneur, aie pitié.
R/. Domine, miserere. R/. Seigneur, aie pitié.
V. Ex toto corde, & ex tota mente, adoramus te. V. De tout notre cœur, & de tout notre esprit, nous t’adorons.
R/. Domine, miserere. R/. Seigneur, aie pitié.
V. Pro stabilissima pace, & prospera Imperii constitutione, supplicamus te. V. Pour la paix la plus durable, & une situation prospère pour l’Empire, nous te supplions.
R/. Domine, miserere. R/. Seigneur, aie pitié.
V. Pro Congregatione Catholica, quæ est in hoc loco constituta, invocamus te. V. Pour l’Eglise Catholique, qui est établie en ce lieu, nous t’invoquons.
R/. Domine, miserere. R/. Seigneur, aie pitié.
V. Pro imperatore nostro, & omni exercitu ejus, Rex regum. V. Pour notre empereur, & pour toute son armée, Roi des rois.
R/. Domine, miserere. R/. Seigneur, aie pitié.
V. Pro aëris temperie, & fructibus ac fœcunditate terræ, largitor bone. V. Pour la salubrité de l’air et des fruits et pour la fécondité de la terre, bon dispensateur des biens.
R/. Domine, miserere. R/. Seigneur, aie pitié.
V. Pro Civitate ista, & conservatione ejus, deprecamur te. V. Pour cette cité et sa préservation, nous te prions
R/. Domine, miserere. R/. Seigneur, aie pitié.
V. Pro his qui infirmantur & diversis languoribus detinentur, sana eos. V. Pour ceux qui son infirmes et ceux sont atteints de diverses maladies, guéris-les.
R/. Domine, miserere. R/. Seigneur, aie pitié.
V. Pro remissione peccatorum, & emendatione eorum, invocamus te. V. Pour la rémission des péchés, & leur correction, nous t’invoquons.
R/. Domine, miserere. R/. Seigneur, aie pitié.
V. Exaudi nos, Deus, in omni oratione nostra, quia potens es. V. Exauce-nous, Dieu, en toutes nos prières, car tu es puissant.
V. Dicamus omnes : V. Disons tous :
R/. Domine, miserere. R/. Seigneur, aie pitié.

Moyennant quelques modifications textuelles (voyez par exemple le texte employé dans ce livret PDF à l’offertoire), nous chantons à Saint-Eugène la litanie de saint Martin, en particulier pour la fête de saint Apôtres des Gaules, ou encore aux Rogations, ou encore en ce 11 novembre 2018 pour le centenaire de l’Armistice ayant mis fin à la boucherie de la Première Guerre mondiale, occasion s’il en est de prier ardemment « pour la paix la plus durable, & une situation prospère pour la France ».

Programme du XXVème dimanche après la Pentecôte – Te Deum pour le centenaire de l’Armistice

Vème dimanche après l'Epiphanie : le bon grain & l'ivraieSaint-Eugène, le dimanche 11 novembre 2018, grand’messe de 11h suivi du Te Deum pour le centenaire de la victoire de 1918. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Oraisons & lectures reprises du Vème dimanche après l’Epiphanie.
Le bon grain & l’ivraie.

Mais comme le Seigneur nous dit qu’ils ont été semés au milieu du blé, il semblerait bien qu’ils signifient ceux qui appartiennent à une même communion. D’autre part, le Seigneur interprète le champ comme étant non pas l’Église mais ce monde ; on peut aussi comprendre qu’il s’agit d’hérétiques car en ce monde, ils sont mêlés aux bons non pas dans la société d’une même Église ou dans celle d’une même foi, mais dans la société du seul nom chrétien. Quant à ceux qui, au sein d’une même foi, sont mauvais, il faut les regarder comme de la paille, plutôt que comme de l’ivraie, car la paille a la même souche que le blé et une racine commune. »
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIIèmeleçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

IIndes vêpres du XXVème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Panis angelicus, du Ier ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Salve regina, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Exaudi Christe – extrait des Laudes regiæ – ton de Reims.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo nancéen – mélodie du Ier ton en usage dans le diocèse de Nancy
  • Chant d’action de grâces : Te laudamus Domine – Transitus (antienne de communion) de la liturgie ambrosienne pour le IVème dimanche après l’Epiphanie

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Programme du XXIVème dimanche après la Pentecôte – sainte Anastasie – saint Abramios – ton 7

Martyre de sainte Anastasie la Romaine, Vierge.Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 11 novembre 2018 du calendrier grégorien – 29 octobre 2018 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VII de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la vénérable martyre Anastasie la Romaine.

Sainte Anastasie, née au IIIème siècle de parents chrétiens et nobles et dont le nom signifie « résurrection », appartenait à l’ordre des Vierges de l’Eglise de Rome. Valérien, qui avait accédé à l’empire en 253 et qui s’était tout d’abord montré favorable aux Chrétiens, se mit à les persécuter violemment à partir du mois d’août 257 jusqu’en 258. Anastasie fut parmi les victimes de cette persécution courte mais violente, comme le pape saint Sixte Ier, le diacre saint Laurent de Rome ou encore saint Cyprien de Carthage. Sainte Anastasie souffrit divers supplices : battue, on disloqua ses membres en brûlant ses flancs avec des torches ardentes. On lui arracha les ongles et les dents, et on lui tira les seins avec des tenailles. Comme la sainte persistait à louer à haute voix Dieu & à le bénir au milieu de ses tourments, le préfet romain lui fit couper la langue, puis également les pieds et les mains et enfin la fit décapiter. Un Chrétien qui lui avait apporté de l’eau à la sainte au milieu de son martyre fut également décapité avec elle.

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Saint Abramios le ReclusLe même jour, nous fêtons également notre vénérable Père Abramios le Reclus.

Saint Abramios (forme hellénisée d’Abraham) naquit vers 290 dans la région d’Edesse. Le jour de son mariage, il quitta sa fiancée et alla s’établir comme ermite, reclus dans une grotte – d’où son surnom -, grotte qu’il ne quitta qu’à deux reprises : pour baptiser tout un village païen des environs, et pour arracher au péché sa nièce Marie qui était tombée par désespoir dans la prostitution (il se déguisa sous l’apparence d’un soldat pour lui parler et lui rappela que la miséricorde de Dieu est infiniment supérieure au plus grand des péchés et que le seul péché qui empêchait le pardon était le désespoir en cette bonté divine). Après la mort de ses parents, Abramios distribua son héritage aux pauvres. Ayant achevé le cours de sa vie érémitique, il naquit au ciel vers 360-366. Sa vie fut chantée par saint Ephrem. Il est aussi honoré à la même date – avec sa nièce Marie – par les martyrologes occidentaux.

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Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : seulement du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Vénérable Martyre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : seulement du dimanche.

A LA DIVINE LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME

Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical :
1. Il est beau à voir & bon à manger, * le fruit qui a causé mon trépas ; * mais le Christ est cet arbre de vie * dont je puis manger sans mourir ; * & je crie avec le bon Larron : ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
2. Dieu de tendresse, mis en croix, tu effaças * la cédule de l’antique péché d’Adam ; * de l’erreur tu sauvas l’ensemble des mortels : ** aussi nous te chantons, Bienfaiteur & Seigneur.
3. Sur le croix, Dieu de tendresse, tu clouas nos péchés, * par ta mort tu triomphas de la mort ; * d’entre les morts tu éveillas les trépassés ; ** aussi nous nous prosternons devant ta sainte Résurrection.
4. Dans les oreilles d’Eve le serpent injecta son venin, * mais le Christ sur l’arbre de la croix * fit jaillir pour le monde la douceur de la vie. ** Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
5. Au sépulchre on te dépose comme un mortel, * ô Christ, universelle Vie, * mais de l’Enfer ayant brisé les verrous, * tu ressuscites le troisième jour * avec gloire & puissance, illuminant le monde entier : ** gloire, Seigneur, à ta sainte Résurrection.
6. Ressuscité d’entre les morts le troisième jour, * le Seigneur donne aux Disciples sa paix ; * les bénissants, il les envoie et leur dit : ** Amenez tous les hommes au royaume de Dieu.
7. Lumière est le Père, lumière le Fils, * lumière aussi le Saint-Esprit, * mais une seule lumière est en eux trois, * car en trois personnes il n’y a qu’un seul Dieu * consubstantiel & coéternel ** sans division ni confusion depuis toujours & à jamais.
8. Tu mis au monde dans la chair * le Fils & Verbe du Père éternel * d’une manière que lui seul connaît ; * aussi, Vierge Mère de Dieu, * nous qui par toi fûmes divinisés, ** nous te crions : Réjouis-toi, espérance des chrétiens.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, * ouvert au Larron le Paradis ; * changé en joie les pleurs des myrrophores * et ordonné aux apôtres de prêcher. * Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, ** donnant au monde ta grande miséricorde !
2. Tropaire de la Vénérable Martyre, ton 4 : Ta brebis, ô Jésus, Anastasie, * crie d’une voix forte : * « Mon époux, c’est toi que j’aime, * c’est pour te chercher que je combats, * c’est avec toi que je suis crucifiée * et ensevelie par ton baptême. * Pour toi je souffre, afin de régner avec toi. * Pour toi je meurs, afin de vivre en toi. * Accueille, comme victime sans tache, * celle qui par amour est immolée pour Toi ». ** Par son intercession, parce que tu es miséricordieux, sauve nos âmes.
3. Tropaire du Vénérable Père, ton 8 : En toi, Père, la création à l’image de Dieu a été vraiment sauvegardée, * car ayant pris ta croix, tu as suivi le Christ * et tu as enseigné par tes actes à dédaigner la chair car elle passe, * et à prendre soin de l’âme qui est immortelle ; ** c’est pourquoi avec les anges se réjouit, Vénérable Père Abramios, ton esprit.
4. Kondakion de la Vénérable Martyre, ton 3 : Purifiée par les eaux de la virginité, ô bienheureuse,* tu fus couronnée par le sang du martyre, Anastasie, * et tu accordes à ceux qui sont malades la guérison et à ceux qui s’approchent de toi de tout leur cœur, le salut ; * le Christ t’en a donné la puissance, ** faisant perpétuellement sourdre la grâce.
5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
6. Kondakion du Vénérable Père, ton 8 : Tu te manifestas dans la chair comme un ange sur terre, * et par le jeûne tu fus planté comme un arbre * qui crût vigoureusement par l’eau de la continence. * Par le flot de tes larmes tu lavas la souillure ; ** aussi tu fus un réceptacle divin de l’Esprit, ô Abramios.
7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
8. Kondakion du dimanche, ton 7 : La puissance de la mort ne peut plus retenir les hommes, * car le Christ est descendu pour briser et détruire sa force. * Les enfers sont enchaînés, * les prophètes en chœur se réjouissent et disent : * Le Sauveur est apparu aux croyants. ** Venez, fidèles, prendre part à la Résurrection.

Prokimen
Du dimanche, ton 7 :
R/. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix (Psaume 28, 11).
V/. Rendez au Seigneur, fils de Dieu, rendez au Seigneur la puissance & la gloire (Psaume 28, 1).
[Du Vénérable Père, ton 7 :
R/. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).]

Мф., 43 зач., XI, 27–30.
Epîtres
Du dimanche : Ephésiens (§ 221) II, 14-22.
Car c’est par Lui que nous avons accès les uns et les autres auprès du Père dans un même Esprit.
[Du Vénérable Père : Galates (§ 213), V, 22 – VI, 2.
Les fruits de l’Esprit sont la charité, la joie, la paix, la patience, l’humanité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté.

Alleluia
Du dimanche, ton 7 :
V/. Il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, ô Très-Haut, (Psaume 91, 1)
V/. de publier au matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Psaume 91, 2).
[Du Vénérable Père, ton 6 :
V/. Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, et qui a une grande affection pour ses commandements (Psaume 111, 1).]

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 38) VIII, 26-39.
Les démons étant donc sortis de cet homme, entrèrent dans les pourceaux ; et aussitôt le troupeau courut avec violence se précipiter dans le lac, où ils se noyèrent.
[Du vénérable Père : Matthieu (§ 43) XI, 27-30.
Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes.]

Hymne à la Mère de Dieu pendant l’anaphore
Il est digne en vérité, ton 7.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Du Vénérable Père : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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Charles Gounod (1818-1893) – 5e partie : genèse de la Messe en l’honneur de sainte Cécile

La composition par Gounod de la Messe en l’honneur de sainte Cécile connut de nombreuses étapes, non seulement parce que le compositeur commençait à se faire connaître à l’Opéra (Sapho, Ulysse, La Nonne Sanglante), reprenant donc à plusieurs reprises ce projet qu’il avait initié  en 1849 pour la fête de sainte Cécile en l’église de Saint-Eustache (Paris Ier), mais encore en raison du soin vétilleux qu’a pu apporter Gounod à cette première messe solennelle.  Vingt ans sépareront cette première messe de la suivante dédiée au Sacré-Coeur de Jésus.

C’est dès 1851 que purent être créés à Londres – au Saint Martin’s Hall (théâtre aujourd’hui disparu qui contenait pas moins de 3000 places)  – et ce grâce à la cantatrice Pauline Viardot, le Sanctus et le Benedictus, dont le succès fut immédiat ; ils furent repris à Paris grâce à l’orchestre Pasdeloup le 4 janvier 1852 et le 6 avril 1855. Le Kyrie était à cette époque ébauché.

Cependant, c’est durant l’été 1855 que le dessein de la composition d’une messe solennelle en l’honneur de la patronne des musiciens s’accomplit. Cela ne détourne pas pour autant Gounod de composer au mois de juillet Les Sept Paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ sur la Croix, dédié à Monseigneur Sibour archevêque de Paris, autre visage (si différent !) de la musique liturgique de Gounod.

Cet été 1855 lui avait pourtant été tragique. Le 6 août, sa belle-soeur, Juliette Zimmerman, meurt en couche, sa fille ne lui survivra que quelques jours. Elle était l’épouse du peintre Édouard Dubufe, et son fils Guillaume, peintre lui aussi, évoquait Gounod comme son « oncle-papa ».  Cette belle-famille accueillera les Gounod toute la fin de l’été, du 18 août au 27 septembre, au Logis de La Lucerne, à 10 km de Granville.

Cette proximité avec sa belle-famille peut surprendre, mais l’on constate que Gounod vit, tant dans sa famille que celle de son épouse, au milieu d’un milieu artistique de premier plan. Ainsi, peu avant son séjour normand – le 15 août – Gounod envoie à son éditeur le Credo, dédié à la mémoire de Zimmerman, son beau-père, qui n’est autre que le président de l’Association des Artistes Musiciens.

Charles Gounod, peint par son beau-frère Édouard Dubufe, en 1867.

Pierre-Joseph Zimmerman (1785-1853) par Jean Gros, beau-père de Gounod, à qui est dédié à titre posthume la Messe en l’honneur de sainte Cécile, professeur entre autre de Georges Bizet, Louis Lefebure-Wély, César Franck, Ambroise Thomas

 

Pour l’anecdote, Zimmerman arrangera même le célèbre Ave Maria de son beau-fils.

 

L’abbaye Sainte-Trinité de La Lucerne

Cette abbaye de la Sainte-Trinité de La Lucerne, fondée grâce au Bienheureux Achard de Saint-Victor, évêque d’Avranches – dont les reliques sont conservées à l’abbaye – était desservie par l’ordre des Prémontrés. Du temps de Gounod, l’abbaye était fermée au culte depuis 1790, vendue comme bien national au seigneur local Léonor de Carbonnel de Canisy et à son son épouse Henriette de Vassy, soeur du dernier marquis de Brécey, puis vendue par la suite au négociant-armateur Louis Gallien en 1799. L’abbaye servit de marbrerie après avoir été une filature de coton.

Louis Gallien eut une petite-fille – Nelly – qui épousa Paul Dubufe, frère d’Édouard. Ce dernier, peintre officiel de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie à partir de 1853, s’est marié à la soeur de l’épouse de Charles Gounod. Ainsi, on pourra saisir assez aisément l’importance des liens qu’a pu tisser Gounod avec la famille impériale.

Charles Gounod, arbre généalogique et parenté.

L’Impératrice Eugénie, peinte par Édouard Dubufe, 1854, château de Versailles.

Ce séjour familial dans l’Avranchin est capital dans la conception de la Messe en l’honneur de sainte Cécile. Appelé aujourd’hui « La Lucerne-d’Outremer » – afin de ne pas confondre avec La Luzerne situé dans le même département de la Manche – cette petite commune abrite l’abbaye, aujourd’hui remarquablement restaurée et rendue au culte depuis l’impulsion de l’abbé Lelégard en 1959.

Au temps de Gounod, l’abbaye n’avait qu’un rôle d’entrepôt de pierre, mais conservait une forêt (par la porte Est) où le compositeur aimait partager son temps entre l’écriture dont la Messe en l’honneur de sainte Cécile et la lecture avec la traduction de saint Augustin. Rappelons que l’abbaye de la Lucerne fut fondée par les Prémontrés, ordre qui suit le charisme de ce Docteur de l’Église.

 Le Logis abbatial des XVII-XVIIIèmes siècles restait encore entretenu par la famille Dubufe, c’est là où séjourna le compositeur.

« J’ai rarement vu des terrains aussi bien silhouettés et aussi bien saisis par les plans des arbres et les puissantes racines d’une végétation séculaire. L’eau, enfin, donne à toutes ces scènes de la nature une fraîcheur et un murmure qui en complète le charme. (…)

« Je passe généralement mon temps à lire dans le bois quelques chapitres de mon bien-aimé Docteur saint Augustin ; j’en fais la traduction écrite ; c’est mon heure de recueillement : après quoi je pense à ma messe et je compose ou du moins j’y réfléchis jusque vers cinq heures toujours dans le bois (…) La messe en musique ! par un pauvre homme ! – mon Dieu !… ayez pitié de moi ! » extrait d’une lettre à sa mère in Gounod, Gérard Condé, op. cit. p.556.

Cette lettre nous montre encore l’importance de son attachement au rôle de la miséricorde ; Gounod fait ainsi chanter les paroles du Domine non sum dignum dans l’Agnus Dei.

Granville et le Mont Saint-Michel

Vue de Granville

Toujours dans les environs de la baie du Mont-Saint-Michel, Granville, cette ville fortifiée qui s’est servie des pierres de l’abbaye pour les maisons avoisinantes, lui permet de s’adonner aux bains de mers et de lui donner une grande inspiration :

Nous sommes arrivés à Granville à la marée pleine (…) on arrive à la plage par une énorme entaille pratiqué dans toute la hauteur du roc (…) La grotte, dans ces conditions, rappelle l’antre de Polyphème : et la mer recouvrant la plage entière et la dérobant entièrement aux yeux, on n’a plus devant soi qu’une sorte d’infini liquide qui saisit l’âme, et auquel la solennelle âpreté des rocs qui la dominent donnent un aspect biblique écrasant que ramène la pensée aux jours tragiques du Déluge. On n’ose plus parler devant cet abîme qui est comme la frontière du monde, et derrière lequel on ne sent plus que Dieu ! »

In Gérard Condé op.cit. p.92

Église Notre-Dame du Cap-Liou, plus ancienne église de Granville.

Le 1erseptembre, Gounod a la ligne mélodique du Gloria, il ne lui reste qu’à l’orchestrer.

Le 15, il visite le Mont Saint Michel, où il découvre les cachots du Mont qui le glacent :

 « Il y a des cachots pour les prisonniers récalcitrants : ces cachots sont l’horreur de la pensée : un trou sans lumière aucune, presque sans air, entouré de murs épais et voilà !!! – pour moi si j’entrais là-dedans, je crois qu’on ne m’y retrouverait plus vivant quand on viendrait m’apporter du pain et de l’eau. » Ibid.

le 21 il finit le Gloria, le 26, il termine le Domine salvum, le 27, il part de la Lucerne… la messe est achevée.

 

L’Année Gounod à Saint-Eugène

 

1ère partie : le temps de l’Avent
2nde partie : le temps de Noël
3ème partie : le compositeur & la mort
4ème partie : Passion & Semaine Sainte
5ème partie : genèse de la Messe en l’honneur de sainte Cécile