Programme du IVème dimanche après Pâques – Cantate Domino

Saint-Eugène, le dimanche 19 mai 2019, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Comme dimanche dernier, l’évangile de ce dimanche nous prépare au départ prochain du Christ à l’Ascension & à la venue du Paraclet de vérité à la Pentecôte. L’évangile est tiré de l’évangile de Jean, comme régulièrement durant le Temps Pascal ; l’usage de lire l’évangile de Jean pendant le Temps Pascal doit du reste remonter à une haute antiquité, car c’est une constante que l’on retrouve dans les différents rits tant Orientaux qu’Occidentaux. Comme dimanche dernier, l’évangile de ce dimanche est extrait du dernier discours du Christ pendant la Cène (Jean 16, 5-14).

Que veulent donc dire ces paroles : « Mais je ne vous ai pas dit ces choses dès le commencement, parce que j’étais avec vous », si ce n’est que les prédictions qu’il leur fait ici du Saint-Esprit, à savoir qu’il viendrait à eux et rendrait témoignage au moment où ils auraient à souffrir les maux qu’il leur annonçait, il ne les leur avait pas faites dès le commencement, parce qu’il était avec eux ? Ce consolateur ou cet avocat (car le mot grec Paraclet veut dire l’un et l’autre) n’était donc nécessaire qu’après le départ du Christ ; il ne leur en avait point parlé dès le commencement lorsqu’il était avec eux, parce qu’il les consolait lui-même par sa présence.
Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du quatrième dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Télécharger le livret des chants des dimanches du Temps pascal au format PDF.
Télécharger le livret du commun des IIndes vêpres du dimanche durant le Temps pascal.
Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres du dimanche du IVème dimanche après Pâques.

Programme du dimanche du Paralytique – ton 3

La guérison du paralytique - Musée byzantin d'Athènes - Grèce - XIXème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 19 mai 2019 du calendrier grégorien – 6 mai 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Après avoir fêté l’Apôtre Thomas le IInd dimanche de Pâques, les femmes Myrrophores avec Nicodème et Joseph d’Arimathie le IIIème dimanche de Pâques, la liturgie byzantine propose à l’édification des fidèles les trois dimanches qui suivent des épisodes de la vie du Christ s’étant déroulés au cours des Cinquante Jours, la Pentecôte hébraïque :

  • la guérison du Paralytique à la piscine de Bethesda,
  • la conversion de la Samaritaine,
  • la guérison de l’Aveugle-né.
  • L’origine de la célébration de la guérison du Paralytique au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; dans la tradition de Jérusalem, l’évangile de ce jour était lu le dimanche suivant.

    L’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire.

    Aux heures
    A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête (du Paralytique).

    A la divine liturgie :

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 3, & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Triode fleuri :
    1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    5. Elevé de ton plein gré sur le bois de la croix, * au sépulchre déposé comme mort, * ô Christ, tu donnes vie à tous les morts de l’Hadès, ** & tu ressuscites comme Dieu tout-puissant.
    6. Lorsque l’Hadès te rencontra au plus profond, * irrité, il dut te rendre ses prisonniers, * qui jamais ne cesseront de chanter, ** Dieu sauveur, ta merveilleuse Résurrection.
    7. Lorsque les Disciples du Seigneur * virent le Christ surgi du tombeau, * ils adorèrent la Vie de l’univers ** d’un cœur allègre, plein d’enthousiasme & d’amour.
    8. Depuis de nombreuses années, * il gisait sur son lit de douleur : * par ta parole il fut guéri & glorifia, ** Source de vie, ta miséricorde infinie.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
    2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    3. Kondakion du Paralytique, ton 3 : Relève, Seigneur, mon âme cruellement paralysée par toutes sortes de péchés * & d’actions insensées, * par ta divine sollicitude, * de même que jadis Tu as relevé le paralytique, * afin que sauvé, je te clame : ** Ô Christ compatissant, gloire à ta puissance.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de Pâques, ton 8 : Tu es descendu dans le tombeau, ô Immortel, * mais Tu as détruit la puissance des enfers * et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ-Dieu. * Aux femmes myrrhophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous ! ** & à Tes Apôtres Tu as donné la paix.

    Prokimen
    Du Paralytique, ton 1 :
    R/. Sur nous, Seigneur, soit ton amour, ainsi qu’en toi fut notre espoir ! (Psaume 32, 22).
    V/. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).

    Epître :
    Du Paralytique : Actes des Apôtres (§ 23) IX, 32-42.
    Alors Pierre ayant fait sortir tout le monde, se mit à genoux et en prière : et se tournant vers le corps, il dit : Tabitha, levez-vous. Elle ouvrit les yeux ; et ayant vu Pierre, elle se mit sur son séant.

    Alleluia
    Du Paralytique, ton 5 :
    V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    R/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).

    Evangile :
    Du Paralytique : Jean (§ 14) V, 1-15
    Depuis, Jésus trouva cet homme dans le temple, et lui dit : Vous voyez que vous êtes guéri ; ne péchez plus à l’avenir, de peur qu’il ne vous arrive quelque chose de pis.

    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

    Versets de communion
    De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).

    Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
    Télécharger le livret commun des choristes pour le Temps pascal.

    Photos des vêpres stationnales de Pâques (Propre de Paris)

    Le Christ étant ressuscité d’entre les morts ne mourra plus, et la mort n’aura plus d’empire sur lui. Car quant à ce qu’il est mort, il est mort seulement une fois pour le péché ; mais quant à la vie qu’il a maintenant, il vit pour Dieu, alléluia.

    R/. Celui que vous cherchez qui était mort, désormais est vivant,
    et la vie des hommes est ressuscitée avec lui, alléluia.
    V. Louez celui qui a été crucifié dans la chair,
    et glorifiez celui qui a été mis dans le sépulchre pour vous,
    & adorez le ressuscité d’entre les morts. * Alléluia

    Je suis, moi, * l’Alpha & l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement & la fin, celui qui est avant le début du monde, et dans les siècles des siècles, je vis à jamais. Je suis mort & fut enseveli, je suis ressuscité, je suis avec vous ; voyez, car c’est bien moi, et il n’y a d’autre Dieu que moi, * alléluia. V/. Je suis, moi, votre rédemption, je suis, moi, votre Roi, je vous ressusciterai, moi, au dernier jour, * alléluia.

    Sur l’office si particulier des triples vêpres stationnales de Pâques, célébrées selon le propre de Paris.

    Télécharger le fichier PDF des vêpres de Pâques.

    Photos de la messe des Présanctifiés et de l’office des Ténèbres 2019

    Messe des présanctifiés :

    Pange lingua gloriósi
    Prælium certáminis,
    Et super Crucis trophæum
    Dic triúmphum nóbilem,
    Qualiter Redémptor orbis
    Immolátus vícerit.
    Chante ô ma langue, les lauriers
    De ce glorieux combat !
    Du trophée de la Croix,
    Célèbre le noble triomphe :
    Comment le Rédempteur du monde,
    En s’immolant, remporte la victoire.
    De paréntis Protoplásti
    Fraude Factor cóndolens,
    Quando pomi noxiális
    Mors(u) in mortem córruit,
    Ipse lignum tunc notávit
    Damna lign(i) ut sólveret.
    Dès la faute du premier père,
    Le créateur prit pitié
    À le voir sombrer dans la mort
    En mordant au fruit funeste :
    Dès lors lui-même choisit le bois
    Pour réparer les pertes causées par le bois.

    Sur la messe des Présanctifiés.

    Office de Ténèbres du Samedi Saint :

    A la fin duquel fut chanté, cette année encore, le Miserere d’Allegri tandis que l’église est plongée dans les Ténèbres.

    Ex Tractátu sancti Augustíni Epíscopi super Psalmos.

    In Psalmum 63. ad 7. versum.

    Du Traité de S. Augustin, Evêque, sur les Psaumes.

    Dans le Psaume 63.

    Accédet homo ad cor altum, et exaltábitur Deus. Illi dixérunt : Quis nos vidébit ? Defecérunt scrutantes scrutatiónes, consília mala. Accéssit homo ad ipsa consília, passus est se tenéri ut homo. Non enim tenerétur nisi homo, aut viderétur nisi homo, aut cæderétur nisi homo, aut crucifigerétur, aut morerétur nisi homo. Accéssit ergo homo ad illas omnes passiónes, quæ in illo nihil valérent, nisi esset homo. Sed si ille non esset homo, non liberarétur homo. Accéssit homo ad cor altum, id est, cor secrétum, objíciens aspéctibus humánis hóminem, servans intus Deum : celans formam Dei, in qua æquális est Patri, et ófferens formam servi, qua minor est Patre. L’homme pénètrera dans la profondeur du cœur, & Dieu sera exalté. Ils ont dit : Qui nous verra ? Ils se sont épuisés en recherchant des inventions, & de mauvais conseils. L’homme est entré dans ces conseils ; il a permis d’être saisi comme un homme, car il n’a pu être pris, que comme un homme ; on ne le verrait, que comme un homme ; on ne le déchirerait de coups, que comme homme ; on ne le crucifierait, & il ne mourrait pas, s’il n’était homme. C’est donc l’homme qui est entré dans toutes ces passions, qui n’auraient aucune prise sur lui, s’il n’était homme. Mais s’il n’était homme, l’homme ne serait point racheté. L’homme a pénétré dans la profondeur du cœur, en présentant à leurs yeux son humanité, & en leur cachant sa divinité ; leur cachant la forme de Dieu, par laquelle il est égal au Père ; & présentant la forme de serviteur, par laquelle il est inférieur à son Père.

    Sur l’office des Ténèbres.

    Photos & vidéos des offices de Ténèbres 2019

     

    Aleph. Quomodo sedet sola cívitas plena populo : facta est quasi vídua dómina Géntium : princeps provinciárum facta est sub tribúto. Aleph. Comment cette Ville si pleine de peuple, est-elle maintenant déserte ? La maîtresse des Nations est devenue comme une veuve ; la première des Provinces est contrainte de payer le tribut.
    Beth. Plorans plorávit in nocte, et lacrimæ ejus in maxíllis ejus : non est qui consolétur eam ex ómnibus caris ejus : omnes amíci ejus sprevérunt eam, et facti sunt ei inimíci. Beth. Elle a pleuré pendant la nuit ; ses larmes coulent sur ses joues. Nul de ses plus chers amis ne la console. Tous ses amis l’ont méprisée, & sont devenus ses ennemis.

    Photos du Dimanche des Rameaux 2019

     

    Pange lingua gloriósi
    Prælium certáminis,
    Et super Crucis trophæum
    Dic triúmphum nóbilem,
    Qualiter Redémptor orbis
    Immolátus vícerit.
    Chante ô ma langue, les lauriers
    De ce glorieux combat !
    Du trophée de la Croix,
    Célèbre le noble triomphe :
    Comment le Rédempteur du monde,
    En s’immolant, remporte la victoire.

    saint Venance Fortunat

    Charles de Courbes – Tristes erant Apostoli

    Charles de Courbes (c. 1580 † ap. 1628), esleu & lieutenant particulier, organiste de l’église Saint-Sauveur de Paris.
    Tristes erant Apostoli – HYMN. Cum 4. voc. Pro Apostolis et Evangelistis, Tempore Paschali.
    4 voix (SATB).
    2 pages.

    « L’amateur » éclairé que fut le Sieur de Courbes, élu & lieutenant particulier (qui fut néanmoins à la fin de sa vie organiste de l’église Saint-Sauveur de Paris), publie ses compositions chez Pierre Ballard en 1622 : « Cantiques spirituels nouvellement mis en musique à IIII, V, VI, VII et VIII parties ». Une bonne part de cet ouvrage est consacrée à la mise en musique d’hymnes de l’Eglise. Influencées par la chanson française, les hymnes de Charles de Courbes témoignent aussi de l’aspiration générale à plus de clarté dans les compositions musicales liturgiques qui se fait jour après le Concile de Trente.

    Charles de Courbes met ici en musique à quatre voix l’hymne des Apôtres et Evangélistes, Tristes erant Apostoli, hymne chantée aux Ières & IIndes vêpres, ainsi qu’au matines de leurs fêtes tombant durant le temps pascal.

    Le texte de Tristes erant Apostoli procède du démembrement en trois parties d’une hymne pascale plus longue, attribuée à saint Ambroise de Milan : Aurora lucis rutilat. Voici le texte latin ainsi que la traduction faite par le Sieur de Courbes :

    Tristes erant Apóstoli
    De nece sui Dómini,
    Quem morte crudelíssima
    Servi damnárant ímpii.
    Chaque Apostre estoit en douleur
    Pour la mort de nostre Seigneur,
    Que les Juifs d’un cœur obstiné
    Avoyent a la mort condamné.
    Sermóne blando Angelus
    Prædíxit muliéribus :
    In Galilæa Dóminus
    Vidéndus est quantócius.
    Mais l’Ange par un doux recit
    Aux sainctes dames lors a dict,
    Qu’en Galilée en bref verroyent
    Ce cher Jesus qu’il esperoyent,
    Illæ dum pergunt cóncitæ
    Apóstolis hoc dícere,
    Vidéntes eum vívere,
    Christi tenent vestígia.
    Alors pleines de gayeté
    Ont tout aux Apostres conté,
    Qui voyant leur maistre vivant,
    Sont confirmés plus que devant.
    Quo ágnito, discípuli
    In Galilæam própere
    Pergunt vidére fáciem
    Desiderátam Dómini.
    Parquoy d’un pas leger, & prompt,
    En Galilée droit s’en vont :
    Désirant tous d’avoir cét heur
    Que de voir leur maistre, & Seigneur.
    Quæsumus, Auctor ómnium,
    In hoc pascháli gáudio :
    Ab omni mortis ímpetu
    Tuum defénde pópulum.
    Nous te prions grand Dieu de tous
    Qu’en ce temps Pasqual gay, & doux,
    Tu nous pardonne les pechés,
    Dont a la mort serions tachés.
    Glória tibi Dómine,
    Qui surrexíst(i) a mórtuis,
    Cum Patr(e) et Sancto Spíritu,
    In sempitérna sæcula. Amen.
    Gloire soit a toy ô Sauveur,
    Qui est ressucité vainqueur,
    Au Pere, & Saint Esprit benin,
    Aux siecles des siecles sans fin. Soit, soit.

    Les premières mesures de cette partition :

    Téléchargez la partition moyennant un « Like » sur les réseaux sociaux, en cliquant sur l’un des boutons ci-dessous. Le lien vers la partition apparaîtra ensuite.

    Charles de Courbes - Tristes erant Apostoli

    Tibi laus perennis auctor – Hymne de saint Fortunat pour le baptême

    Dans la liturgie parisienne, au retour des fonts à la Vigile pascale, on chante une très belle hymne de saint Venance Fortunat (c. 530 † 609), évêque de Poitiers, dont nous venons de chanter également les deux fameuses hymnes du temps de la Passion : Vexilla Regis prodeunt & Pange, lingua, gloriosi, ainsi que le versus O Redemptor sume carmen pour la consécration du saint Chrême le Jeudi Saint. Cette hymne du retour des fonts – Tibi laus perennis auctor – fut composée probablement avant le sacre épiscopal de saint Venance Fortunat (ordonné prêtre en 576, il est sacré évêque de Poitiers vers l’an 600). En effet, son plus ancien témoin manuscrit, le Pontifical dit de Poitiers du VIIIème siècle[1], probablement le plus ancien manuscrit de ce livre liturgique des cérémonies réservées à l’évêque, la désigne ainsi :

    Interim canitur versus Fortunati presbyteri ad baptizatos.

    Ces vers de Fortunat sont de forme anacréontique, en dimètres iambiques catalectiques [υ – υ –|υ – –], un mètre déjà utilisé par le poète chrétien espagnol Prudence pour son Hymnus ante somnum.

    Cette hymne est un versus, c’est-à-dire que la première strophe – Tibi laus perennis auctor – est reprise en guise de refrain après chacune des strophes suivantes[2]. Les versi constituent un type de pièces liturgiques un peu particulières et rares (on n’en dénombre qu’une trentaine dans tout le répertoire liturgique occidental). Ce sont en général des hymnes composées pour être chantées en procession.

    L’usage liturgique de Tibi laus perennis auctor est ainsi précisé dans le Pontifical dit de Poitiers du VIIIème siècle, qui est de fait probablement parisien :

    « Après la solennelle bénédiction des fonts, l’évêque baptise un ou deux enfants et ordonne aux prêtres et aux diacres, si nécessaire, de baptiser les autres enfants. Entre temps, on chantera ce versus de Fortunat pour ceux qui doivent être baptisés ».

    Curieusement, alors que la plupart des autres hymnes et versi de Fortunat eurent un grand succès un peu partout en Occident, le chant de cette hymne du baptême n’a été conservé que dans les manuscrits parisiens (ou de la sphère parisienne, comme ceux de l’abbaye royale de Saint-Denis). On sait que saint Fortunat avait des liens étroits avec le clergé de Paris et son évêque saint Germain, dont il loue le zèle pour le chant des offices de nuit comme de jour, dans une curieuse lettre versifiée Ad clerum Parisiensem. Il est possible que cette hymne ait été composée spécialement pour son ami le grand liturge saint Germain de Paris et qu’elle fut insérée dès le VIème siècle dans l’ancienne liturgie parisienne. Lorsque sous Charlemagne, Paris dû abandonner sa liturgie gallicane antique pour prendre le rit romain, ce fut l’une des pièces de l’ancien rit qui furent conservées dans l’usage de Paris. L’hymne ne fut plus chantée pendant le baptême lui-même, mais pendant la procession ramenant les néophytes du baptistère Saint-Jean-Le-Rond à la cathédrale Saint-Etienne puis, lorsque celle-ci fut démolie, à la cathédrale Notre-Dame de Paris toute proche.

    Texte & traduction :

    Tibi laus perennis, Auctor,
    Baptísmatis Sacrator,
    Qui sorte passionis
    Das præmium salútis.
    À toi la louange sans fin, Dieu créateur,
    Qui as institué le Sacrement du Baptême :
    Au jeu de la Passion,
    Tu nous gagnes le butin du Salut.
    Nox clara plus et alma
    Quam luna, sol et astra,
    Quæ luminum coronæ
    Reddis diem per umbram.
    Ô nuit plus claire et bienfaisante
    Que la lune, le soleil et les astres,
    C’est en passant par la ténèbre
    Que tu rends leur éclat aux lumières du ciel.
    Dulcis, sacrata, Blanda,
    Electa, pura, pulchra,
    Sudans honore mella,
    Rigans odore chrisma.
    Huile suave, sainte, douce
    Huile des élus, pure et belle,
    Tu distilles un baume doux comme le miel,
    Tu répands un parfum pénétrant.
    In qua Redémptor orbis
    De morte vivus exit :
    Et quos catena vinxit
    Sepultus ille solvit.
    Oint par toi, le Rédempteur du monde
    Est sorti vivant de la mort :
    Et ceux qu’une chaîne asservissait,
    Son sépulcre les a délivrés.
    Quam apéruit Christus
    Ad géntium salútem :
    Cujus salubri cura
    Redit novata plasma.
    [Huile] dont le Christ a ouvert le fleuve
    Au salut des nations,
    [Huile] salutaire dont le remède
    Donne un sang purifié.
    Accedite ergo digni
    Ad grátiam lavacri :
    Quo fonte recreati,
    Refúlgeatis, agni.
    Accourez donc, vous qui le pouvez,
    À la grâce du baptême :
    Re-créés par sa source,
    Agneaux, resplendissez de lumière.
    Hic gurges est, fideles,
    Purgans liquore mentes :
    Dum rore corpus sudat
    Peccáta tergit unda.
    C’est un torrent, fidèles,
    Qui lave les âmes de son eau :
    Tandis que le corps dégoutte de sa rosée,
    Le flot emporte les péchés.
    Gaudete candidati,
    Electa vasa regni :
    In morte consepulti,
    Christi fide renáti. Amen.
    Réjouissez-vous, dans vos vêtements blancs,
    Vases d’élection du Royaume :
    Ensevelis dans la mort avec Lui,
    Par votre Foi au Christ vous êtes nés 
    de nouveau. Amen.

    Le chant de ce versus ad fontes est du VIIIème ton. Les différents manuscrits parisiens présentent toutefois plusieurs variantes de ce chant. Voici celle qui fut retenue par le musicologue Amédée Gastoué pour qu’elle fut réinsérée dans le nouveau propre de Paris publié en 1925 :

    Tibi laus perennis - hymne de saint Venance Fortunat pour le baptême - recto

    Tibi laus perennis - hymne de saint Venance Fortunat pour le baptême : verso

    A titre de comparaison, voici la version retenue par Michel Huglo, fondée sur le Missel de Saint-Denis[3] (F-Pn lat. 1107) :
    Tibi laus perennis auctor - chant du Missel de Saint-Denys

    Enfin voici ce chant tel qu’il est noté[4] dans le Missel parisien (F-Pn lat. 1112) écrit pour l’usage des chanoines du chapitre de la cathédrale de Paris au XIIIème siècle & enluminé sous le règne de saint Louis :

    Tibi laus perennis auctor - Missel parisien du XIIIème siècle

    ***********************
    Notes

    Notes :    (↵ reviens au texte)

    1. Le pontifical dit de Poitiers n’est pas originaire de cette ville. Il s’agit probablement, comme l’a montré Michel Huglo, d’un livre ayant appartenu à l’abbaye de Saint-Pierre-des-Fossés, devenue par la suite Saint-Maur-des-Fossés, près de Paris. Cf. Michel Huglo, Bulletin codicologique, in Scriptorium, XXXV (1981), p. 62* n° 361.
    2. Le refrain du versus peut souvent être décomposé en deux parties qui sont reprises alternativement après chaque strophe, comme le Crux fidelis / Pange lingua du Vendredi Saint.
    3. Cf. Michel Huglo, Les versus de Venance Fortunat pour la procession du Samedi-saint à Notre-Dame de Paris, in Revue de Musicologie, T. 86, No. 1 (2000), à qui cet article doit beaucoup.
    4. Avec les Laudes carolingiennes – Christus vincit – dans la tradition de Paris.

    Louis Lazare Perruchot, Vidi aquam en faux-bourdon

    Mgr Louis Lazare Perruchot (1852 † 1930), maître de chapelle de la cathédrale de Monaco
    Vidi aquam
    Faux-bourdon – 4 voix mixtes (SATB).
    3 pages – Si bémol majeur.

    Mgr Perruchot fut successivement maître de chapelle de la cathédrale d’Autun, du petit séminaire de Rimont, puis à Paris, de Notre-Dame des Blancs-Manteaux et de Saint-François-Xavier ; il finit sa carrière à partir de 1904 à la cathédrale de Monaco. C’est à Langres qu’il reçut la révélation de la musique ancienne auprès du chanoine Couturier ; il influença par la suite Mgr Moissennet à Dijon.

    Mgr Perruchot composa de nombreuses formules de faux-bourdons sur les huit tons ecclésiastiques. Ce Vidi aquam est conçu en utilisant cette technique du faux-bourdon non mesuré. Il pourra être utilisé comme alternative au plain-chant, à la reprise de l’antienne après le Gloria Patri.

    L’antienne Vidi aquam remplace l’antienne Asperges me durant tout le temps pascal pour l’aspersion dominicale avant la grand’messe de paroisse. Son texte est tiré du prophète Ezéchiel (47, 1 & 9) et constitue une allusion prophétique au côté ouvert du Christ sur la croix, source de notre rédemption.

    Avec le faux-bourdon de Mgr Perruchot, nous joignons aussi le Vidi aquam en plain-chant grégorien, avec son verset & sa doxologie, ainsi que le texte des versets et de l’oraison qui suivent.

    Le texte de l’antienne :

    Vidi aquam egrediéntem de templo, a látere dextro, alleluia : & omnes, ad quos pervénit aqua ista, salvi facti sunt, & dicent, alleluia, alleluia.
    Ps 117, 1. Confitémini Dómino quóniam bonus : * quóniam in sæculum misericórdia ejus.
    Dox. Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen.
    J’ai vu de l’eau jaillir du temple, du côté droit, alléluia ; & tous ceux que cette eau atteignait étaient sauvés & disaient : alléluia, alléluia.
    Ps. 117, 1. Louez le Seigneur, car il est bon : * car sa miséricorde est éternelle.
    Dox. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

    Les premières mesures de cette partition :

    Mgr Perruchot - Vidi aquam en faux-bourdon

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    D’après Charles de Courbes – Regina cœli

    D’après Charles de Courbes (c. 1580 † ap. 1628), esleu & lieutenant particulier, organiste de l’église Saint-Sauveur de Paris.
    Regina cæli – Canticum paschale cum quatuor vocibus atque organis, servatis accentibus.
    4 voix (SATB).
    2 pages.

    « L’amateur » éclairé que fut le Sieur de Courbes, élu & lieutenant particulier, publie ses compositions chez Pierre Ballard en 1622 : « Cantiques spirituels nouvellement mis en musique à IIII, V, VI, VII et VIII parties ». Une bonne part de cet ouvrage est consacrée à la mise en musique d’hymnes de l’Eglise. Influencées par la chanson française, les hymnes de Charles de Courbes témoignent aussi de l’aspiration générale à plus de clarté dans les compositions musicales liturgiques qui se fait jour après le Concile de Trente. Elles reflètent également les spéculations rythmiques conduites quelques années auparavant par les auteurs de la Pléiade et par Jean-Antoine de Baïf en particulier. C’est à ses spéculations que se réfère directement l’indication « servatis accentibus » – en se servant des accents des mots latins – pour rythmer cette pièce sur l’accentuation et non sur un rythme uniforme.

    Charles de Courbes met ici en musique à quatre voix le texte de l’antienne à la Sainte Vierge durant le temps pascal (des complies du Samedi Saint à none du Samedi après la Pentecôte). Il utilise au Superius un chant abrégé et syllabique de l’antienne traditionnelle, relativement proche du chant abrégé en usage universel de nos jours. Ce chant abrégé de l’antienne Regina cæli passait pour avoir été l’œuvre du R.P. François Bourgoing, de l’Oratoire, dans son Brevis Psalmodiæ de 1634. Cette partition témoigne que ce chant est antérieur, sans qu’on puisse cependant décider si le Sieur de Courbes est l’auteur de cette abréviation du plain-chant médiéval qui deviendra traditionnelle par la suite, ou pas.

    Afin de faciliter l’emploi de ce chant par les communautés traditionnelles de notre temps, le chant du Superius a ici été retouché par endroit (et du coup la polyphonie légèrement modifiée) afin de se conformer à l’usage actuellement reçu. Le rythme a été également aligné sur l’usage reçu.

    A titre de comparaison, voici la partition original du Sieur de Courbes :

    Pour faciliter le chant de la basse, nous avons monté la partition d’un ton, de Fa à Sol majeur (VIème ton ecclésiastique).

    Regína cæli, laetáre, alleluia;
    Quia quem meruísti portáre, alleluia,
    Resurréxit, sicut dixit, alleluia:
    Ora pro nobis Deum, alleluia.
    Reine du Ciel, réjouis-toi, alléluia,
    Car celui que tu as mérité de porter, alleluia,
    Est ressuscité, comme il l’avait dit, alleluia,
    Prie Dieu pour nous, alleluia.

    Les premières mesures de cette partition :

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    Charles de Courbes - Regina cœli

    Programme de la solennité de sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France

    La France Délivrée par sainte Jeanne d'ArcSaint-Eugène, le dimanche 12 mai 2019, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

    Jeanne d’Arc est née à Domrémy, autrefois du diocèse de Toul, maintenant de Saint-Dié, de parents remarquables par leur foi et l’intégrité de leurs mœurs, en 1412. Elle avait à peine treize ans et ne connaissait que les occupations du foyer, le travail des champs et les premiers éléments de la religion, quand elle fut avertie qu’elle était choisie par Dieu pour délivrer la France et la rendre à l’ancienne autorité royale. Après que, pendant cinq ans, l’Archange saint Michel et les saintes vierges Catherine et Marguerite, dont elle recevait de fréquentes visites, lui eurent appris comment elle exécuterait ce qui lui était ordonné, elle reconnut qu’elle devait obéir à Dieu. Elle demanda au gouverneur de Vaucouleurs et, après quelques refus, en obtint des hommes qui devaient la conduire au roi Charles.
    IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

    Obéissant aux avertissements divins, après avoir surmonté les difficultés d’un long voyage, elle arriva au château de Chinon, en Touraine, et, ayant convaincu le roi Charles de la vérité de sa mission divine, elle partit pour Orléans. En peu de jours, par un terrible assaut, elle infligea trois défaites aux ennemis, prit leurs places fortes et fit triompher son étendard. De là, après quelques faits de guerre où le secours de Dieu se manifesta de façon merveilleuse, elle conduisit Charles à Reims pour y recevoir l’onction du sacre royal. Elle ne pensa pas pour autant qu’elle devait se reposer ; mais comme elle avait reçu du ciel l’annonce que, par la permission de Dieu, elle devait tomber au pouvoir de l’ennemi, elle accepta de bon cœur ce qui devait nécessairement arriver.
    Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

    Jeanne, faite prisonnière à Compiègne, vendue aux ennemis, bientôt conduite à Rouen, y fut traduite en jugement et accusée de toutes sortes de crimes, sauf de fautes contre la chasteté. Pour Jésus, elle supporta tout avec patience. Le procès ayant été conduit par des juges très corrompus, la vierge innocente et douce fut condamnée à la peine du feu. Ayant donc reçu le réconfort de la sainte Eucharistie qu’elle avait désirée si longtemps, les yeux tournés vers la croix et répétant très souvent le nom de Jésus, elle s’envola au ciel, le 30 mai, n’ayant pas encore accompli sa vingtième année. L’Église Romaine, qu’elle avait toujours aimée et à qui elle en avait souvent appelé, prit soin de la justifier de tout crime, sous le pontificat de Calixte III. Vers la fin du dix-neuvième siècle, Léon XIII permit d’introduire la cause de la Pucelle d’Orléans. Puis le Souverain Pontife Pie X la mit au rang des Bienheureuses, et Benoît XV au nombre des saintes Vierges. Enfin Pie XI, accédant aux vœux des évêques français, la déclara et institua patronne secondaire de la France, après la Très Sainte Vierge en son Assomption.
    VIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

    A la sainte messe :

    IIndes vêpres de la solennité de sainte Jeanne d’Arc, avec mémoire du dimanche dans l’octave de l’Ascension. Au salut du Très-Saint Sacrement :

    • Motet d’exposition : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790)
    • A la Bienheureuse Vierge Marie : Regina cœli, du VIème ton
    • En l’honneur de sainte Jeanne d’Arc : Concordent nostris cælica, cantique à Sainte Jeanne d’Arc de Mgr Foucault, évêque de Saint-Dié († 1930)
    • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Oremus pro Pontifice nostro du VIème ton, pour le Temps pascal.
    • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
    • Chant d’action de grâces : Adoremus in æternum – Psaume XVI – plain-chant du XVIIIème siècle

    Télécharger le livret de cette messe au format PDF.
    Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres de sainte Jeanne d’Arc.
    Télécharger le livret de la mémoire des IIndes vêpres du IIIème dimanche après Pâques.

    Programme du dimanche des Myrrhophores – ton 2

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 12 mai 2019 du calendrier grégorien – 29 avril 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

    Le dimanche de la troisième semaine de Pâques, l’Eglise byzantine honore les saintes femmes Myrrhophores (porteuses de myrrhe), qui ont embaumé le corps du Seigneur, ainsi que ceux qui contribuèrent à son ensevelissement : Joseph d’Arimathie et Nicodème. Ce dimanche constitue donc une synaxe de tous les témoins de l’ensevelissement et de la résurrection du Christ (comme la synaxe de la Mère de Dieu suit le jour de Noël ou la synaxe de Jean le Baptiste suit la Théophanie). L’évangile de la divine liturgie de ce jour est tiré de Marc XV, 43 à XVI, 8, et relate l’ensevelissement & la résurrection du Christ. Il constitue une dérogation dans la lecture continue de l’évangile de saint Jean pendant le temps pascal. L’origine de cette fête est Constantinopolitaine (à l’origine, à Jérusalem, Marc XV, 43 – XVI, 8 était précisément l’évangile du jour de Pâques – on y lisait Jean II, 1-11 le troisième dimanche de Pâques).

    Saint Joseph d'Arimathie vient demander à Pilate de lui donner le corps de Notre Seigneur après sa mort en CroixJoseph d’Arimathie était membre du Sanhédrin (Luc XXIII, 50 – Marc XV, 43). En cette qualité, il a dû prendre part au jugement qui a condamné Jésus, « mais il n’avait pas donné son assentiment à leur décision & à leur acte, car c’était un homme bon & juste » (Luc XXIII, 51). Il s’était fait disciple de Notre Seigneur (Matthieu XXVII, 57), mais en secret, par crainte des Juifs (Jean XIX, 38). Il était riche (Matthieu XXVII, 57), notable & grand (Marc XV, 43), aussi la liturgie byzantine le désigne sous l’appellation du « noble Joseph ». Il était originaire d’Arimathie (aujourd’hui Rentis, au Nord-Est de Lydda), mais devait habiter Jérusalem puisqu’il s’y était fait tailler son tombeau dans le roc, à la manière des riches.

    Quoique craintif de se déclarer pour Jésus au milieu du Sanhédrin, Joseph ose entreprendre la démarche auprès de Pilate pour ensevelir le corps de Jésus. D’après la coutume juive, les corps des suppliciés devaient être jetés dans des fosses communes qui étaient la propriété des tribunaux. Aussi Joseph s’adresse-t-il à Pilate, car la loi romaine concédait le cadavre d’un supplicié aux amis ou aux parents qui le réclamaient. Pilate, étonné de ce que Jésus fut décédé si tôt, ne fit pas de difficulté pour accorder à Joseph la faveur de rendre les derniers devoirs au corps du Christ.

    Joseph descendit donc le corps de Jésus de la Croix, aidé vraisemblablement par les quelques disciples encore présents, probablement saint Jean, mais surtout Nicodème, explicitement nommé (Jean XIX, 39). Comme Joseph, Nicodème fait partie du Sanhédrin (Jean III, 1). Pendant que Joseph faisait les démarches auprès de Pilate, Nicodème avait dû aller acheter précipitamment les aromates nécessaires à l’ensevelissement, en se souciant semble-t-il de la quantité plus que de la qualité : environ 100 livres (soit 32 kg 700) d’une mixture de myrrhe & d’aloès.

    Le corps de Jésus, descendu de la Croix, a probablement d’abord été lavé. On y versa les aromates et on l’enveloppa dans un suaire propre (Matthieu XXVII, 59) avec plusieurs autres linges (bandelettes & pièces de linceuls cf. Jean XIX, 40 – Luc XXIII, 53 – Marc XV, 46 – Matthieu XXVII, 58). Les saintes femmes durent prêter main forte à Joseph & Nicodème pour la toilette funéraire, mais celle-ci dû être faite à la hâte et de façon incomplète, car le crépuscule approchait et l’on entrait dans le grand Sabbat de la Pâques où tout travail de ce genre était prohibé.

    Jésus n’ayant pas de tombeau, Joseph lui céda le sien (Matthieu XXVII, 60) : un tombeau aristocratique tout neuf qui venait d’être taillé dans le roc, dans un enclôt tout près du Golgotha. Le corps de Jésus fut placé sur la banquette de pierre et Joseph roula la grande pierre prévue pour servir de fermeture au tombeau.

    Les saintes femmes qui avaient aidé à la toilette funèbre observèrent soigneusement où on avait placé le corps de Jésus : elles étaient décidées à accomplir à nouveau la toilette funèbre plus dignement et plus complètement, avec des onguents de grand prix, très tôt le dimanche matin, une fois le Sabbat de Pâques passé.

    Dans la tradition orientale, ces saintes femmes myrrhophores – au nombre de 7 – sont les suivantes :

    1. Marie Madeleine (Marie de Magdala) (la seule mentionnée par Jean XX, 1), de qui Jésus avait chassé sept démons, la première arrivée au tombeau le dimanche matin (peut-être parce que les autres avaient été retardées par l’achat de nouvelles aromates),
    2. Marie de Jacques, femme de Cléophas (ou Clopas dit aussi Alphée) et mère de Jacques le Mineur et de Joseph (ou Joset), sœur de la Sainte Vierge (en réalité sa belle-sœur, Cléophas étant frère de Joseph) et donc tante de Jésus (cf. Jean XIX, 25). Ses quatre fils Jacques, Joseph, Simon & Jude sont les cousins germains de Jésus, que l’évangile, à la manière sémite, désigne sous le nom de « frères » du Seigneur.
    3. Salomé (ou Marie Salomé), femme de Zébédée et mère des apôtres Jacques le Majeur & Jean l’Evangéliste, vraisemblablement eux aussi de la parenté de la Sainte Vierge et de saint Joseph.
    Ces trois myrrhophores – appelées en Occident « les 3 Marie » – sont spécialement mentionnées par les 4 évangiles (Matthieu XXVII, 56 et 28, 1 – Marc XV, 40 et XVI, 1 – Luc XXIV, 10 – Jean XIX, 25). Cependant, elles n’étaient pas les seules (cf. Luc XXIV, 10 : « celles qui leur firent ce rapport étaient Marie-Madeleine, Jeanne & Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles »), et la tradition leur associe les suivantes :
    4. Jeanne, femme de Chusa qui était intendant d’Hérode Antipas (citée nommément donc par Luc XXIV, 10).
    5. Suzanne, citée parmi les femmes qui accompagnaient Jésus et l’assistaient de leurs biens (Luc VIII, 3).
    6. & 7. Marthe & Marie, les deux sœurs de Lazare.

    La tradition iconographique leur associe également la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, qui, ayant assisté avec saint Jean à la mort de son fils, dût être présente lors de la déposition de la croix et des cérémonies de l’ensevelissement, conduites par Joseph d’Arimathie assisté de Nicodème.

    Les femmes myrrhophores furent parmi les premières à suivre Jésus et soutenaient la troupe apostolique de leurs services & de leurs ressources. Elles lui furent fidèles jusqu’au bout, malgré l’échec apparent, au pied de la Croix, tandis que les disciples se tenaient loin. En récompense de la constance inébranlable de leur amour et de leur fidélité, c’est à elles qu’est confiée la première annonce de la résurrection.

    Aux heures
    A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche, ton 2. Gloire au Père. Tropaire de la fête (Le Noble Joseph). Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête.

    A la divine liturgie :

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 2, & 4 tropaires de la 6ème ode du canon du Triode fleuri :
    1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
    3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
    4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
    5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, ** ô Christ, se levèrent, ressuscités.
    6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrrhophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.
    7. Ressuscité du tombeau, toi qui pillas l’Enfer, * tu vivifias les morts et par ta résurrection * m’ouvris les immortelles sources : * délivre-moi, Sauveur, du lien de mes passions, ** car tout ce que tu veux, tu le peux accomplir.
    8. Que rougissent les méchants, puisque le Christ * est ressuscité, réveillant les morts et leur criant : * « Courage, j’ai vaincu le monde ! » * Croyez en lui ou bien restez muets, ** vous qui rejetez sa résurrection !
    9. Aux Myrrhophores tu as dit : Réjouissez-vous ! * lorsque du sépulcre tu fus ressuscité, * et tu fis proclamer ta Résurrection par les Apôtres ; * délivre-moi, Sauveur, du lien de mes passions, ** car tout ce que tu veux, tu le peux accomplir.
    10. Honorons le noble Joseph, partisan de la piété, * membre du Conseil et disciple du Seigneur, * chantons aussi les Myrrhophores et les Apôtres ; * avec eux tous, fidèles, célébrons ** joyeusement la Résurrection du Sauveur.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : ** Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi !
    2. Tropaire de Joseph d’Arimathie, ton 2 : Le noble Joseph, * ayant descendu de la croix ton corps immaculé, * l’enveloppa d’un linceul blanc avec des aromates * et le coucha avec soin dans un tombeau neuf ; * mais tu es ressuscité le troisième jour, Seigneur, ** faisant au monde grande miséricorde.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion des Myrrhophores, ton 2 : Ayant dit aux Myrrhophores « Réjouissez-vous », * tu as fait cesser par ta Résurrection, ô Christ Dieu, * les gémissements d’Eve, notre première mère. * Mais à tes apôtres tu as donné l’ordre de prêcher : ** « Le Sauveur est ressuscité du tombeau ».
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de Pâques, ton 8 : Tu es descendu dans le tombeau, ô Immortel, * mais Tu as détruit la puissance des enfers * et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ-Dieu. * Aux femmes myrrhophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous ! ** & à Tes Apôtres Tu as donné la paix.

    Prokimen
    Des Myrrhophores, ton 6 :
    R/. Sauve, Seigneur ton peuple * et béni ton héritage.
    V/. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi.

    Epître : Actes des Apôtres (§ 16) VI, 1-7 (L’institution des diacres par les Apôtres).
    Choisissez donc, frères, sept hommes d’entre vous d’une probité reconnue, pleins de l’Esprit-Saint et de sagesse, à qui nous commettions ce ministère.

    Alleluia
    Des Myrophores, ton 8 :
    V/. Tu aimes ton pays, Seigneur, tu fais revenir les captifs de Jacob.
    V/. Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent.

    Evangile : Marc (§ 69) XV, 43 à XVI, 8.
    Joseph d’Arimathie, qui était un homme de considération et sénateur, et qui attendait aussi le royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus.

    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    (Hirmos 🙂 Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

    Verset de communion
    De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
    Télécharger le livret commun des choristes pour le Temps pascal.

    Programme du IInd dimanche après Pâques – Dimanche du Bon Pasteur

    Saint-Eugène, le dimanche 5 mai 2019, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

    Ce second dimanche de Pâques est aussi appelé dimanche de Misericordia (du 1er mot de l’introït) ou – le plus souvent – sous le nom populaire de dimanche du Bon Pasteur, en raison de l’évangile qui y est lu (Jean X, 11-16) et qui est repris par le second Alleluia et l’antienne de communion du jour :

    Ego sum pastor bonus : et cognósco meas et cognóscunt me meæ. Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

    Dès l’antiquité, à Rome, la messe stationnale du pape a lieu en ce jour à Saint-Pierre du Vatican, auprès de la tombe du Prince des Apôtres qui a été le premier pasteur du peuple chrétien après Notre Seigneur, que saint Pierre précisément appelle, dans l’épître qui est lue ce jour à la messe :

    Pastórem et epíscopum animárum vestrárum, Le Pasteur et l’Evêque de vos âmes.

    La dévotion à Jésus Rédempteur sous les traits du Bon Pasteur pénétra de bonne heure dans le cœur des premiers fidèles. Abercius, dans son inscription funéraire, parle du Bon Pasteur qui, de ses yeux toujours vigilants, regarde son troupeau. A la fin de l’âge apostolique, Hermas donne précisément le nom du Pasteur à son écrit apocalyptique sur la pénitence, sujet alors si discuté. A Rome, l’église située sur le Viminal, près de laquelle les Pontifes fixent leur résidence temporaire, est dédiée au bon Pasteur, dont l’image, au dire de Tertullien, ornait les calices et les coupes eucharistiques. La représentation du bon Pasteur est si familière aux peintres et aux sculpteurs des catacombes que nous la trouvons reproduite à profusion dans les arcosolia et sur les sarcophages. Bien plus, à une époque où le spiritualisme de l’art chrétien antique avait encore en horreur les statues, on fait une exception en faveur de celle du bon Pasteur, dont plusieurs exemplaires importants nous ont été conservés.
    Bienheureux cardinal Schuster, archevêque de Milan, in Liber Sacramentorum.

    Vous avez entendu, mes très chers frères, dans la lecture du saint Évangile, un enseignement qui vous concerne ; vous y avez appris aussi à quelle épreuve nous sommes mis, (nous, vos pasteurs). Celui qui est bon, non par une grâce accidentelle, mais par l’essence de sa nature, vous dit : « Moi je suis le bon pasteur. » Et nous donnant le modèle de cette même bonté à imiter, il ajoute : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » Il a fait ce qu’il a enseigné ; il nous a donné l’exemple de ce qu’il a commandé. Le bon pasteur a donné sa vie pour ses brebis, afin de convertir, dans notre sacrement, son corps et son sang, et d’en rassasier tous ceux qu’il avait rachetés.
    Homélie de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

    A la sainte messe :

    IIndes vêpres du second dimanche après Pâques. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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    Télécharger le livret du commun des IIndes vêpres du dimanche durant le Temps pascal.
    Télécharger le livret du propre des IIndes vêpres et du salut du dimanche du IInd dimanche après Pâques.