Programme du Vème dimanche après l’Epiphanie

Vème dimanche après l'Epiphanie : le bon grain & l'ivraieSaint-Eugène, le dimanche 10 février 2019, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Le bon grain & l’ivraie.

Tandis que les chefs de l’Église se montraient négligents ou bien, si l’on préfère, lorsque les Apôtres se furent endormis du sommeil de la mort, le diable vint et il sema ceux que le Seigneur appelle les mauvais fils. Mais qui sont-ils ? Il y a lieu de le rechercher. Des hérétiques ou bien des mauvais catholiques ? Les hérétiques peuvent bien être dits aussi de mauvais fils, car nés de la même semence de l’Évangile, et procréés au nom du Christ, ils se sont laissé détourner par des opinions erronées vers de fausses doctrines.
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du Vème dimanche après l’Epiphanie. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Panis angelicus – Ier ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Regina cœlorum – VIème ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Vème ton « moderne »
  • Chant final, d’action de grâces : Benedictus es Domine Deus patrum nostrorum – Ier cantique des Trois Enfants dans la fournaise – plain-chant parisien du VIIème ton

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Programme du XXXVIIème dimanche après la Pentecôte – tous les saints néomartyrs & néoconfesseurs de Russie – ton 4

Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 10 février 2019 du calendrier grégorien – 28 janvier 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton IV de l’Octoèque. En ce jour également, l’Eglise russe fête tous ses néomartyrs du XXème siècle victimes du communisme.

La persécution athée sans précédent qui s’est abattue sur l’Église de Russie après la Révolution bolchévique de 1917 jusqu’à la célébration du Millénaire du Baptême de la Russie en 1988 n’est pas parvenue à éteindre la foi dans ce pays, mais de nombreux martyrs ont témoigné de la victoire du Christ sur la mort, sur la peur et sur le mal. Une base de données de l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou a recensé 500 000 néomartyrs & néoconfesseurs de la foi victimes du communisme. Parmi ceux-ci, les responsables de cette base de données ont réunis des dossiers personnels plus complets sur 35 000 individus. Si chaque année l’Eglise russe ajoute nommément à son calendrier de nombreux nouveaux saints néomartyrs, il a paru nécessaire de regrouper tous les néomartyrs en une fête. Un nouvel office fut composé en 2002. Celle-ci a été fixée au dimanche qui suit le 25 janvier, pour la raison que c’est à cette date que fut martyrisé saint Vladimir, métropolite de Kiev, lequel fut la première victime de la persécution après la révolution d’Octobre. Le 25 janvier 1918 en effet, arrêté en pleine nuit, saint Vladimir de Kiev fut conduit hors de la Laure des Grottes de Kiev. Maltraité et injurié, il chanta et pria calmement jusqu’à son exécution, bénissant ses bourreaux avant d’être fusillé, leur disant : « Que Dieu vous pardonne ! ».

Il n’est certes pas possible d’énumérer tous les néomartyrs, mais rappelons ici la figure de la grande-duchesse sainte Elisabeth. Élisabeth Feodorovna naquit le 20 octobre 1864. Elle était l’épouse du grand duc Sergei Alexandrovitch, assassiné en 1905 dans un attentat terroriste. Elle rendit visite à l’assassin en prison pour l’exhorter au repentir et demanda sa grâce au tsar. Elle ne cessa de prier pour lui. Pendant la guerre russo-japonaise, elle se dévoua beaucoup, s’occupant des blessés et décida de se consacrer à Dieu.

Animée d’un esprit d’entraide, elle fonda à Moscou le Monastère de Marthe et Marie, moniales infirmières pour les pauvres et les malades. Personne au regard doux, sentant venir des moments durs pour son pays, elle encouragea les croyants à traverser ces moments terribles avec foi. Elle-même se montra une infirmière admirable, ne se ménageant jamais. Refusant d’être sauvée, elle fut arrêtée en 1918 avec deux consœurs dont sainte Barbara qui partagea son martyr. La nuit du 17 juillet 1918, elle fut jetée avec d’autres membres de la famille Romanov dans un puits des mines d’Alapaevsky profond de 60 mètres. Elle ne mourut pas de suite et on l’entendit chanter du fond du gouffre le tropaire de la Résurrection & l’hymne Acathiste. Son corps fut retrouvé intact sur un rebord à seize mètres de profondeur à côté du prince Constantinovitch dont elle avait encore pu soigner les blessures. Après un long périple par Irkoutsk, la Chine, Suez et la Palestine, ses reliques furent déposées dans l’Église du Monastère Sainte-Marie-Madeleine à Jérusalem, construit par l’empereur Alexandre III. Sainte Élisabeth est une des saintes néomartyres les plus vénérées en Russie où son icône est partout présente.

Par la prière des saints néomartyrs & néoconfesseurs, Seigneur notre Dieu, aie pitié de nous.

*

Ce dimanche est aussi le dimanche où se lit l’évangile de Zachée, puisque c’est le dernier dimanche après la Pentecôte, avant que ne débute la période du Triode (et de l’Avant-Carême en particulier, qui démarre dans une semaine).

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Néomartyrs. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Néomartyrs. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : des Néomartyrs.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 4, & 4 tropaires de la 3ème ode du canon des Néomartyrs :
1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances & la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
7. Souviens-toi, Seigneur, des affreux tourments * que les nouveaux porteurs-de-la-passion ont enduré pour
Toi, * qui ont maintenant germé pour notre race ; ** et accepte leurs suppliques pour notre
salut.
 8. O juste Juge, tu as ouvert le royaume des cieux * aux confesseurs de l’Eglise de Russie. * Ecoute, Seigneur, leur justice, * et prête l’oreille à leur supplication ** pour le salut de nos âmes.
 9. Ô Très divine Trinité, * fais-nous revenir de notre captivité ! * Nous savons que le péché s’est accru dans notre pays plus que jamais auparavant ; * cependant la grâce a aussi brillé dans la lutte des nouveaux saints, * qui Te supplient également, Dieu trois fois saint, ** pour le salut de nos âmes.
10. Rassemble les dispersés ; * élève les faibles de cœur ; * appelle ceux qui ont renoncé à la sainte Foi et convertis-les, ô Vierge Marie, * gracieuse et pure, * implorant le Christ Sauveur, avec les saints nouveaux martyrs et confesseurs, ** pour le pardon et le salut de nos âmes.

A la petite entrée :
. Tropaire du dimanche, ton 4 : Ayant appris de l’Ange la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * les femmes disciples du Seigneur * dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « Renversée est la mort ! * Le Christ Dieu est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
2. Tropaire des Néomartyrs, ton 4 : Aujourd’hui, l’Eglise russe chante avec joie en chœur, * louant ses néomartyrs et confesseurs : * hiérarques et prêtres, * souverains ayant souffert la passion fermes dans la foi, * princes et princesses, * hommes vénérables et femmes, * et tous les chrétiens orthodoxes. * Après avoir donné leur vie pour la foi dans le Christ * pendant les jours de la persécution athée, * ils ont conservé la vérité par l’effusion de leur sang. * Par leur protection, O Seigneur, lent à la colère, * préserve notre pays dans l’orthodoxie ** jusqu’à la fin des temps.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Néomartyrs, ton 3 : Aujourd’hui, les Néomartyrs de Russie, * parviennent drapés de blanc devant l’Agneau de Dieu : * et chantent à Dieu le cantique victorieux des Anges : * bénédiction, gloire, sagesse, * louange, honneur, * puissance et force * à notre Dieu ** pour les siècles des siècles. Amen.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon sauveur & mon libérateur, * au sortir du tombeau * a libéré et ressuscité tous les habitants de la terre, car il est Dieu. * Il a brisé les portes des enfers, ** et lui le Maître, il est ressuscité le troisième jour.

Prokimen
Du dimanche, ton 4 :
R/. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
V/. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
Des Néomartyrs, ton 7 :
R/. Dieu est notre refuge & notre force (Psaume 45, 2).

Epîtres
Du dimanche : I Timothée (§ 285) IV, 9-15 (du XXXIIème dimanche).
Car ce qui nous porte à souffrir tous les maux et tous les outrages dont on nous charge, c’est que nous espérons au Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, et principalement des fidèles.
Des néomartyrs : Romains (§ 99), VIII, 28-39.
Qui donc nous séparera de l’amour du Christ ? Sera-ce l’affliction, ou les déplaisirs, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou les périls, ou le fer, ou la violence ?

Alleluia
Du dimanche, ton 4 :
V/. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
V/. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
Des Néomartyrs, ton 4 :
V/. Les justes ont crié, et le Seigneur les a exaucés ; et il les a délivrés de toutes leurs peines (Psaume 33, 18).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 94) XIX, 1-10 (du XXXIIème dimanche, de Zachée).
Car le Fils de l’homme est venu pour chercher et pour sauver ce qui était perdu.
Des Néomartyrs : Luc (§105-106) XXI, 8-19.
Vous serez trahis et livrés par vos pères et vos mères, par vos frères, par vos parents, par vos amis ; et on fera mourir plusieurs d’entre vous.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des Néomartyrs : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la solennité de la Purification de la Sainte Vierge au Temple (Chandeleur)

Procession de la Chandeleur (2 février)Saint-Eugène, le dimanche 3 février 2019, procession & messe solennelle de 11h, suivie de la bénédiction de saint Blaise. Secondes vêpres à 17h45.

> Catéchisme sur la fête de la Purification

Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes.
Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

Après la messe sera donnée la bénédiction de saint Blaise.

IIndes vêpres de la fête de la Purification. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Ave verum Corpus – Prose du Très-Saint Sacrement du XIVème siècle, attribuée au pape Innocent VI († 1362) – VIème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave plena gratia – au propre de Paris
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium – Ier ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo – Vème ton « moderne »
  • Cantique final d’action de grâces : Lumen ad revelationem gentium & Cantique de Siméon – Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – VIIIème

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Un apostiche idiomèle de Côme le Moine dans la liturgie latine du 2 février

Le 2 février, les Eglises d’Orient & d’Occident célèbrent la Purification de la Sainte Vierge & la Présentation de Jésus au Temple, 40 jours après sa Nativité. En Orient, cette fête reçoit aussi le nom d’Hypapante ou « Rencontre du Seigneur » (l’expression Occursum Domini, qui en est l’équivalent latin, a également été en usage en Occident), terme qui rappelle la sainte rencontre entre l’Enfant Jésus & le vieillard Syméon. Nous avons précédemment présenté que le tropaire grec de la fête s’était retrouvé dans les antiennes processionnelles de cette fête en Occident. Une autre antienne de la procession latine de la Chandeleur, Adorna thalamum, possède elle aussi une origine orientale.

A la fin de l’office de vêpres de cette fête, les livres liturgiques grecs (Ménée de février) en effet, assignent aux apostiches (chants qui accompagnent le retour en procession du clergé dans le chœur, après une station au narthex de l’église), trois idiomèles (pièces possédant une mélodie propre) composés dans le VIIème ton par Côme le Moine.

Voici le texte grec du premier de ces apostiches idiomèles :

Κατακόσμησον τὸν νυμφῶνά σου Σιών, καὶ ὑπόδεξαι τὸν Βασιλέα Χριστόν, ἄσπασαι τὴν Μαριάμ, τὴν ἐπουράνιον πύλην· αὕτη γὰρ θρόνος Χερουβικὸς ἀνεδείχθη, αὕτη βαστάζει τὸν Βασιλέα τῆς δόξης, νεφέλη φωτὸς ὑπάρχει ἡ Παρθένος, φέρουσα ἐν σαρκὶ Υἱὸν πρὸ Ἑωσφόρου, ὃν λαβὼν Συμεὼν ἐν ἀγκάλαις αὐτοῦ ἐκήρυξε λαοῖς, Δεσπότην αὐτὸν εἶναι, ζωῆς καὶ τοῦ θανάτου, καὶ Σωτῆρα τοῦ κόσμου.

Cette composition liturgique de l’office grec fut repris dans la liturgie romaine du 2 février, afin d’y devenir l’une des antiennes accompagnant la procession de la Chandeleur. Voici le texte latin :

Adórna thálamum tuum, Sion, et súscipe Regem Christum : ampléctere Maríam, quæ est cæléstis porta : ipsa enim portat Regem glóriæ novi lúminis : subsístit Virgo, addúcens mánibus Fílium ante lucíferum génitum : quem accípiens Símeon in ulnas suas, prædicávit pópulis, Dóminum eum esse vitæ et mortis, et Salvatórem mundi.

En voici une traduction française :
Sion, orne ta chambre nuptiale, et reçois le Christ-Roi ; accueille avec amour Marie, qui est la porte du ciel ; car elle tient dans ses bras le Roi de gloire, celui qui est la lumière nouvelle ; debout, la Vierge offre de ses propres mains son Fils engendré avant l’aurore ; Siméon le reçoit dans ses bras et annonce aux peuples le Maître de la vie et de la mort, et le Sauveur du monde.

Dans le rit romain, Adorna thalamum se présente comme une grande antienne processionnelle, un type un peu particulier de chants qui étaient exécutés à deux chœurs alternés. Du reste, les reprises mélodiques internes de la pièce, chantée dans un VIème ton à la tournure inhabituelle (une transcription du chant grec ?), suggèrent fortement les alternances entre deux chœurs. Voici une proposition de restitution de ces alternances antiphonées :

Ant-06-AdornaThalamum

Adorna thalamum figure déjà dans l’un des plus ancien témoin du graduel grégorien, l’Antiphonaire du Mont-Blandin (f°. 95, v°). Dans cet antiphonaire de la messe, cette antienne (tout comme le tropaire Χαῖρε κεχαριτωμένη Θεοτόκε Παρθέν / Ave gratia plena Dei Genitrix Virgo) est transcrite à la fois en grec et en latin, suggérant que la pièce a pu être chantée primitivement en Occident dans les deux langues. Le grec est rendu phonétiquement en caractère latin (témoignage intéressant du reste pour comprendre comment pouvait être prononcé le grec liturgique par des gosiers barbares latinisés du Nord des Gaules).

Voici le découpage de ce texte bilingue dans le manuscrit du Mont-Blandin :

Chathacosmyso thon niphona su Sion Adorna thalamum tuum, Sion,
coe ipodexe ton basileon Christon et suscipe Regem Christum
aspase thyn Mariam amplectere Mariam
thyn epuranion phylyn quae est caelestis porta
authy bastazi thon Basileon thys doxis ipsa enim portat regem gloriae
nephyli photos yparchy parthenos novo lumine subsistit Virgo
ferusa en chersin Yon proeosforu adducens in manibus filium ante luciferum
on labon Symeon en anchales autu quem accipiens Simeon in ulnis suis
ekyrixen lais praedicavit populis
despotyn authon ene Dominum eum esse
Zois ce thanatu vitae et mortis
ce Sothyra tu chosmu et salvatorem mundi
Adorna thalamum bilingue - antiphonaire du Mont-Blandin.

Adorna thalamum bilingue : grec & latin – antiphonaire du Mont-Blandin.

L’antiphonaire du Mont-Blandin est l’un des témoins les plus anciens et plutôt complet des textes liturgiques grégoriens chantés à la messe. On le date du début du IXème siècle.

Or Côme le Moine auquel les Ménées grecs attribuent la paternité de notre antienne est régulièrement identifié comme étant saint Côme (ou Cosmas) le Mélode, appelé aussi saint Côme de Maïouma (ou de Jérusalem, ou l’Hymnographe).

Né vers 675, saint Côme de Maïouma était un orphelin damascène de pauvre extraction qui fut adopté par Serge, le père de saint Jean Damascène. Les deux enfants reçurent leur instruction du moine Côme de Sicile. Les deux frères de lait devinrent moines vers 726 à la laure de Saint-Sabbas près de Jérusalem. Tous deux furent les hymnographes les plus brillants & les plus célèbres de la liturgie grecque. Saint Côme devint évêque de Maïouma, petite ville qui était alors le port de Gaza. Il y mourut vers 760.

Quarante années seulement sépareraient la mort de l’auteur grec de l’antienne qu’on retrouve dans le manuscrit de l’abbaye du Mont-Blandin, témoin fidèle de la liturgie romaine telle qu’elle fut synthétisée et adaptée à la cour carolingienne. Une si brève période pose problème et diverses solutions peuvent être envisagées :

1ère hypothèse : L’attribution de l’apostiche Κατακόσμησον τὸν νυμφῶνά σου faite par les Ménées grecs à Côme le Moine est fausse et la pièce est plus ancienne (les deux autres apostiches idiomèles suivant ont pu être composés ultérieurement sur le modèle de Κατακόσμησον τὸν νυμφῶνά σου par Côme le Moine, d’où l’attribution commune des trois pièces).
2nde hypothèse : Côme le Moine dont il est fait allusion n’est pas saint Côme de Maïouma mais un autre hymnographe inconnu qui serait plus ancien, ou alors son précepteur Côme de Sicile, qui aurait été aussi hymnographe. Cette hypothèse est avancée par le cardinal Pitra.
3ème hypothèse : Il convient de repousser la date de rédaction de l’Antiphonaire du Mont-Blandin, des alentours de l’an 800 à la fin du IXème. Dominique Gatté a montré que les quelques neumes qu’il contient (sur le debut de l’introït Ad te levavi, longtemps pensés comme un ajout ultérieur, seraient bien de la même encre que le texte du manuscrit. Or la notation musicale avec neumes semble apparaître après 850. Soit notre manuscrit est l’unique témoin antérieur à cette date de l’existence de la notation neumatique, soit il est effectivement postérieur à 850.
4ème hypothèse enfin : Notre antienne est bien de saint Côme de Maïouma dont l’activité hymnographique a pu commencer dès les années 720 lorsqu’il devient moine à Saint-Sabbas. Son introduction dans la liturgie romaine du 2 février, comme celle du tropaire Ave plena gratia, aurait pu être le fait du pape saint Grégoire III, lequel était de Syrie. Grégoire semble né vers 690, et régna sur le trône de saint Pierre de 731 à 741. Saint Grégoire III est le 5ème des papes syriens des VIIème – VIIIème siècles. Cette concentration de Syriens sur le siège de Rome est une conséquence de l’exil de nombreux chrétiens syriens réfugiés à Rome à partir de la conquête musulmane de la Syrie (634-638). Le Liber pontificalis loue son bilinguisme latin-grec dans le chant des psaumes et son habilité aux célébrations liturgiques (la notice sur ce pape rapporte aussi qu’il ajouta quelques mots au canon romain pour l’usage exclusif d’un oratoire de Saint-Pierre). Grégoire III lutta courageusement contre l’iconoclasme que promouvait l’empereur de Constantinople, Léon III (et rejoignait de ce fait le même combat que menait en Orient son compatriote syrien saint Jean Damascène). Ce pape entretint des relations fructueuses avec Charles Martel, aussi son œuvre fut telle tenue en grande estime par les Carolingiens ultérieurs (les lettres de saint Grégoire III à Charles Martel furent collectées par ordre de Charlemagne dans le Codex epistolaris Carolinus). Tous ses éléments pourraient rendre plausible la réception dans la liturgie de Rome d’œuvres d’hymnographes syriens, & leur diffusion dans l’espace carolingien.

Quoiqu’il en soit de ces hypothèses, il demeure qu’Adorna thalamum est toujours chantée aujourd’hui encore – & au moins 1200 ans après sa composition – à la même fête du 2 février dans les rits grecs & latins, accompagnant dans un cas comme dans l’autre un mouvement de procession. Qu’en la chantant, nous soyons incités à prier pour la bonne marche de la réunion des deux Eglises, celle de l’Orient & celle de l’Occident.

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Pour mémoire, voici le texte slavon de cet apostiche idiomèle :

Adorna thalamum en slavon

Henri de Villiers – O salutaris Hostia sur le vieux noël « A la venue de Noël »

Henri de Villiers.
O salutaris Hostia sur le vieux noël « A la venue de Noël ».
4 voix mixtes (SATB), 1 dessus instrumental & basse continue.
5 pages.

Réemployant le thème du vieux noël « A la venue de Noël » voici un O salutaris pour le temps de la Nativité et de l’Epiphanie.

Les partitions comprennent le conducteur, la partie du chœur, le dessus instrumental (flûte, violon ou hautbois), la basse continue (violoncelle, basson, flûte basse, etc…), en deux tonalités : ut mineur & si bémol mineur.

Les premières mesures du conducteur :

O salutaris sur A la venue de Noël - Conducteur

Les premières mesures de la partie de chœur :

O salutaris sur A la venue de Noël - Choeur

Téléchargez les partitions moyennant un « Like » sur l’un de ces réseaux sociaux. Les liens apparaîtront ensuite.

Catéchèse de Benoît XVI sur saint Maxime le Confesseur

Benoît XVI, Saint Maxime le Confesseur, Audience générale du 25 juin 2008, traduction du frère Michel Taillé, in La documentation catholique.

Préambule

Catéchèse du mercredi par le saint Père le Pape Benoît XVI

Je voudrais vous présenter aujourd’hui la grande figure de l’un des Pères de l’Église d’Orient de l’Antiquité tardive. Il s’agit d’un moine, saint Maxime, qui obtint le titre de « Confesseur » cher à la tradition chrétienne, pour le courage intrépide avec lequel il sut témoigner – confesser – aussi à travers la souffrance, de l’intégrité de sa foi en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, Sauveur du monde.

Maxime naquit en Palestine, la terre du Seigneur, aux alentours de 580. Encore enfant, il fut orienté vers la vie monastique et l’étude des Écritures, y compris à travers les œuvres d’Origène, le grand maître qui déjà au IIIe siècle était arrivé à « fixer » la tradition exégétique d’Alexandrie.

De Jérusalem, Maxime se rendit à Constantinople d’où, devant les invasions barbares, il se réfugia en Afrique. Il s’y distingua par le courage extrême avec lequel il défendit l’orthodoxie. Maxime n’acceptait aucune réduction de l’humanité du Christ. Une théorie était née selon laquelle dans le Christ il n’y avait qu’une volonté, la volonté divine. Pour défendre l’unicité de sa personne, on niait en lui une véritable volonté humaine qui lui fût propre. Et, à première vue, cela pouvait sembler une bonne chose qu’il en fût ainsi, que dans le Christ il n’ait qu’une seule volonté. Mais saint Maxime comprit immédiatement que cela réduirait à néant le mystère du salut, parce qu’une humanité sans volonté, un homme sans volonté, n’est pas véritablement un homme, c’est un homme amputé. Donc l’homme Jésus-Christ n’aurait pas été véritablement un homme, il n’aurait pas vécu le drame de l’être humain, qui consiste justement dans la difficulté de conformer notre volonté avec la vérité de l’être. Et ainsi saint Maxime affirme avec grande détermination : la Sainte Écriture ne nous montre pas un homme amputé, sans volonté, mais un homme complet ; Dieu en Jésus-Christ a réellement assumé la totalité de l’être humain, à l’exception évidente du péché, et donc également une volonté humaine. Les choses dites ainsi paraissent claires : ou bien le Christ est homme ou bien il ne l’est pas. S’il est homme, il a naturellement une volonté humaine. Mais surgit alors le problème : n’aboutit-on pas ainsi à une sorte de dualisme ? N’en arrive-t-on pas à reconnaître deux personnalités complètes : raison, volonté, sentiment ? Comment surmonter le dualisme, conserver la totalité de l’être humain et cependant affirmer l’unité de la personne du Christ qui n’était pas schizophrène ? Et saint Maxime démontre que l’homme trouve son unité, l’intégration de lui-même, sa totalité, non pas en s’enfermant sur lui-même, mais en se dépassant, en sortant de de lui-même. Ainsi, de même dans le Christ, sortant de soi-même, c’est en Dieu, dans le Fils de Dieu, que l’humanité se trouve elle-même. Il n’est nullement besoin d’amputer l’homme pour expliquer l’Incarnation : il suffit seulement de comprendre le dynamisme de l’être humain qui ne se réalise qu’en sortant de soi ; ce n’est qu’en Dieu que nous nous trouvons nous-mêmes, que nous nous trouvons en totalité et en plénitude. On voit bien que ce n’est pas celui qui se renferme sur lui-même qui est un homme complet, mais c’est l’homme qui s’ouvre et qui sort de lui-même, qui devient complet et trouve lui-même sa véritable humanité précisément dans le Fils de Dieu. Pour saint Maxime, une telle vision ne s’arrête pas au stade de la spéculation philosophique ; il en voit la réalisation dans la vie concrète de Jésus, avant tout dans le drame de Gethsémani.

Dans ce drame de l’agonie de Jésus, de l’angoisse de la mort, de l’opposition entre la volonté humaine de ne pas mourir et la volonté divine qui s’offre à la mort, dans ce drame de Gethsémani, se réalise tout le drame humain, le drame de notre rédemption. Saint Maxime nous dit, et nous savons bien que cela est exact : Adam, et Adam c’est nous, pensait que le non fût le point culminant de la liberté. Il n’y aurait que celui qui est capable de dire ’non’ qui serait réellement libre ; pour réaliser réellement sa liberté, l’homme doit dire non à Dieu ; de la sorte seulement pense-t-il être finalement lui-même, être arrivé au summum de la liberté. Cette tendance, la nature humaine du Christ la portait aussi en elle, mais Jésus l’a surmontée parce qu’il voyait que ce n’est pas le non qui est le maximum de la liberté. Le maximum de la liberté c’est le oui, la conformité avec la volonté de Dieu. L’homme ne devient réellement lui-même que dans le oui : ce n’est que dans la grande ouverture du oui, dans l’unification de sa volonté avec la volonté divine que l’homme s’ouvre immensément, qu’il devient « divin ». Être comme Dieu, voilà ce que désirait Adam, c’est-à-dire, être complètement libre. Mais il n’est pas divin, il n’est pas complètement libre l’homme qui se referme sur lui-même ; il l’est en sortant de lui-même, c’est dans le oui qu’il devient libre ; c’est là que se situe le drame de Gethsémani : non pas ma volonté, mais la tienne. C’est en transférant la volonté humaine dans la volonté divine que naît l’homme véritable et que nous sommes rachetés.

Mutilé et condamné à l’exil

Saint Maxime le Confesseur

Tel est, exprimé brièvement, le point central de ce que voulait dire saint Maxime, et là nous constatons que tout l’être humain est en question ; là se situe toute la question de notre vie. Saint Maxime avait déjà des problèmes en Afrique quand il défendait cette vision de l’homme et de Dieu ; il fut ensuite appelé à Rome. En 649, il prit une part active au Concile du Latran, convoqué par le Pape Martin Ier pour la défense des deux volontés dans le Christ contre l’édit de l’empereur qui, pro bono pacis, interdisait de discuter de cette question. Le Pape Martin eut à payer chèrement son courage : bien que de santé défaillante, il fut arrêté et traduit en justice à Constantinople. Soumis à procès, il fut condamné à mort mais obtint que sa condamnation soit commuée en une peine d’exil à perpétuité, en Crimée, où il mourut le 16 septembre 655, après deux longues années d’humiliations et de tourments.

Peu de temps après, en 662, vint le tour de Maxime qui, lui aussi s’opposant à l’empereur, continuait à répéter : « Il est impossible d’affirmer une seule volonté dans le Christ ! » (Cf. PG 91, col. 268-269). Si bien que, avec deux de ses disciples, qui se nommaient Anastase tous les deux, Maxime fut soumis à un procès exténuant, alors qu’il avait dépassé les 80 ans. Le tribunal impérial le condamna, sous l’accusation d’hérésie, à la cruelle mutilation de la langue et de la main droite, les deux organes avec lesquels, par la parole et par l’écrit, Maxime avait combattu la doctrine erronée d’une unique volonté dans le Christ. Pour finir, le saint moine ainsi mutilé fut exilé en Colchide [Géorgie actuelle], sur la mer Noire, où il allait mourir, épuisé par les souffrances imposées, à l’âge de 82 ans, le 13 août de la même année 662.

Parlant de la vie de Maxime, nous avons fait allusion à son œuvre littéraire en défense de l’orthodoxie. Je faisais référence particulièrement à la Dispute avec Pyrrhos, ancien patriarche de Constantinople, par laquelle il réussit à persuader l’adversaire de ses erreurs. Avec grande honnêteté, en effet, Pyrrhos concluait ainsi la Dispute : « Je demande pardon pour moi et pour ceux qui m’ont précédé : par ignorance, nous sommes arrivés à ces pensées et ces argumentations absurdes ; je prie pour que l’on trouve le moyen d’effacer ces absurdités, sauvegardant la mémoire de ceux qui se sont trompés » (PG 91, col. 352.). Nous sont aussi parvenues quelques dizaines d’œuvres importantes, parmi lesquelles se détache la Mystagogie, un des écrits les plus significatifs de saint Maxime, où il rassemble en une synthèse bien structurée sa pensée théologique.

La pensée de saint Maxime n’est jamais une pensée uniquement théologique spéculative, repliée sur elle-même, parce qu’il a toujours comme point de départ la réalité concrète du monde et de son salut. Dans un tel contexte, où il eut à souffrir, il ne pouvait s’évader en des affirmations philosophiques purement théoriques ; il lui fallait rechercher le sens de la vie, se demandant : qui suis-je, qu’est-ce que le monde ? À l’homme, créé à son image et ressemblance, Dieu a confié la mission d’unifier le cosmos. Et tout comme le Christ a unifié en lui-même l’être humain, en l’homme le Créateur a unifié le cosmos. Il nous a montré comment unifier le cosmos dans la communion du Christ et ainsi accéder réellement à un monde racheté. Fait référence à cette puissante vision du salut l’un des plus grands théologiens du XXe siècle, Hans Urs von Balthasar, qui, ’relançant’ la figure de Maxime, en définit la pensée par l’expression incisive de « Kosmische Liturgie », liturgie cosmique. Au centre de cette liturgie solennelle est toujours présent Jésus-Christ, unique sauveur du monde. L’efficacité de son action salvifique, qui a définitivement unifié le cosmos, est garantie par le fait que, tout en étant Dieu en tout, il est intégralement homme, y compris avec l’« énergie » et la volonté de l’homme.

Aucun compromis

Saint Maxime le Confesseur : Dieu est Souffle, il traverse tout, rien ne l'enferme, rien ne le capte

La vie et la pensée de Maxime sont toujours puissamment illuminées par un immense courage dans le témoignage à la réalité intégrale du Christ, sans aucune réduction ni compromis. Apparaît ainsi ce qu’est véritablement l’homme, comment nous devons vivre pour répondre à notre vocation.

Nous devons vivre unis à Dieu pour être ainsi unis à nous-mêmes et au cosmos, donnant leur forme juste au cosmos lui-même et à l’humanité. Le oui universel du Christ nous montre également avec clarté comment donner leur juste place aux autres valeurs. Ici, nous pensons aux valeurs qui sont aujourd’hui défendues à juste titre, comme la tolérance, la liberté, le dialogue. Mais une tolérance qui ne saurait plus distinguer entre le bien et le mal deviendrait chaotique et autodestructrice. Tout comme une liberté qui, ne respectant pas la liberté d’autrui et ne trouvant pas le juste milieu entre les diverses libertés, deviendrait anarchique et détruirait l’autorité. Le dialogue qui ne sait plus sur quoi dialoguer devient un bavardage creux. Toutes ces valeurs sont belles et fondamentales, mais elles ne peuvent rester valeurs véritables que si elles ont un point de référence qui les unit et leur donne la véritable authenticité. Ce point de référence de la synthèse entre Dieu et le cosmos, c’est la figure du Christ dans laquelle nous apprenons la vérité de nous-mêmes et apprenons ainsi où situer les autres valeurs, parce que nous découvrons leur signification authentique. Jésus-Christ est le point de référence qui met en lumière toutes les autres valeurs. Ici est le point d’arrivée du témoignage de ce grand confesseur. Et c’est ainsi que, finalement, le Christ nous indique que le cosmos doit devenir liturgie, gloire de Dieu, et que l’adoration est le commencement de la vraie transformation du monde, de son vrai renouvellement.

C’est pourquoi je voudrais conclure par une citation fondamentale des œuvres de saint Maxime :

Nous adorons un seul Fils, en unité avec le Père et avec l’Esprit Saint, comme il en était dans les temps, et maintenant aussi, et pour tous les temps, et pour les temps après les temps. Amen ! (PG 91, col 269).

Un tropaire grec dans la liturgie latine du 2 février

Le 2 février, les Eglises d’Orient & d’Occident célèbrent la Purification de la Sainte Vierge & la Présentation de Jésus au Temple, 40 jours après sa Nativité. En Orient, cette fête reçoit aussi le nom d’Hypapante ou « Rencontre du Seigneur » (l’expression Occursum Domini, qui en est l’équivalent latin, a également été en usage en Occident), terme qui rappelle la sainte rencontre entre l’Enfant Jésus & le vieillard Syméon.

Les ménées grecs utilisent pour cette fête le tropaire apolytikion suivant :
Χαῖρε κεχαριτωμένη Θεοτόκε Παρθένε· ἐκ σοῦ γὰρ ἀνέτειλεν ὁ Ἥλιος τῆς δικαιοσύνης, Χριστὸς ὁ Θεὸς ἡμῶν, φωτίζων τοὺς ἐν σκότει. Εὐφραίνου καὶ σὺ Πρεσβύτα δίκαιε, δεξάμενος ἐν ἀγκάλαις τὸν ἐλευθερωτὴν τῶν ψυχῶν ἡμῶν, χαριζόμενος ἡμῖν καὶ τὴν Ἀνάστασιν.

En voici une traduction française :
Je vous salue, pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu : de vous en effet s’est levé le soleil de justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres ; et vous, juste vieillard, soyez dans la joie, car vous avez reçu dans vos bras le libérateur de nos âmes, celui qui nous donne la résurrection.

Ce tropaire a été traduit au haut Moyen-Age en latin et fut aussi chanté en Occident. S’il ne figure plus dans les livres romains actuels, on le rencontre dans quasiment tous les manuscrits médiévaux, il avait été conservé dans beaucoup de livres diocésains français & il subsiste toujours aujourd’hui dans le rit dominicain.

En voici le texte & la musique, tiré des Variæ preces de Solesmes, 1901, p.103 :

Dans le rit dominicain, ce tropaire est la première antienne chantée à la première station de la procession de la chandeleur. La voici, tirée du processional de 1913 :

Il intéressant de noter que, tant en Orient qu’en Occident, l’antienne est toujours chantée dans le Ier ton. L’incise Χριστὸς ὁ Θεὸς ἡμῶν n’a pas été rendue dans le texte latin, peut-être n’est-elle pas primitive en grec, son ajout plus tardif a sans doute voulu préciser le sens du texte.

Pour mémoire, voici le texte slavon du tropaire de la Sainte Rencontre :

Prose parisienne de la Purification – Offices notés complets de Paris – 1899

Texte latin, & traduction extraite du Missel de Paris latin-français de 1764 :

AVE, plena gratia,
Cujus inter brachia
Se litat Deo Deus.
Recevez nos hommages, Vierge pleine de grâce, dans les bras de laquelle un Dieu fait homme s’offre à Dieu son Père.
Fas me templum visere ;
Tibi fas occurrere,
Amor, ô Jesu, meus.
Qu’il me soit permis d’entrer dans le temple, & de me présenter devant vous, ô Jésus, l’unique objet de mon amour.
EST in templo Dominus ;
Angeli stant cominus :
Nil in cœlis amplius.
Le Seigneur est dans le temple : les Anges l’y adorent : le Ciel n’a rien de plus grand.
Habet Deum hominem ;
Et parentem Virginem
Cœlo templum ditius.
Mais ce temple est plus riche que le Ciel même ; puisqu’il renferme un Dieu fait homme, & une Vierge mère d’un Dieu.
SPIRANT sacra gaudium ;
Mane sacrificium
Plausus inter redditur.
Ce premier sacrifice est accompagné de joie, & n’inspire qu’une sainte allégresse dans les cœurs des assistants.
Vespertinum fletibus,
Et amaris questibus
In cruce miscebitur.
Il n’en est pas ainsi du sacrifice de la fin de sa vie, qui sera consommé sur la croix : qu’il fera verser de pleurs !
HÆC jam est oblatio,
Cujus omnes pretio
Deo restituimur.
Dans l’un & l’autre sacrifice, c’est toujours la même hostie qui nous rachète, & qui nous rend à Dieu.
Jam non nobis dediti,
Tibi, Deus, subditi,
Vivimus & morimur.
Nous ne devons donc plus être à nous: attachés à vous seul, ô mon Dieu, c’est pour vous que nous vivons & que nous mourons.
NVNC dimitte famulos :
Nil tenet hic oculos ;
Da te palam cernere.
Il est temps de rappeler vos serviteurs : rien ne les arrête plus sur la terre; faites-les jouir de votre présence.
Si jubes hic vivere,
Da cum Jesu crescere,
Da per hunc resurgere. Amen.
Mais si vous voulez que nous restions encore ici-bas, faites-nous croître en grâce avec Jésus-Christ ; afin que par lui nous triomphions du péché & de la mort. Amen.

Catéchisme sur la Purification

Purification de la Sainte Vierge par Guido Reni

Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 2 février prochain ?
Réponse. L’Eglise célèbre la fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem & la Purification de la Sainte Vierge, qu’on appelle autrement la Chandeleur.

D. Par qui le Sauveur fut-il présenté au Temple ?
R. Le Sauveur fut présenté au Temple par la sainte Vierge sa Mère & par saint Joseph.
Explication. Cette présentation au Temple était une suite de la Loi que Dieu lui-même avait porté, que les premiers nés lui seraient consacrés & seraient rachetés par une somme d’argent. C’était pour rappeler aux Juifs que, dans leur délivrance de l’Egypte, leurs premiers nés furent préservés du glaive de l’Ange exterminateur, tandis que ceux des Egyptiens furent mis à mort. La sainte Vierge racheta le Sauveur en donnant les cinq sicles prévus par la Loi.

D. Que fit Jésus-Christ lorsqu’il fut présenté au Temple ?
R. Jésus-Christ s’offrit lui-même à Dieu son Père comme étant la seule victime capable de satisfaire à la justice.
Explication. A peine le Sauveur entre dans le monde qu’il fait déjà l’office de Rédempteur ; il sait que toutes les victimes anciennes sont incapables d’appaiser Dieu ; il s’offre lui-même à son Père pour désarmer sa colère, & pour expier les péchés des hommes.

D. Qu’arriva-t-il de remarquable lorsque Jésus-Christ fut présenté au Temple ?
R. Jésus-Christ fut reconnu pour le Messie par le saint vieillard Siméon & par Anne la Prophétesse.
Explication. Siméon, assuré par une révélation qu’il ne mourrait point sans avoir vu le Libérateur d’Israël, monte au Temple par une inspiration de l’Esprit Saint, il y trouve le divin Enfant que ses pieux parents offraient au Seigneur ; il le prend entre ses bras ; & plein de joie il chante ce cantique admirable (le Nunc dimittis) que l’Eglise a consacré dans son Office de Complies, dans lequel il soupire après la mort, content d’avoir vu le Sauveur de son peuple. Il annonce en même temps à Marie que le Fils qu’elle présente à Dieu deviendra un sujet de contradiction, qu’il sera le salut de plusieurs, & que plusieurs aussi se perdront en abusant de ses bienfaits et de ses grâces. Il lui prédit en même temps que son cœur sera percé d’un glaive de douleurs : c’était lui annoncer la Passion & la Mort de son Fils. Anne la Prophétesse, âgée de 84 ans, demeurait dans l’enceinte du Temple ; elle eut aussi la consolation de voir le Sauveur, & elle ne cessa d’en parler aux vrais Israëlites qui attendaient le Messie.

D. Qu’était-ce que la Purification à laquelle la sainte Vierge se soumit ?
R. La Purification était une cérémonie prescrite par la Loi de Moïse, qui ordonnait aux femmes d’aller au Temple après leurs couches pour se purifier.
Explication. La Loi ordonnait que la femme qui aurait mis au monde un fils, se présenterait au Temple quarante jours après pour se purifier, & qu’elle le ferait après quatre vingt jours, si elle était accouchée d’une fille. Les femmes riches devaient offrir en même temps un agneau d’un an en holocauste, & une colombe ou une tourterelle en sacrifice d’expiation, c’est-à-dire pour effacer toute souillure légale. Les pauvres n’offraient que deux touterelles ou deux colombes, l’une en holocauste, & l’autre en sacrifice d’expiation. La sainte Vierge qui était pauvre, quoique du sang royal, ne fit que cette dernière offrande.

D. La sainte Vierge était-elle obligée à la Loi de la Purification ?
R. Non, puisqu’elle ne contracta jamais la moindre souillure.
Explication. La sainte Vierge voulut donner l’exemple de la plus profonde humilité en cachant aux yeux des hommes le privilège que Dieu lui avait accordé d’être mère sans rien perdre de sa pureté ; dans sa Purification elle parait une femme ordinaire, elle qui préférait la gloire de la virginité à tout l’éclat de la dignité auguste de Mère de Dieu.

D. Que doivent faire les pères & mères pour entrer dans l’esprit de cette fête ?
R. Les pères & mères doivent offrir leurs enfants à Dieu & prier pour eux.

D. Que doivent faire en particulier les femmes à qui Dieu accorde des enfants ?
R. Elles doivent les offrir à Dieu, comme la sainte Vierge offrit le Sauveur au Temple.
Explication. La coûtume des femmes chrétiennes de venir faire la cérémonie des relevailles à l’église est très sainte & très louable : cette cérémonie est établie pour imiter la très-sainte Vierge dans l’offrande qu’elle fit de son divin Fils au Temple de Jérusalem. Les femmes y portent un cierge allumé, pour leur apprendre qu’elles doivent donner bon exemple à leurs enfants, & qu’elles doivent les instruire dans la Religion. Elles doivent remercier Dieu des grâces qu’il leur a faites pendant leur grossesse & pendant leurs couches, lui offrir leurs enfants, prier qu’ils conservent pendant toute leur vie la grâce précieuse du baptême. Sainte Elisabeth, Reine de Hongrie, ne manquait jamais à cette pieuse cérémonie des relevailles, & c’était elle-même qui portait ses enfants à l’église pour les offrir à Dieu.

D. Que doivent faire les enfants le jour de cette fête ?
R. Les enfants doivent, à l’imitation du Sauveur, s’offrir à Dieu pour le servir pendant toute leur vie.

D. Pourquoi appelle-t-on cette Fête la Chandeleur ?
R. A cause des cierges qu’on allume en ce jour en grand nombre.
Explication. L’Eglise bénit ces cierges suivant la coutume générale de donner la bénédiction à toutes les choses dont elle se sert. Ces cierges rappellent qu’en ce jour l’Eglise fête le Christ, qui est appelé par le saint vieillard Siméon dans son cantique Lumen ad revelationem Gentium (Lumière qui doit se révéler aux Gentils).

D. Combien de fruits retirerons-nous de ce catéchisme ?
R. Deux principaux.
1. Nous offrir à Dieu, comme l’Enfant Jésus, pour le servir avec fidélité pendant toute notre vie.
2. Imiter la profonde humilité de la très-sainte Vierge, & son exactitude dans l’observation de la loi divine.

Abbé Meusy, Catéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

Programme du XXXVIème dimanche après la Pentecôte – saint Maxime le Confesseur – saint Néophyte de Nicée – ton 3

Saint Maxime le ConfesseurParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 3 février 2019 du calendrier grégorien, 21 janvier 2019 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la mémoire de notre vénérable père saint Maxime le Confesseur, ainsi que celle du saint martyr Néophyte.

Saint Maxime le Confesseur fut au VIIème siècle un ardent théologien de la foi orthodoxe.

Né dans une famille patricienne de Constantinople, Maxime fit d’excellentes études et entra dans la carrière de l’administration impériale. À son avènement au trône, en 610, l’empereur Héraclius, discernant sa valeur, le plaça à la tête de sa chancellerie (protasékretis). Cependant, au bout de trois ans, Maxime abandonna sa charge et se fit moine au monastère de la Mère de Dieu de Chrysopolis, en face de Constantinople de l’autre côté du Bosphore.

Lorsque le patriarche de Constantinople Serge élabore une théologie bancale (le monoénergisme : une seule énergie d’action, divine, dans le Christ) en vue de plaire à la volonté impériale de se rallier les monophysites de Syrie & d’Egypte, Maxime entre alors dans la résistance doctrinale en réaffirmant la théologie du Concile œcuménique de Chalcédoine, soulignant que « le Christ opère humainement ce qui est divin, par ses miracles, et divinement ce qui est humain, dans sa Passion vivifiante ». Lors de la promulgation du décret impérial de 638 visant à instaurer officiellement dans l’empire la thèse tout aussi erronée du monothélisme (une seule volonté dans le Christ), promue par le nouveau patriarche de Constantinople Pyrrhus, Maxime travailla par ses écrits et ses prédications à ruiner cette nouvelle hérésie : si le Christ n’a qu’une seule volonté (ou une seule énergie), alors il ne serait pas pleinement homme ET pleinement Dieu. Le pape Théodore excommunia le patriarche Pyrrhus et condamna également pour hérésie son successeur sur le trône de Constantinople, Paul.

Persécuté, Maxime rejoignit le nouveau pape, saint Martin Ier à Rome. En tant que simple moine, il ne put pas participer au synode du Latran réunit par ce Pape à Rome en 649 qui condamna le monothélisme de Constantinople, mais il inspira sans doute la décision finale des 105 évêques et contribua à la rédaction des Actes du concile.

En 653, saint Maxime fut arrêté par Constant II en même temps que le saint pape Martin Ier. Lors de son procès à Constantinople, Maxime refusa de se déclarer en communion avec le patriarche de Constantinople, hérétique. Cela lui valut d’être exilé à Bizya, sur les rives de la mer Noire, en 655. Il refusa les offres de pardon et de réconciliation de l’empereur et du patriarche de Constantinople, partisans du monothélisme : « Ce n’est pas mon intention de déplaire à l’Empereur, mais je ne puis me résoudre à offenser Dieu », déclarait-il.
Il fut convoqué de nouveau à Constantinople en 662, et jugé à nouveau par les évêques et les sénateurs byzantins. Torturé, saint Maxime eut la langue et la main droite coupées, les deux organes avec lesquels, par la parole et par l’écrit, il avait combattu la doctrine erronée d’une unique volonté dans le Christ.

Déporté dans le pays des Lazes, à l’est de la mer Noire et au nord de l’actuelle Géorgie, il devait y mourir des suites de ses blessures le 13 août 662. Sa grande fermeté dans la foi ainsi que les mauvais traitements qu’il reçut lui valurent le titre de « Confesseur » de la foi. Le rit romain célèbre sa mémoire au 13 août, à la date de sa naissance au ciel. Le rit byzantin le célèbre également le 13 août, il est possible que la fête byzantine du 21 janvier ait pu être instituée pour le placer avec les autres grands docteurs qui sont commémorés durant le mois de janvier. Le rit byzantin commémore une troisième fois saint Maxime le Confesseur le 20 septembre, avec le Pape saint Martin.

Voici la notice du Martyrologe romain au 13 août :

A Constantinople, saint Maxime, abbé, illustre par sa science et son zèle pour la vérité catholique. Comme il combattait courageusement contre les monothélites, l’empereur hérétique Constant lui fit couper les mains & la langue, le relégua ensuite dans la Chersonèse, où Maxime, après cette glorieuse confession, rendit son âme à Dieu. En même temps, deux de ses disciples nommés Anastase, et plusieurs autres, souffrirent divers tourments & un exil rigoureux.

Saint Maxime le ConfesseurOutre son engagement pour la défense de la foi de Chalcédoine et le refus du monothélisme, saint Maxime laissa bien d’autres écrits spirituels dont sa Mystagogie, traité de théologie liturgique de premier plan. Il approfondit la théologie de la divinisation de l’homme déjà exposée par saint Irénée de Lyon (« Dieu se fit homme pour que l’homme devienne Dieu »). Il en dresse une grandiose synthèse théologique selon laquelle l’homme, placé par Dieu dans le monde pour être le prêtre d’une liturgie cosmique, est appelé à rassembler les raisons (logoi) de tous les êtres pour les offrir au Verbe divin, leur Principe, en un dialogue de libre amour ; de sorte qu’en accomplissant le dessein pour lequel il a été créé, son union à Dieu, l’homme amène aussi l’univers entier à sa perfection dans le Christ, le Dieu-Homme.

Voici quelques citations de saint Maxime :

Si tu as du ressentiment contre quelqu’un, prie pour lui et tu empêcheras la passion d’aller plus avant. Par la prière, tu soustrairas la tristesse au souvenir du mal qui t’a été fait. Parvenu à l’amour et à la bienveillance, tu effaceras complètement de l’âme la passion. Et si un autre a du ressentiment contre toi, fais-lui du bien, sois humble, vis avec lui en paix, et tu le délivreras de la passion.
Saint Maxime le Confesseur, Centuries sur l’amour.

Quand, par le désir ardent de l’amour, l’intelligence émigre vers Dieu, alors elle ne sent absolument plus aucun des êtres. Tout illuminée par la lumière infinie de Dieu, elle est insensible à tout ce qu’il a créé, de même que l’oeil ne voit plus les étoiles quand le soleil se lève.
Saint Maxime le Confesseur, Centuries sur l’amour.

Bien des choses que font les hommes sont naturellement bonnes. Mais elles peuvent aussi ne pas être bonnes à cause de leur motif. Ainsi le jeûne, les veilles, la prière, la psalmodie, l’aumône et l’hospitalité sont naturellement des oeuvres bonnes. Mais quand elles sont faites par vanité, elles ne sont pas bonnes.
Saint Maxime le Confesseur, Centuries sur l’amour.

*

Saint Néophyte de Nicée, né de parents chrétiens, reçut la palme du martyre dans cette ville de Bithynie lors de la grande persécution de Dioclétien au début du IVème siècle.

Le rit romain en célèbre la mémoire le 20 janvier :

A Nicée, en Bithynie, saint Néophyte, martyr. Agé de quinze ans, il fut battu de verges, jeté dans une fournaise ardente, exposé aux bêtes ; comme il n’en avait éprouvé aucune atteinte & qu’il persistait à confesser la foi du Christ, il fut mis à mort par le glaire.
Martyrologe romain au 20 janvier.

Saint Néophyte de Nicée, martyr - ménologue impérial - manuscrit du second quart du XIème siècle W521 (Walters Arts Museum, Baltimore).

Saint Néophyte de Nicée, martyr – Ménologue impérial – manuscrit du second quart du XIème siècle – W521 (Walters Arts Museum, Baltimore).

*

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Martyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : huit tropaires du ton dominical occurrent :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
7. Fidèles chantons le Père, le Fils, le Saint-Esprit, * un seul Dieu, un seul Seigneur, * car la Trinité, soleil unique au trine éclat, * illumine tous ceux qui lui crient : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
8. Réjouis-toi, divine Porte que franchit, * sans en briser les scellés, * le Créateur lorsqu’il prit chair de toi, * Nuée légère portant le Christ, divine ondée ; * réjouis-toi, Echelle et Trône des cieux ; ** réjouis-toi, Montagne sainte, fertile et n’ayant pas subi d’entaille.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire du Vénérable Père, ton 8 : Guide de l’orthodoxie, modèle de piété et de pureté * qui illumine le monde entier, toi qui, empli d’esprit divin, es l’ornement des moines, * ô sage Maxime, qui as tout illuminé par tes enseignements, ** lyre spirituelle, intercède auprès du Christ Dieu pour le salut de nos âmes.
3. Tropaire du Martyr, ton 4 : Ton Martyr Néophyte, Seigneur, * pour le combat qu’il a mené, a reçu la couronne d’immortalité de toi, notre Dieu ; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons ; ** par ses prières sauve nos âmes.
4. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
5. Kondakion du Vénérable Père, ton 8 : L’ami de la Trinité, Maxime le Grand * qui enseigna clairement la divine foi * pour glorifier le Christ en deux natures, deux volontés, et deux énergies, * vénérons-le comme il se doit, fidèles, par des cantiques en lui disant : ** Réjouis-toi, prédicateur de la foi.
6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
7. Kondakion du dimanche, ton 3 : Tu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
R/. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
V/. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
[Des Saints, ton 4 :
R/. Pour les saints qui sont sur sa terre, le Seigneur a rendu merveilleuse toutes ses volontés (Psaume 15, 3).]

Epîtres
Du dimanche : I Timothée (§ 280) I, 15–17.
Jésus-Christ est venu dans le monde sauver les pécheurs, entre lesquels je suis le premier
(Epître du XXXIèmeDes Saints : Hébreux (§ 330) XI, 33 – XII, 2..
Puis donc que nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout le poids qui nous abat, et des pièges qui nous assiègent, et courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte.]

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
V/. En toi, Seigneur, j’ai mon abris ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
V/. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3).
[Des Saints, ton 4 :
V/. Les justes ont crié, et le Seigneur les a exaucés ; et il les a délivrés de toutes leurs peines (Psaume 33, 18).]

Evangiles
Du dimanche du Fils prodique : Luc (§ 93) XVIII, 35-43.
Lorsqu’il était près de Jéricho, un aveugle se trouva assis le long du chemin, demandant l’aumône.
[Des Saints : Luc (§ 64) XII, 8-12.
Or je vous déclare que quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu.]

Versets de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[Des saints : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du IIIème dimanche après l’Epiphanie

3ème dimanche après l'Epiphanie - guérison de l'esclave du centurionSaint-Eugène, le dimanche 27 janvier 2019, grand’messe de 11h.

La guérison du lépreux et celle du serviteur du centurion – Domine non sum dignus.

Après le premier miracle, aux noces de Cana, l’évangile de ce jour nous montre la manifestation de la puissance de Dieu à l’œuvre au travers des deux premières guérisons effectuées par le Christ au début de sa vie publique. Ce déploiement de la puissance divine, prolongement logique de la manifestation divine fêtée à l’Epiphanie – est chanté par les textes de la messe, en particulier par l’offertoire, tiré du psaume CXVII :

Déxtera Dómini * fecit virtútem, déxtera Dómini exaltávit me : non móriar, sed vivam, et narrábo ópera Dómini.
La dextre du Seigneur a fait éclater sa puissance, la dextre du Seigneur m’a exalté. Je ne mourrai pas mais je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur.

La guérison du serviteur du centurion de Capharnaüm constitue aussi le prémice symbolique de la vocation des gentils, d’Orient et d’Occident, au salut, comme l’annonce Notre Seigneur lui-même dès ce passage. L’humble confession de foi du centurion a été reprise dans la liturgie romaine, et nous faisons nôtres ses paroles avant que de communier au Verbe de vie :
Dómine, non sum dignus, ut intres sub tectum meum : sed tantum dic verbo, et sanábitur ánima mea.
Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dit seulement une parole, et mon âme sera guérie.

Tandis qu’il descend de la montagne, les foules vont au devant du Seigneur ; car elles n’ont pu gravir les sommets. Et le premier qui vient à sa rencontre est un lépreux : à cause de sa lèpre il ne pouvait entendre le si long discours prononcé par le Sauveur sur la montagne. Il faut noter qu’il est le premier cas spécial de guérison : le second rang revient au serviteur du centurion, le troisième à la belle-mère de Pierre accablée par la fièvre à Capharnaüm, le quatrième aux possédés du démon qui sont présentés au Seigneur et dont les esprits sont chassés par sa parole lorsqu’il guérit aussi tous les malheureux.
Homélie de saint Jérôme, prêtre, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du IIIème dimanche après l’Epiphanie. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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